Devant les militants et cadres du PAM réunis à Marrakech, Fouzi Lekjaa a d’abord salué la mobilisation des responsables du parti dans la région, citant notamment Samir Goudar, président du Conseil de la région Marrakech-Safi.
«Depuis quinze jours, c’est Samir Goudar qui m’appelle chaque matin à 7h30. Je ne sais pas quand il dort et quand il se lève», a lancé Lekjaa sur un ton teinté d’humour, avant de pronostiquer une forte performance électorale du PAM dans la région.
«Avec cet héritage et au vu de cette mobilisation massive, les résultats sont déjà tranchés», a-t-il déclaré, affichant l’ambition de voir le parti «battre tous les records» dans la région Marrakech-Safi.
Mais au-delà de la mobilisation électorale, l’essentiel de son intervention a porté sur le choix que les électeurs seront appelés à faire le 23 septembre. Pour Lekjaa, le débat électoral doit d’abord porter sur le contenu des programmes, leur financement et les moyens de leur mise en œuvre. Les divergences sont légitimes, estime-t-il, à condition qu’elles permettent de rechercher les solutions les plus efficaces.
«Qu’on soit en accord ou en désaccord, in fine, nous devons arriver à la meilleure manière de remédier aux problèmes des Marocains et du Maroc», a-t-il souligné.
Lekjaa a également répondu aux critiques visant le contexte dans lequel le programme du PAM a été élaboré, notamment les références au «Salon». «Même si nous avions utilisé le Salon, on l’a utilisé pour sortir un programme et non pour partager des intérêts», a-t-il lancé, rejetant ainsi les procès d’intention autour de la préparation des propositions électorales du parti.
Selon lui, le Maroc doit aujourd’hui «changer de cap» pour plusieurs raisons. Il a notamment pointé les difficultés auxquelles sont confrontés les ménages et le phénomène de l’émigration des jeunes.
«Le cap actuel a rendu le panier des ménages marocains plus difficile à supporter et a poussé une partie de notre jeunesse à l’émigration», a-t-il affirmé.
Pour Lekjaa, l’enjeu dépasse les résultats électoraux. Il s’agit, selon lui, de créer les conditions permettant aux jeunes Marocains de construire leur avenir dans leur propre pays.
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«Notre pays aspire à ce que nous participions en masse pour construire l’avenir de notre pays. Ce qui nous importe, c’est que notre pays avance», a-t-il déclaré.
Le responsable gouvernemental a, dans ce contexte, dénoncé ce qu’il considère comme une dérive de l’action politique lorsque celle-ci se réduit à la recherche de postes ou au partage des avantages.
«Quant au partage des butins et des postes, cela est un acte indigne qui éloigne les jeunes de l’action politique», a-t-il lancé.
Lekjaa s’est également voulu ouvert au débat autour des propositions formulées par les différentes formations. Il a notamment cité la proposition du RNI concernant le relèvement du salaire minimum, que le PAM avait, selon lui, accueillie favorablement.
«Lorsque nous avons vu de bonnes propositions, comme celle du relèvement du SMIG, nous les avons immédiatement saluées», a-t-il rappelé.
Répondant à ceux qui ont qualifié cette réaction de surenchère, il a défendu une position qu’il juge cohérente avec les intérêts des travailleurs. «Nous avons dit que c’est une mesure favorable pour les salariés et que, si elle est bien étudiée, le gouvernement est toujours opérationnel et prêt à passer le décret y afférent. Je ne vois pas de surenchère dans ce que nous avons dit», a-t-il ajouté.
«Bâtir un Maroc émergent»
En conclusion, Fouzi Lekjaa a replacé le débat dans une perspective plus large, celle du modèle de développement et de la capacité de l’économie marocaine à générer suffisamment de croissance et d’emplois. «Ce qui est demandé, c’est de bâtir le Maroc émergent, qui garantit la dignité et des niveaux de croissance capables de résoudre le problème du chômage», a-t-il déclaré.
Une manière, aussi, de critiquer implicitement les choix opérés au cours de la précédente législature. Selon Lekjaa, certains programmes élaborés en 2021 «ont accentué la vulnérabilité des jeunes».
Il a appelé à ne pas réduire la campagne électorale à une confrontation entre formations politiques, mais à en faire un espace de débat sur les véritables défis du pays. «Le Maroc a besoin de ses enfants dans tous les coins du Royaume pour relever les vrais défis que nous affrontons», a-t-il insisté.
Lekjaa a enfin lancé un défi à ses contradicteurs, les invitant à venir débattre du contenu des programmes et de leurs propositions. «Nous avons encore deux semaines de campagne électorale pour enrichir le débat au service de l’intérêt et des intérêts des Marocains et du Maroc», a-t-il déclaré.
Et de conclure sur une projection électorale à forte portée symbolique pour le PAM: «Le 23 septembre, Marrakech célébrera une nouvelle fois le PAM, comme elle l’avait fait au moment de sa naissance», a-t-il lancé.



