Un député du PJD entendu par le parquet général pour des déclarations controversées sur le financement électoral

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Revue de presseAuditionné près de trois heures au palais de justice de Kénitra pour des propos tenus lors d’une rencontre publique, Mustapha El Ibrahimi fait l’objet de vérifications du parquet général pour tromperie et manipulation électorales, relançant le débat sur l’article 51 du code électoral relatif à la diffusion de fausses allégations. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 11/09/2026 à 19h58

Le parquet général de Kénitra a procédé à l’audition du député et dirigeant du PJD de la circonscription de Gharb, Mustapha El Ibrahimi, suite à des déclarations controversées tenues lors d’une rencontre dans la capitale. Selon ces propos, les revenus d’un baron de la drogue impliqué dans un trafic de 270 tonnes de stupéfiants seraient utilisés pour financer des campagnes électorales et acheter des voix afin de remporter la présidence de communes ou de bureaux parlementaires, indique le quotidien Assabah dans son édition du week-end du 12 et 13 septembre.

L’audition, qui a duré environ trois heures au palais de justice de Kénitra, fait suite à un communiqué publié une semaine plus tôt annonçant des poursuites judiciaires à l’encontre du député, sur la base d’une allocution où il affirmait que ces fonds illicites ne serviraient pas seulement à décrocher des postes communaux, mais viseraient également à s’emparer de sièges au Parlement. Une source proche du dossier a indiqué que le président de la commission régionale chargée du suivi du processus électoral a interrogé le parlementaire sur l’identité du candidat impliqué dans le trafic de drogue, le parquet général ayant estimé que ses propos portaient atteinte au bon déroulement du processus électoral du 23 septembre.

Mustapha El Ibrahimi, faisant référence aux élections de 2021, a précisé que les victoires d’Abdenbi Bioui, ancien président de la région de l’Oriental, et de Saïd Naciri, ancien président du conseil de la préfecture de Casablanca, tous deux anciens dirigeants du PAM, démontrent, à la lumière des informations diffusées sur les quantités de drogue de leur réseau, estimées à 270 tonnes, que ces fonds illicites peuvent effectivement être mobilisés pour influencer l’électorat, écrit Assabah.

L’accusé a affirmé que l’extrait vidéo relayé avait été sorti de son contexte, limité à trois ou quatre secondes et diffusé sans visionnage intégral. Le parquet général, de son côté, a considéré que le parlementaire s’était rendu coupable de tromperie au regard de la loi organique relative aux codes électoraux. En évoquant des faits au présent et au futur sans nommer explicitement les personnes visées, il aurait commis une manipulation au sens du code électoral adopté il y a quelques mois. Les membres de la commission se sont penchés sur les propos de Mustapha El Ibrahimi pour examiner leur impact sur la concurrence électorale et le déroulement du scrutin, tandis que l’intéressé a rejeté l’ensemble de ces accusations.

Le procureur général du Roi a soumis une série de questions au parlementaire pour déterminer si ses déclarations reposaient sur des informations avérées, prouvant l’injection d’argent illicite destiné à manipuler la volonté des électeurs lors des scrutins à venir, notamment dans la circonscription de Kénitra, où il se dispute quatre sièges parlementaires avec d’autres candidats. Au terme des trois heures d’audition, le procureur général s’est réservé le droit de décider de la suite à donner au dossier.

L’affaire relance le débat sur l’application de l’article 51 du nouveau code électoral, relatif aux sanctions contre la propagation de fausses informations visant à altérer la sincérité du scrutin, dans l’attente des décisions que prendra le parquet général en coordination avec la présidence du ministère public à Rabat.

Par La Rédaction
Le 11/09/2026 à 19h58