La fronde des avocats marocains se durcit autour du projet de réforme de la profession. Quelques jours après l’adoption par la Chambre des représentants du projet de loi n°66.23 encadrant la profession, le texte controversé a été transmis, ce mardi 26 mai, à la Chambre des conseillers, une étape jugée décisive par les professionnels du secteur, qui espèrent encore obtenir des amendements substantiels avant son adoption définitive.
Porté avec fermeté par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, le projet suscite une vive contestation au sein de l’Association des barreaux du Maroc. Si certains aspects du texte sont salués, plusieurs dispositions continuent néanmoins de cristalliser les critiques, notamment celles liées aux rapports entre les avocats et le ministère public.
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Selon plusieurs représentants de la profession, le projet maintient des dispositions perçues comme portant atteinte à l’indépendance de la défense vis-à-vis du parquet. «Le texte comporte certes quelques avancées, mais il reste marqué par un recul préoccupant sur la question des garanties d’indépendance de la profession», confie un avocat sous couvert d’anonymat.
Même son de cloche du côté de l’Association des barreaux du Maroc, où l’on reproche au ministère de la Justice son refus d’assouplir certaines dispositions sensibles, en particulier celles définissant les futures prérogatives et relations entre les avocats et le ministère public. «Nous sommes toujours face à des reculs graves après l’adoption du texte par la première Chambre», déplore un autre membre de la profession.
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Face à cette situation, les avocats haussent le ton et brandissent désormais la menace d’un mouvement de protestation d’ampleur. Certains responsables de la coordination n’excluent pas des mesures radicales pouvant aller jusqu’à une démission collective si leurs revendications ne sont pas prises en compte lors de l’examen du texte par la seconde Chambre.
Les prochains jours s’annoncent ainsi déterminants pour l’avenir de cette réforme, appelée à faire l’objet d’intenses débats parlementaires et corporatistes avant son éventuelle adoption définitive.




