Taxe carbone européenne: l’agroalimentaire marocain anticipe le choc de 2029

L’échéance de la taxe carbone européenne, prévue en 2029, menace les exportations marocaines.

Revue de pressePour protéger 23,65 milliards de dirhams d’exportations menacées par la future réglementation européenne, la Fédération nationale de l’agroalimentaire sonne la mobilisation. Une étude inédite chiffre à 8,05 milliards de dirhams l’investissement nécessaire pour décarboner l’ensemble de la filière d’ici 2040, de l’élevage à la logistique. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Économiste.

Le 30/06/2026 à 20h29

Face à l’échéance de la taxe carbone européenne prévue en 2029, la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FENAGRI) anticipe les risques pour le secteur. «Lundi dernier, l’organisation a réuni les acteurs publics, privés et financiers à l’occasion du premier Forum national de la décarbonation des industries alimentaires, afin d’amorcer dès à présent la transition écologique de la filière», indique le quotidien L’Économiste dans son édition du mercredi 1er juillet.

L’enjeu est de taille pour les exportations marocaines vers l’Union européenne, qui représente 55% des 43 milliards de dirhams de chiffre d’affaires réalisés à l’international en 2025. Sans une réduction rapide des émissions, ce sont près de 23,65 milliards de dirhams d’exportations qui pourraient être fragilisés. Le secteur agroalimentaire constitue un pilier majeur de la souveraineté alimentaire et de l’économie marocaine. Il génère un chiffre d’affaires annuel de 191 milliards de dirhams, contribue à hauteur de 4% au PIB national et emploie plus de 206.000 personnes à travers 2.600 entreprises.

«Pour guider les professionnels, la FENAGRI a dévoilé les conclusions d’une étude d’envergure réalisée par le cabinet BearingPoint», note L’Économiste. Ce diagnostic a analysé l’ensemble du cycle de vie des produits à travers quatre filières animales et sept filières végétales, en intégrant le transport, la transformation et la gestion des déchets. Les résultats révèlent que le secteur émet chaque année 4 millions de tonnes de CO₂. Les filières des viandes rouges, de la volaille et du lait concentrent à elles seules 65% de ces émissions. En raison de procédés particulièrement énergivores, les filières du sucre, du lait et de l’aviculture représentent plus de la moitié des émissions industrielles de carbone, tandis que la logistique des produits de la pêche, des boissons et de l’alimentation animale pèse pour plus de 60% des émissions liées au transport.

Pour transformer ce défi en levier de croissance, une feuille de route couvrant la période 2027-2040 propose deux trajectoires de réduction. Le premier scénario, axé sur l’optimisation opérationnelle de l’agriculture, de l’énergie, des transports et du conditionnement, vise une baisse de 42% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040. Le second scénario, aligné sur les engagements climatiques nationaux du Maroc, table sur une réduction de 37%.

La mise en œuvre de ces solutions nécessitera de profondes réformes structurelles, notamment dans la gestion du bétail, l’alimentation animale, l’utilisation des engrais et la valorisation des effluents. L’enveloppe globale de cet investissement est estimée à 8,05 milliards de dirhams. L’amont agricole mobilisera la plus grande part du budget, avec 5,4 milliards de dirhams, suivi par l’énergie et les systèmes de froid (2,2 milliards de dirhams), le transport (250 millions de dirhams) et la modernisation des emballages (200 millions de dirhams).

Par La Rédaction
Le 30/06/2026 à 20h29