À l’approche des échéances électorales législatives du 23 septembre, le paysage politique marocain s’anime de débats incisifs sur la gestion des affaires publiques et les orientations économiques du pays. C’est dans ce contexte de campagne que Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du PAM et ministre en charge du Budget, a tenu un meeting très remarqué à Casablanca. Devant les militants et sympathisants rassemblés dans l’arrondissement d’Anfa, il a prononcé un discours offensif axé sur la nécessité de corriger le cap gouvernemental et d’apporter des réponses concrètes aux attentes pressantes des citoyens, écrit le quotidien Al Akhbar dans son édition du week-end du 12 et 13 septembre.
Intervenant sur l’un des sujets les plus sensibles de l’actualité économique et sociale, le ministre a abordé la question controversée de la gestion du plan d’importation des ovins mis en place pour faire face à la flambée des prix à l’approche des fêtes religieuses. Évoquant les retombées de cette mesure, Lekjaa a souligné de manière pragmatique les limites de l’impact réel de ces subventions publiques. Loin de se cantonner aux polémiques politiciennes sur l’identité des bénéficiaires de ces largesses financières, il a appelé à un examen approfondi de l’efficacité des aides étatiques. Pour lui, l’enjeu primordial réside dans l’optimisation des deniers publics et la capacité des dispositifs de soutien à atteindre véritablement leurs objectifs socio-économiques, plutôt que de se perdre dans des débats stériles sur la répartition des profits.
Abordant le volet crucial de la santé publique, Fouzi Lekjaa a martelé qu’aucune réforme en profondeur du secteur sanitaire ne pourra aboutir sans une revalorisation effective du statut des professionnels de la santé. Dans une approche axée sur l’humain, il a insisté sur le fait que la réussite des chantiers de généralisation de la protection sociale et de mise à niveau des structures hospitalières est intrinsèquement liée aux conditions de travail et à la considération accordée aux médecins et au personnel infirmier. Selon lui, garantir un accès équitable aux soins de qualité pour l’ensemble des Marocains passe nécessairement par la motivation et la mobilisation de ces acteurs de première ligne, qui portent à bout de bras les structures de soins du pays, lit-on dans Al Akhbar.
Le haut responsable s’est également arrêté sur les défis du système éducatif et de l’emploi des jeunes, estimant que les programmes politiques doivent se détacher des simples slogans pour s’attaquer aux dysfonctionnements structurels. Il a pointé du doigt les failles persistantes malgré les investissements colossaux consentis par l’État, illustrées par le phénomène persistant de la déscolarisation et du décrochage scolaire qui touche des centaines de milliers d’élèves chaque année. Pour le dirigeant du PAM, la refondation de l’école publique et l’adéquation entre formation et marché du travail constituent des préalables incontournables pour stimuler l’employabilité des jeunes générations et consolider la classe moyenne.
Sur le plan macroéconomique et de l’investissement, Lekjaa a mis en avant les efforts considérables déployés pour stimuler l’économie nationale à travers la commande publique et le développement des infrastructures de transport. De l’extension du réseau autoroutier à la modernisation des plateformes aéroportuaires pour répondre aux flux touristiques massifs attendus à l’horizon 2030, la dynamique de croissance doit impérativement s’appuyer sur une synergie renforcée avec le secteur privé. En conclusion de son intervention, il a rappelé que l’objectif ultime de l’action partisane et gouvernementale doit demeurer le service de la patrie et du citoyen, affirmant que la légitimité des urnes ne trouve son sens que dans la concrétisation d’un développement inclusif et durable.




