La chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel de Casablanca a rendu, ce jeudi 25 juin en fin de soirée, son verdict dans l’une des affaires judiciaires les plus retentissantes de l’histoire contemporaine du Maroc.
Au terme d’un procès fleuve, la cour a condamné Saïd Naciri, ancien président du Wydad Casablanca, à une peine de 10 ans de prison ferme. Son co-accusé, Abdenbi Bioui, chef d’entreprise et ancien président du Conseil de la région de l’Oriental, a quant à lui écopé d’une peine de 12 ans de réclusion criminelle.
Cette décision est intervenue après plus de douze heures consécutives de délibérations à huis clos, marquées par une tension palpable et une attente particulièrement lourde.
L’annonce du verdict a provoqué une onde de choc dans la salle d’audience n°8, plongeant les accusés et leurs proches dans la stupeur. Jugées particulièrement sévères par la défense, ces condamnations ont déclenché des scènes de détresse et une vive émotion parmi les familles des condamnés présentes en grand nombre. Plusieurs proches se sont effondrés à la lecture des sentences, entraînant des moments de confusion et d’agitation dans l’enceinte du tribunal.
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L’affluence était exceptionnelle au sein du complexe judiciaire, qui a vu affluer de nombreux représentants des médias nationaux ainsi que des proches des prévenus venus des quatre coins du Royaume pour assister à ce dénouement.
Ce verdict de première instance vient clore le premier chapitre judiciaire de l’affaire dite «Escobar du Sahara», un scandale politico-financier qui a profondément secoué la scène politique et partisane marocaine. Le dossier s’oriente désormais vers la phase d’appel, où la bataille juridique entre l’accusation et la défense devrait reprendre de plus belle.
Tout commence à la fin de l’année 2023. Les révélations du magazine Jeune Afrique font l’effet d’une bombe: depuis sa cellule de la prison de Oukacha, le baron de la drogue malien, Haj Ahmed Ben Brahim, passe aux aveux. Écroué depuis 2019, il accuse nommément plusieurs hauts responsables marocains d’avoir profité de sa chute pour démanteler son empire et s’accaparer sa fortune et ses propriétés.
L’onde de choc est immédiate. Le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) s’en saisit et orchestre un coup de filet spectaculaire. Au total, 28 prévenus, dont des élus, des hommes d’affaires et une notaire, se retrouvent dans le box des accusés. Dans le lot, Naciri et Bioui comme principaux accusés. Le rideau se lève alors sur un système tentaculaire mêlant trafic international de stupéfiants, blanchiment d’argent, falsification de documents officiels et spoliation immobilière.




