Le Maroc tente de fédérer son secteur maritime face à ses défis structurels

Lee port Tanger Med.

Revue de presseLes premières Assises maritimes, organisées à Tanger à l’initiative du ministère du Transport, ont réuni pendant 48 heures l’ensemble des acteurs du secteur afin d’élaborer une stratégie nationale. Malgré une dynamique positive dans les infrastructures portuaires, le Maroc doit encore surmonter une forte fragmentation et des lacunes persistantes. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 25/05/2026 à 20h43

Pour la première fois, le Maroc a rassemblé l’ensemble des acteurs de son secteur maritime. À l’initiative du ministère du Transport, les premières Assises maritimes se sont tenues la semaine dernière à Tanger, réunissant tous les représentants de l’écosystème du secteur. Ces assises interviennent alors que le secteur maritime national, malgré une dynamique positive dans les infrastructures portuaires et logistiques, reste confronté à de nombreux défis structurels. «À l’exception des infrastructures portuaires et logistiques, qui connaissent une véritable dynamique de développement, le secteur maritime national connaît des difficultés à plusieurs niveaux», souligne le quotidien L’Economiste du mardi 26 mai.

Aujourd’hui, plus de 95% des échanges commerciaux du Royaume transitent par voie maritime, faisant du Maroc un acteur clé des échanges internationaux. Au cœur de cette dynamique se trouve Tanger Med, premier port le plus connecté de la Méditerranée et d’Afrique, et 17ᵉ port mondial, reliant plus de 180 ports à travers le monde. En 2025, le trafic portuaire global a atteint plus de 263 millions de tonnes, avec plus de 11 millions de conteneurs transbordés et près de 6 millions de passagers en transit.

Cependant, le secteur maritime marocain ne se limite pas à Tanger Med. D’autres infrastructures jouent un rôle stratégique. Casablanca, principal port commercial du Royaume, concentre une part importante des activités de commerce, de logistique et de transport de marchandises, tout en modernisant ses installations pour répondre aux exigences du commerce international. Nador West Med se positionne comme un futur hub énergétique et industriel méditerranéen. Laâyoune renforce les échanges dans le sud du pays. Agadir soutient l’agro-industrie. Jorf Lasfar s’impose comme un pilier énergétique et industriel majeur. Enfin, le futur port Dakhla Atlantique, dont la construction est en cours, ouvrira une nouvelle porte vers l’Afrique de l’Ouest et l’espace atlantique.

Malgré ces avancées, le secteur maritime marocain reste marqué par une forte fragmentation. «Pendant des décennies, chacune des composantes du secteur a évolué en silo», a relevé un expert cité par L’Economiste. La gestion du transport maritime, des ressources humaines et halieutiques, de la construction navale, du tourisme et des loisirs, ainsi que la réglementation maritime et la recherche, ont souvent été menées de manière isolée, sans coordination globale.

Les Assises maritimes ont permis d’identifier plusieurs obstacles majeurs. Le cadre juridique du secteur apparaît particulièrement obsolète, puisque le Code de commerce maritime en vigueur au Maroc date de 1919. Par ailleurs, le développement de la flotte nationale n’en est qu’à ses débuts et la chaîne logistique reste insuffisamment intégrée. Le secteur de la construction navale est à l’arrêt depuis une décennie, et la garantie autrefois assurée par l’ex-CCG a disparu après la vente de la Comanav.

En matière de formation des ressources humaines, le Maroc ne forme pas suffisamment de marins. À l’Institut supérieur d’études maritimes, seules cinq des sept filières recommandées par l’Organisation maritime internationale sont actuellement opérationnelles.

S’agissant de la sécurité et la sûreté maritimes, le Royaume ne dispose toujours pas d’un réseau de surveillance couvrant l’ensemble de ses 3.500 km de côtes. Enfin, dans le domaine de la transition énergétique, aucune mesure concrète n’a encore été engagée pour permettre au secteur maritime d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Par La Rédaction
Le 25/05/2026 à 20h43