Loi sur les avocats: l’ABM maintient la grève et appelle au dialogue institutionnel

Une dizaine d’avocats, dont l’ancien ministre Mustapha Ramid, réunis mardi 1er septembre 2026 à la Cour d’appel de Casablanca, dans le cadre de leur mobilisation contre la poursuite de la grève des avocats.

Revue de presseTout en maintenant le mouvement de grève, l’Association nationale des barreaux du Maroc (ABM) continue de demander une issue institutionnelle à cette crise, en soulignant le caractère strictement professionnel de ce mouvement de protestation, loin de toute instrumentalisation qui laisserait entendre une marque de défiance. Éclairage dans cette revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 11/09/2026 à 19h37

L’Association nationale des barreaux du Maroc (ABM) a décidé à l’unanimité de ses membres de prolonger la grève illimitée observée depuis le 15 juin pour protester contre la réforme de leur profession, qu’elle juge attentatoire à l’indépendance des avocats.

Lors d’une conférence de presse organisée jeudi, le président de l’ABM, Me El Houssain Iziani, a indiqué que «la promulgation par le Roi de la loi n° 66.23 relative à l’organisation de la profession d’avocat, et sa publication au Bulletin officiel, ne constituaient pas une position royale, mais une procédure formelle et juridique qui ne saurait être interprétée comme un jugement ou une intervention dans un conflit entre le gouvernement et les avocats».

«Le Roi n’a jamais été un arbitre entre le gouvernement et les avocats», a-t-il souligné, précisant que «les institutions et les constantes de la Nation constituent une ligne rouge pour l’ABM et l’ensemble des avocats», rapporte le quotidien Al Akhbar dans son édition du week-end des 12 et 13 septembre.

Me El Houssain Iziani précise également que «l’entrée en vigueur de la loi ne signifie pas et ne véhicule pas de position sur le fond du texte, qui demeure au cœur du désaccord opposant uniquement la profession aux choix du gouvernement». Il ajoute que «la grève et la décision de sa prolongation ne sont pas dictées par l’entrée en vigueur de la loi en question, mais par des causes qui demeurent inchangées quant au fond du texte, et qui n’ont pas été résolues par la publication de ladite loi».

Réagissant à l’initiative de l’ancien ministre de la Justice et avocat au barreau de Casablanca, Mustapha Ramid, et d’autres avocats du même barreau, qui se sont présentés en robe noire à la Cour d’appel de Casablanca pour annoncer la reprise de leur activité professionnelle, Me El Houssain Iziani a évoqué qu’il s’agit de cas isolés, précisant que le barreau de Casablanca, qui compte environ six mille avocats, demeure engagé à respecter les décisions de l’ABM).

Tout en maintenant le mouvement de grève, le président de l’ABM. Il a réitéré son appel à une issue institutionnelle à la crise, rappelant le caractère strictement professionnel du mouvement, à l’abri de toute instrumentalisation qui laisserait entendre une marque de défiance.

C’est ainsi, a-t-il fait remarquer, que la question «que dit la loi?» se substitue à «que demandent les avocats?». Dans ce sillage, il a rappelé que les avocats sont «pour la transparence, le contrôle et la reddition des comptes, en plus de la moralisation de la profession et du renouvellement de ses instances».

Par La Rédaction
Le 11/09/2026 à 19h37