Projet de loi sur les avocats: l’ABAM suspend sa démission mais maintient la pression

Sit-in des avocats devant le Parlement à Rabat contre le nouveau projet de loi de procédure civile. (Y.Mannan / Le360)

Revue de presseFace au projet de loi sur la profession d’avocat, l’Association des barreaux du Maroc a choisi de surseoir à la démission de ses instances tout en réaffirmant sa détermination à obtenir des modifications. Alors que les audiences sont perturbées, les bâtonniers tendent une dernière main au dialogue, sans exclure une escalade si leurs revendications restent sans réponse. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 26/06/2026 à 20h21

L’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a annoncé le report de la démission collective de l’ensemble de ses institutions et commissions officielles, tout en maintenant ouvertes toutes les voies de protestation. Cette position, loin d’apaiser les tensions, témoigne de la persistance d’un bras de fer avec le gouvernement autour du projet de loi portant organisation de la profession d’avocat.

Cette décision fait suite à une réunion extraordinaire du bureau de l’association, consacrée à l’évaluation de l’évolution du dossier, après l’adoption du texte par la commission de la justice à la Chambre des représentants, rapporte Al Akhbar de ce week-end (27 et 28 juin). Les avocats ont rejeté ce projet en considérant que plusieurs de ses dispositions ne répondent pas aux aspirations de la profession et portent atteinte à des acquis fondamentaux.

Les bâtonniers tiennent à préciser que le report de la démission collective ne saurait être interprété comme un recul dans le mouvement de contestation. «Il vise plutôt à ménager une ultime opportunité au dialogue et à favoriser l’émergence d’initiatives propres à désamorcer la crise», souilgnent-ils. Ils affirment toutefois que l’Association se réserve le droit de recourir à la démission si le gouvernement persiste à ignorer les revendications des avocats.

Un membre éminent de l’ABAM a souligné que «l’association demeure attachée à la révision des dispositions litigieuses du projet de loi, afin de garantir le respect de l’indépendance de la profession et de préserver sa place au sein de l’édifice judiciaire». Il a également insisté sur le refus catégorique de voir ce texte adopté sans l’accord des instances professionnelles, ajoutant que «les avocats n’hésiteront pas à opter pour une escalade dans la protestation si le gouvernement poursuit dans sa ligne actuelle, car il s’agit de l’avenir même de la profession, et non de revendications catégorielles étroites».

L’ABAM a renouvelé son appel à un réexamen des articles controversés et à l’ouverture d’un dialogue institutionnel «sérieux et responsable», susceptible d’aboutir à une loi consensuelle, respectueuse de l’indépendance de la profession et propre à renforcer son rôle au sein du système judiciaire.

Cette évolution intervient alors que les tribunaux du Royaume connaissent des perturbations dans le déroulement des audiences, de nombreux dossiers étant reportés en raison de l’arrêt de travail des avocats, écrit Al Akhbar. Une situation qui suscite des craintes quant à un élargissement de la crise, tant parmi les justiciables qu’au sein des différentes composantes de la justice.

Par Hassan Benadad
Le 26/06/2026 à 20h21