Le Sultan Moulay Ismaïl a choisi Meknès pour y concentrer sa puissance politique et militaire, y érigeant kasbahs, remparts, greniers et écuries dans «une conception militaire globale et rigoureuse». C’est dans ce cadre historique que s’inscrit l’Académie royale militaire, installée sur le site de l’ancien palais Dar El Beïda, édifice dont les murs ont été témoins de décisions qui ont marqué le cours de la diplomatie internationale, selon une vidéo des Forces armées royales publiée à l’occasion de la sortie de la 100ème promotion des officiers formés ici.
C’est dans ce palais que le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah choisit d’accueillir les délégations étrangères dans la seconde moitié du 18ème siècle. «Des accords historiques y furent signés, dont l’acte de reconnaissance de l’indépendance des États-Unis d’Amérique en 1777», rappelle le documentaire des FAR.
Un bâtiment aux multiples vies
L’histoire de Dar El Beïda est aussi celle des transformations successives d’un État en quête de modernisation. À la fin du 19ème siècle, sous le règne du Sultan Moulay Hassan Ier, le palais perdit sa vocation de résidence diplomatique pour entrer dans une phase de reconversion militaire dictée par les réformes de l’époque. «Servant successivement d’entrepôt d’artillerie, d’école de cavalerie et d’écurie, avant de devenir hôpital puis école militaire», souligne le documentaire des FAR.
En 1918, le Sultan Moulay Youssef donna une nouvelle orientation à l’édifice. Il décida de le transformer en école de formation des élèves officiers marocains, «dans une nouvelle démarche souveraine visant à reconstruire l’armée marocaine en adéquation avec les exigences de l’époque», précise le documentaire.
L’ancien palais Dar El Beïda. (Photo d'archive)
Les programmes dispensés tenaient compte des spécificités marocaines. L’institution fut encadrée par une élite d’officiers et de professeurs français, sous la direction de Moulay Abderrahmane Ben Zidane, «historien de l’État alaouite chérifien», selon la même source. Un choix qui traduisait une volonté de conjuguer rigueur académique et ancrage dans l’identité nationale.
La création des Forces armées royales, le 14 mai 1956, ouvrit une page nouvelle dans l’histoire de l’institution. Le roi Mohammed V donna à l’édifice sa dénomination actuelle et lança sa première promotion. Il tint à lui attribuer lui-même son nom, «le nom que l’histoire a immortalisé», relève le documentaire des FAR: la promotion Mohammed V.
Le roi Hassan II entoura également l’institution d’une attention constante. Il donna ses instructions pour l’élever au rang d’école de référence pour la formation des futurs officiers marocains, «veillant personnellement aux programmes et contenus de formation», indique le documentaire, et «ouvrant de nouveaux horizons dans le parcours de l’officier marocain».
Une institution en constante modernisation
Sous le règne du roi Mohammed VI, l’Académie a connu de nouvelles transformations. Le documentaire des FAR fait état «d’un allongement de la durée de formation à 4 ans, d’une modernisation des programmes, d’un renforcement des infrastructures et d’une amélioration des conditions d’hébergement et de vie, garantissant un environnement propice à la formation et à la qualification».
Des réformes qui ont repositionné l’institution dans le paysage de l’enseignement militaire supérieur au niveau continental. En 2019, l’intégration des femmes dans le corps des élèves officiers a constitué «une étape marquante dans l’évolution de cette institution», selon le documentaire des FAR.

Cette décision concrétisait les hautes instructions royales visant à «ancrer le principe de l’égalité des chances et à élargir les domaines d’engagement de la femme dans les métiers militaires». Depuis, des élèves officières suivent le même cursus que leurs camarades masculins, des entraînements physiques aux exercices tactiques de terrain.
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L’Académie forme aujourd’hui les officiers des Forces terrestres, des Forces royales air, de la Marine royale, de la Gendarmerie royale et des Forces auxiliaires. Le cursus combine entraînements physiques intenses, exercices tactiques et de tir, formation au parachutisme et opérations en milieux variés, montagneux, aquatiques et forestiers. «L’objectif est de former un officier qui connaît le terrain, maîtrise les différents modes opératoires militaires et maintient une disponibilité opérationnelle permanente», résume le documentaire des FAR.
Parallèlement à la rigueur militaire, les élèves officiers suivent une formation universitaire structurée autour de trois filières: Sciences et techniques, Sciences juridiques et Langue et littérature anglaises. Cette double exigence vise à produire des cadres capables de s’adapter aux évolutions technologiques et stratégiques du monde contemporain, assurée par «des professeurs et experts de renom», selon la même source.
Au sein de l’Académie royale militaire de Meknès
L’Académie dispose en outre de son propre lycée militaire, «qui constitue un vivier essentiel pour la formation d’une élite de jeunes qualifiés», précise le documentaire des FAR, appelés à rejoindre le corps des élèves officiers après l’obtention du baccalauréat avec excellence. Ce lycée conjugue programmes nationaux et éducation militaire, formant dès l’adolescence les futurs cadres des forces armées.
Une vocation africaine et internationale
La dimension internationale de l’Académie s’étend au continent africain et à d’autres pays partenaires. «Une position qui a consolidé la réputation du Royaume en tant que partenaire de confiance dans le domaine de la formation militaire», conclut le documentaire des Forces armées royales, «couronnée par des distinctions et reconnaissances nationales et internationales».
Dar El Beïda aura donc traversé les siècles sans jamais perdre sa vocation première: former des officiers au service de la patrie. Aujourd’hui, derrière ses murs, «la journée ne commence pas seulement à l’aube», rappelle le documentaire des FAR, puisqu’«elle commence par le sens de l’engagement et de la responsabilité».
























