Aéronautique. Le groupe Safran consolide ses capacités à Nouaceur et à Tifelt

Au sein de Safran Electronics & Defense.

Deux extensions en deux jours pour Safran au Maroc. Le groupe français a lancé un chantier de 350 millions de dirhams à Nouaceur le 24 juin et a inauguré un bâtiment de 137 millions à Tifelt le 25 juin, pour plus de 600 emplois à créer. Les détails.

Le 26/06/2026 à 12h30

En deux jours, Safran a posé la première pierre d’une extension à Nouaceur et en a inauguré une autre à Tifelt, pour un investissement cumulé de près de 500 millions de dirhams.

Le premier chantier a été lancé mercredi 24 juin à Nouaceur. Safran Electronics & Defense a lancé les travaux d’extension de son site industriel. Le projet mobilise un investissement de 350 millions de dirhams et prévoit la création de 500 emplois supplémentaires au cours des cinq prochaines années.

Le nouveau bâtiment de 17.000 m² accueillera 15 lignes de production dédiées à des systèmes à forte valeur technologique, notamment des actionneurs, des calculateurs de vol et des systèmes de mesure destinés aux grands constructeurs aéronautiques internationaux. Il a été conçu pour répondre à la croissance des activités de la filiale et à l’arrivée de nouveaux marchés, selon les standards de l’industrie du futur et en intégrant des solutions durables.

La cérémonie de pose de la première pierre s’est tenue en présence du président de Safran Electronics & Defense, Franck Saudo, du directeur général de Safran Electronics & Defense Morocco, Laurent Figari, du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, du gouverneur de la province de Nouaceur, Jalal Benhayoun ainsi que de l’ambassadeur de France au Maroc, Philippe Lalliot.

Le président de Safran Electronics & Defense, Franck Saudo, a rappelé que cette extension «s’inscrit dans la continuité de plus de 25 années de présence industrielle du groupe au Maroc» et que le site de Nouaceur «s’est progressivement imposé comme l’un des pôles stratégiques de Safran, grâce aux compétences développées localement et à la confiance bâtie au fil des années avec l’écosystème national».

La nouvelle phase d’investissement vise, selon lui, à «accompagner la forte croissance de la demande mondiale dans le secteur aéronautique», une croissance portée par «une activité extrêmement technologique» rendue possible «grâce au talent, à la compétence, au savoir-faire industriel présent» au Maroc.

Laurent Figari, directeur général de Safran Electronics & Defense Morocco, a, quant à lui, chiffré la progression du site: les effectifs sont passés de 190 à plus de 450 collaborateurs et les heures de production ont plus que doublé sur la même période. Il a attribué ces résultats à «une transformation profonde des processus industriels, à la modernisation de la chaîne d’approvisionnement et au renforcement continu des compétences des équipes».

Ryad Mezzour a qualifié cet investissement de «reflet d’un partenariat historique et solide, mais aussi de signal fort de la confiance réciproque entre le Royaume et Safran», rappelant que l’usine, implantée en 2013, a déjà été agrandie à trois reprises.

Safran Aerosystems consolide son empreinte à Tifelt

Le jeudi 25 juin, Safran Aerosystems Maroc inaugurait l’extension de son site industriel à Tifelt. Cette extension de 5.000 m², portée par un investissement de 137 millions de dirhams, permettra l’intégration de nouvelles activités à forte valeur ajoutée, notamment des tuyauteries haute performance, des masques à oxygène, des capots de protection pour toboggans d’évacuation et des gilets de sauvetage.

Le site, implanté au Parc Industriel Aïn Johra depuis plus de 17 ans, emploie plus de 290 collaborateurs hautement qualifiés. Il assure des activités d’assemblage d’équipements électroniques et mécaniques et s’est imposé comme un maillon essentiel de la supply chain aéronautique internationale.

Le président de Safran Aerosystems, Sébastien Weber, a souligné que «la filière aéronautique marocaine connaît depuis plusieurs années une dynamique remarquable, sous l’impulsion du roi Mohammed VI» et que «le Royaume est devenu un véritable centre industriel pour l’écosystème Safran qui compte plusieurs sites et co-entreprises concentrées principalement sur l’axe Casablanca, Rabat et Nouaceur». Il a précisé que l’usine doublera de superficie pour atteindre 10000 m² et que l’effectif devrait «atteindre environ 450 employés d’ici deux à trois ans» avec «150 emplois supplémentaires» créés sur cette période.

