Turquie: les fausses académies de football qui piègent de jeunes Marocains

Le Barça ouvrira son école de football à Casablanca en janvier prochain.

Le Barça ouvrira son école de football à Casablanca en janvier prochain. . www.fcbarcelona.com

Revue de presseDe nombreux témoignages mettent au jour une exploitation financière et psychologique dont sont victimes de jeunes Marocains, parfois mineurs, aspirant à une carrière dans le football professionnel. Au cœur de ce système, des réseaux d’arnaque opérant entre le Maroc et la Turquie prennent pour appât de fictives «académies de football» afin de piéger de jeunes talents et leurs familles. Cet article est une revue de presse tirée du quotdien Assabah.

Le 11/09/2026 à 20h28

Dans un contexte où prospèrent les arnaques entre le Maroc et la Turquie, de nombreux témoignages révèlent l’exploitation financière et psychologique subie par de jeunes Marocains, parfois mineurs, désireux d’accéder au football professionnel. Ces réseaux utilisent des annonces vantant de fictives «académies de football» comme appât pour piéger de jeunes talents et leurs familles, rapporte Assabah dans son édition du week-end des 12 et 13 septembre.

Selon des séquences vidéo, ces réseaux déploient des plans promotionnels soigneusement élaborés sur les plateformes numériques, promettant un encadrement technique de haut niveau ainsi que des opportunités de passer des tests devant les recruteurs de clubs turcs et européens.

Sur les réseaux sociaux, des intermédiaires et des sociétés non agréées diffusent des vidéos promotionnelles présentant des installations sportives modernes et promettent un encadrement technique professionnel sous la supervision d’entraîneurs titulaires de diplômes internationaux. Ces réseaux promettent également l’obtention de documents de séjour sportif et l’organisation de matchs amicaux en présence d’agents de football, en vue de la signature de contrats avec des clubs.

Face à ces offres alléchantes, des dizaines de familles marocaines, désireuses d’assurer l’avenir sportif de leur progéniture, s’empressent d’emprunter de l’argent ou de vendre leurs biens pour rassembler plusieurs milliers de dollars, censés couvrir les frais d’inscription, de séjour et de transport.

Or, à l’arrivée des mineurs en Turquie, toutes les promesses se dissipent. Ils se retrouvent entassés dans des appartements exigus, privés du minimum de sécurité et d’une nutrition sportive équilibrée. L’encadrement footballistique promis, lui, n’existe pas: tout se limite à des séances d’entraînement sommaires, sur des terrains loués pour quelques heures, sans programme technique ni soins médicaux, écrit Assabah.

Leur situation s’aggrave encore avec la négligence et la dérobade face aux responsabilités. Les mineurs demeurent sans accompagnateurs, tandis que leurs parents se voient réclamer des sommes supplémentaires sous prétexte de régulariser des documents de séjour, pour la plupart fictifs ou illégaux.

Par Hassan Benadad
Le 11/09/2026 à 20h28