Lutte contre la corruption: des candidats têtes de listes menacés de destitution

Abdelouafi Laftit, ministre de l'Intérieur.

Revue de presse «La condamnation à la mort électorale» est désormais le destin de tous ceux qui sont impliqués, de près ou de loin, dans des détournements de deniers publics ou tout autre acte de corruption. C’est ce que viennent d’apprendre, à leurs dépens, de nombreux candidats aux élections de septembre 2026, dont des têtes de listes qui risquent non seulement la destitution, mais aussi des poursuites judiciaires. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 30/06/2026 à 20h45

À l’approche des prochaines élections législatives, dont le compte à rebours a commencé et qui devraient déboucher sur une nouvelle architecture gouvernementale, la vie politique reste marquée par un climat de stress et d’incertitude sans précédent. Et pour cause, explique le quotidien Assabah dans son édition du mercredi 1er juillet, le ministère de l’Intérieur poursuit sans relâche sa lutte contre les prévaricateurs afin de les empêcher de présenter leur candidature aux prochaines échéances électorales.

En effet, le département d’Abdelouafi Laftit reste mobilisé et continue d’éplucher les dossiers des administrations des collectivités territoriales. Et la moisson s’avère très lourde pour certains édiles, au sujet desquels l’Inspection générale de l’administration territoriale a dressé des rapports qui leur réservent de très mauvaises surprises. Ces rapports ne se limitent pas à relever des dysfonctionnements dans la gestion administrative, mais portent surtout sur des cas de mauvaise gestion financière, dont la gravité est telle que les responsables sont passibles de poursuites judiciaires.

Autant dire qu’une véritable épée de Damoclès plane sur la tête de certains présidents de conseils communaux, qui risquent aussi bien la destitution de leurs fonctions actuelles que des poursuites judiciaires et, surtout, de voir leurs noms rayés des listes électorales. Cette procédure concernera même ceux qui ont déjà été désignés par leur parti comme têtes de listes.

Cette procédure d’éviction n’a pas pour seul effet de laisser vacants des sièges et des listes. Elle est assimilée à une condamnation à la «mort électorale, voire politique» des prévaricateurs, désormais interdits de participer à toute compétition électorale. Un tel verdict, ajoute Assabah, concerne au premier chef des personnalités politiques qui, depuis des années, voire des décennies, ont imposé leur hégémonie sur la scène politique, tant nationale que locale.

Cette nouvelle dynamique, conjuguée à la fermeté dont fait preuve le ministère de l’Intérieur, oblige les partis politiques à s’adapter à la nouvelle donne. Ils ne peuvent plus miser uniquement sur les notabilités, les dinosaures et autres réservoirs de voix sans foi ni loi, mais doivent privilégier des profils compétents, c’est-à-dire des militants politiques sincères et aux mains propres.

Par La Rédaction
Le 30/06/2026 à 20h45