Une trajectoire que Ryad Mezzour a replacée dans le cadre du partenariat entre le Maroc et le groupe français. Selon lui, cette extension «illustre l’engagement conjoint du Maroc et du Groupe Safran à poursuivre une dynamique de croissance, d’innovation et d’excellence industrielle». Elle s’inscrit également dans «une démarche de montée en gamme technologique visant à renforcer la compétitivité du Royaume et à accélérer le développement de l’écosystème aéronautique national».

Il a ajouté que «la capacité de cet écosystème à répondre aux exigences les plus avancées de l’industrie aéronautique mondiale est pleinement reconnue» et que ce projet «participe à l’affirmation du Maroc comme plateforme industrielle de référence sur des segments de haute technologie, reposant sur une expertise avancée et des procédés industriels de pointe».

Vingt-six ans de présence qui ont tout changé

Ces extensions s’ajoutent à un projet annoncé dès octobre 2024, lorsque Safran avait posé la première pierre d’un complexe industriel à Midparc, en présence du Souverain, comprenant deux unités complémentaires.

La première, Safran Aircraft Engine Services Casablanca, sera dédiée à la maintenance des moteurs LEAP de CFM International, coentreprise de Safran Aircraft Engines et GE Aerospace, qui équipent aujourd’hui la majorité des avions monocouloirs de nouvelle génération, notamment l’Airbus A320neo et le Boeing 737 MAX. Opérationnel en 2027, cet atelier disposera d’une surface de 25.000 m² et d’une capacité de maintenance de 150 moteurs par an. Il générera 600 emplois à horizon 2030 pour un investissement de l’ordre de 120 millions d’euros.

La seconde unité sera une ligne d’assemblage dédiée au moteur LEAP-1A pour Airbus, sur une superficie de 13.000 m², opérationnelle fin 2027, capable d’assembler jusqu’à 350 moteurs par an. Elle représente un investissement d’environ 200 millions d’euros et 300 emplois supplémentaires. Ce site complètera les capacités existantes du site de Villaroche en France pour répondre aux forts enjeux de montée en cadence du programme, CFM International prévoyant d’atteindre un rythme annuel de production d’environ 2.500 moteurs LEAP à partir de 2028.

Interrogé précédemment par Le360, Abdelhafid Boufettal, président de Safran Aircraft Engines Services Casablanca, a expliqué les raisons du choix du Royaume. «Le Maroc est un écosystème connu du groupe Safran. Le pays dispose de viviers de compétences importants dans le secteur aéronautique, grâce à des écoles de formation et à son site industriel en pleine expansion», a-t-il dit.

Il a ajouté que «le positionnement géographique du Maroc en fait un point de liaison naturel entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient» et que «le cadre réglementaire est favorable et le soutien des pouvoirs publics en font un pays stable, macroéconomiquement parlant».

Sur le volet formation, Abdelhafid Boufettal a détaillé la méthode du groupe. «Nous allons chercher des jeunes ingénieurs dans les écoles marocaines. Nous recrutons également des techniciens en partenariat avec l’OFPPT et les instituts de formation mécanique. Ces jeunes suivent un parcours théorique et pratique avant d’intégrer nos ateliers, puis ils sont formés dans nos réseaux pour atteindre leur maturité professionnelle», a-t-il précisé, en soulignant que «dans le domaine aérien, la sécurité passe avant tout».

Depuis 1999, Safran n’a jamais ralenti son rythme d’expansion au Royaume. Le groupe a entraîné dans son sillage une dizaine de sous-traitants et équipementiers français et européens, contribuant à renforcer le tissu industriel local. Vingt-six ans après son arrivée ici, Safran n’y voit plus seulement un site de production complémentaire puisque «le Maroc s’est imposé comme une composante essentielle de son dispositif mondial», selon son top management.

Par Hajar Kharroubi
Le 26/06/2026 à 12h30