Législatives: Fouzi Lekjaa dévoile les priorités économiques du PAM devant la CGEM

Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du PAM, présentant le programme du parti à la CGEM.

Le 10/09/2026 à 21h00

VidéoÀ la CGEM, Fouzi Lekjaa a détaillé les grandes orientations économiques du programme du PAM pour les législatives du 23 septembre. Le membre du bureau politique du parti veut engager dès 2027 un chantier de formalisation de l’économie sans «fiscaliser l’informel», tout en faisant du secteur privé la «locomotive» du développement. Protection sociale, éducation, emploi et circuits de distribution figurent également parmi les principaux défis identifiés.

À l’occasion de sa rencontre avec la CGEM, Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du PAM, a présenté les grandes lignes du programme de son parti pour les élections législatives du 23 septembre. Il a notamment insisté sur la formalisation de l’économie, le rôle du secteur privé, la généralisation de la protection sociale, l’éducation et l’emploi.

La formalisation de l’économie constitue l’un des chantiers que le PAM entend engager à partir de 2027, notamment à travers la loi de finances. Devant les représentants de la CGEM, Fouzi Lekjaa a assuré que l’objectif ne serait pas de soumettre davantage l’économie informelle à l’impôt.

«On ne veut pas fiscaliser l’informel, on ne veut pas gagner de la fiscalité là-dessus», a-t-il déclaré, plaidant plutôt pour que les opérateurs puissent travailler dans «un cadre clair et transparent».

Le membre du PAM estime que cette formalisation doit également permettre aux concernés de bénéficier de subventions et d’incitations susceptibles de les aider à améliorer et à développer leurs activités.

Cette transformation doit, selon lui, aller de pair avec la bancarisation et le développement du paiement électronique. Il a évoqué, à ce propos, une vision visant à positionner le Maroc à l’horizon 2030, en s’appuyant notamment sur des expériences de pays ayant un niveau de développement comparable.

Pour Fouzi Lekjaa, l’entreprise doit occuper une place centrale dans cette démarche. «Pour nous, l’entreprise est une conviction, est un partenaire essentiel», a-t-il affirmé, en présentant le secteur privé comme la «locomotive» du développement, de la création de richesses et de l’emploi.

Le secteur privé comme «locomotive»

Cette place accordée à l’entreprise implique, selon lui, un État au service du développement du secteur privé afin de permettre au pays d’atteindre des niveaux de développement supérieurs. Une orientation que le membre du bureau politique du PAM présente comme une conviction de fond, et non comme une position dictée par le contexte électoral.

Fouzi Lekjaa a par ailleurs dressé un constat positif sur les acquis enregistrés par le Maroc au cours des dernières années, citant notamment les infrastructures et l’investissement public. Il a indiqué que l’investissement public avait augmenté de 110 milliards de dirhams sur une période donnée.

Il a également évoqué les infrastructures de transport, notamment la nécessité de renforcer la connexion entre Marrakech, Fès et Meknès, ainsi que l’ouverture de ces territoires sur les infrastructures aéroportuaires.

Le trafic aérien a, de son côté, atteint 36 millions de passagers, selon les chiffres évoqués par le responsable du PAM, qui estime que ce niveau pourrait encore progresser avec la rénovation des aéroports engagée dans le cadre de la préparation du Maroc à la Coupe du monde.

Sur le volet social, Fouzi Lekjaa a insisté sur les catégories de travailleurs dont les revenus ou l’activité demeurent instables. Il a notamment cité les agriculteurs, les artisans et les intérimaires dans le tourisme, estimant que leur intégration dans la protection sociale nécessite un traitement spécifique.

Protection sociale: un effort budgétaire à poursuivre

Le membre du PAM a également estimé que la généralisation de la protection sociale devait tenir compte de cette population, qui ne dispose pas nécessairement de revenus réguliers. Il a ainsi défendu l’idée que l’État puisse prendre en charge les cotisations de ceux qui ne disposent pas des moyens nécessaires, tandis que les personnes ayant les capacités financières devraient assumer leurs propres cotisations. Il a aussi mis en avant l’ampleur du soutien budgétaire consacré aux politiques sociales, qu’il a chiffré à 280 milliards de dirhams.

De même, Fouzi Lekjaa a rappelé que le budget consacré à la santé était passé de 19 à 42 milliards de dirhams, tandis que celui de l’éducation avait progressé de 58 à 97 milliards.

L’éducation constitue justement l’un des autres sujets abordés devant la CGEM. Fouzi Lekjaa a souligné que le système éducatif mobilise aujourd’hui un budget de 97 milliards de dirhams, alors même que la participation du secteur privé reste inférieure à l’objectif fixé il y a une vingtaine d’années.

Il a rappelé qu’une réforme avait fixé une proportion de 25% pour le secteur privé dans l’éducation, alors que celui-ci représente actuellement 13%. Pour lui, il convient désormais d’identifier les obstacles qui freinent son développement et de déterminer les incitations, les ajustements et l’encadrement tarifaire nécessaires.

Autre point soulevé par Fouzi Lekjaa: le fonctionnement des circuits de distribution et la place croissante des intermédiaires. Il estime que ces derniers captent une part excessive de la valeur au détriment à la fois de l’investisseur et du consommateur.

Il a pris l’exemple des produits agricoles, en s’interrogeant sur les écarts pouvant exister entre le prix payé à l’agriculteur et celui acquitté par le consommateur final. «Il n’y a pas de commerce qui absorbe cinq fois la valeur de l’investisseur», a-t-il affirmé.

Il a distingué cette situation de celle observée dans certains circuits de distribution de produits laitiers ou de boissons gazeuses, où, selon lui, les écarts ne prennent pas les mêmes proportions.

Pour le membre du bureau politique du PAM, le développement économique repose d’abord sur les investisseurs et ceux qui prennent des risques. Le fonctionnement des circuits de commercialisation constitue donc, à ses yeux, un sujet à part entière dans le diagnostic économique du pays.

Le défi du chômage des jeunes

Fouzi Lekjaa a également mis l’accent sur les déséquilibres du marché du travail. Il a cité un taux d’activité de 69% chez les hommes contre seulement 19% chez les femmes, estimant que cette situation constitue l’un des principaux défis auxquels le pays doit répondre.

Le programme électoral du PAM, présenté en 46 pages, s’appuie selon lui sur un travail beaucoup plus vaste, d’environ 1.200 pages, comprenant notamment des simulations et des modélisations.

Il a indiqué que ce travail détaillé devait être transmis aux autres partis politiques ainsi qu’à la CGEM afin d’ouvrir la discussion sur les mesures proposées et, le cas échéant, de procéder aux ajustements nécessaires.

La question de l’emploi des jeunes figure également parmi les priorités. Fouzi Lekjaa a évoqué près de 3 millions de jeunes «hors système», dont 2,9 millions, auxquels il a ajouté 300.000 personnes pour arrondir son estimation.

Il a enfin insisté sur la nécessité de distinguer l’emploi du revenu, alors que le débat porte notamment sur la possibilité de générer des revenus de 200, 300 ou 500 dirhams. Une distinction qui, selon lui, doit être prise en compte dans la réflexion sur les réponses à apporter au chômage et à l’insertion économique des jeunes.

Par La Rédaction
Le 10/09/2026 à 21h00