L’Association des barreaux du Maroc a justifié, dans un communiqué, la prolongation de la grève des avocats, initialement prévue du 15 au 21 juin, par la persistance de plusieurs points de désaccord avec le ministère de la Justice. L’organisation pointe notamment les déclarations «provocatrices» attribuées au ministre Abdellatif Ouahbi, qui ont contribué à raviver les tensions autour du projet de loi encadrant la profession.
Alors qu’ils s’étaient engagés dans un mouvement de grève d’une semaine, les avocats ont décidé, vendredi soir, de durcir leur position en prolongeant leur mobilisation «jusqu’à nouvel ordre». Une décision qui confirme l’enlisement du bras de fer opposant les barreaux au ministère de la Justice.
Le conflit entre les deux parties couve depuis plusieurs mois. L’Association des barreaux du Maroc rejette en effet plusieurs dispositions du projet de loi encadrant la profession d’avocat, qu’elle juge attentatoires à son indépendance, notamment en ce qui concerne les relations avec le ministère public.
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La tension est récemment montée d’un cran après des déclarations de Abdellatif Ouahbi faisant allusion à de supposés abus dans le recours à l’assistance judiciaire accordée par l’État au profit des justiciables aux revenus modestes.
Pourtant, une médiation menée par le Chef du gouvernement avait nourri l’espoir d’un règlement de la crise avant l’examen du texte par la Chambre des conseillers. Cet espoir semble aujourd’hui s’éloigner.
Alors que les tribunaux étaient perturbés, le lundi 15 juin, par la grève des avocats, les conseillers parlementaires poursuivaient l’examen des amendements proposés au projet de loi. Dans le même temps, les représentants de la profession continuaient d’exprimer leurs inquiétudes quant à l’adoption d’un texte qu’ils contestent toujours.
Pour rappel, le projet de loi n° 66.23 demeure au cœur d’une vive controverse. Élaboré par le ministère de la Justice, il a été adopté en première lecture par la Chambre des représentants, tout en suscitant l’opposition des barreaux, qui y voient une atteinte à l’indépendance de la profession.
Les robes noires redoutent notamment un affaiblissement de leur capacité d’autorégulation au profit d’un renforcement du contrôle administratif et institutionnel. Le durcissement des procédures disciplinaires est également perçu par certains observateurs comme un risque de fragilisation de l’exercice des droits de la défense.




