Aéronautique. Une visite en janvier 2024, une usine inaugurée en juin 2026: comment le suédois Trelleborg a illico posé ses valises à Midparc

Au sein de l'usine Trelleborg à Midparc. (K.Sabbar/Le360)

Le 09/06/2026 à 15h53

VidéoLe suédois Trelleborg a posé ses valises à Midparc. Pas moins de 120 millions de dirhams d’investissement, 150 à 200 emplois directs attendus et une gamme de produits techniquement exigeants. Les détails.

Le suédois Trelleborg a officiellement inauguré ce mardi 9 juin son usine à Midparc. Spécialisée dans la fabrication de systèmes d’étanchéité pour le secteur aérospatial, l’installation représente un investissement d’environ 120 millions de dirhams et doit générer entre 150 et 200 emplois directs. Elle s’étend sur un terrain de 7.800 m², dont 5.100 m² de surface bâtie.

Dans une déclaration pour Le360, Gordon Roper, président de la Business Unit Aerospace de Trelleborg, est revenu sur ce qui a conduit le groupe suédois à choisir le Maroc. C’est en janvier 2024 qu’il foule le sol marocain pour la première fois. Il rencontre Hamid Benbrahim El Andaloussi, président de Midparc, et visite plusieurs sites de fabrication aérospatiale, dont le fameux Safran Nacelles.

«J’ai été extrêmement impressionné par ces installations. C’étaient des unités de fabrication de classe mondiale, avec ce qui semblait être une main-d’œuvre talentueuse, diversifiée et jeune», déclare-t-il.

L’IMA retient également son attention lors de ce premier séjour. «Cela a mis en évidence l’infrastructure mise en place pour soutenir l’investissement direct étranger à Casablanca et l’écosystème aérospatial qui y avait été développé», ajoute Gordon Roper.

Les données de la filière locale finissent de faire pencher la balance. À l’époque, 145 entreprises aérospatiales opèrent à Casablanca, employant environ 20.000 salariés, avec une parité quasi parfaite entre femmes et hommes et une main-d’œuvre dont l’âge est généralement inférieur à 30 ans. «Tout cela témoignait d’un fort vivier de talents dans le pays, capables de fabriquer des produits à un niveau très élevé, avec un haut niveau technologique. Cette infrastructure et cette école de formation semblaient offrir un capital humain susceptible d’être alimenté durablement», confie-t-il.

La décision tombe en quelques mois. «J’ai trouvé cela vraiment enthousiasmant. Trelleborg devait faire partie de cette belle aventure et rejoindre les entreprises déjà implantées. Nous faisons face à une expansion considérable du secteur aérospatial et nous devions en être partie prenante. J’avais donc eu une très forte impression du pays et de ce que nous pourrions y accomplir», poursuit-il.

Côté production, le site démarre avec une gamme de joints de cellule. «Ce sont des joints placés entre les composants structurels de l’aéronef. Ils sont très complexes à fabriquer, techniquement exigeants et difficiles», explique le président de la Global Aerospace Business Unit.

Ces produits intègrent des élastomères silicone, des tissus et des métaux. Le site introduit par ailleurs une rupture dans le mode de production du groupe. Pour la première fois, Trelleborg va fabriquer lui-même les composants métalliques qui entrent dans la composition de ces joints. «Historiquement, nous n’en avions pas la capacité et nous faisions appel à des fournisseurs tiers», précise Gordon Roper. Casablanca devient ainsi le premier site du groupe à intégrer verticalement sa production.

D’autres produits sont déjà dans les tuyaux. «Ces produits s’intègrent également dans les moteurs d’aéronefs, ainsi que dans d’autres domaines comme les radômes, qui équipent les avions pour les communications par satellite en orbite basse, un secteur en forte croissance dans l’aérospatiale en ce moment», détaille notre interlocuteur.

La montée en puissance du site a été progressive et méthodique. Avant d’emménager dans le bâtiment définitif, l’usine a fonctionné dans un espace provisoire de 1.200 m², loué le temps que la construction s’achève. Gordon Roper y voit l’un des atouts de l’offre Midparc. «C’était un petit bâtiment, seulement 1.200 m², mais il nous a permis de démarrer la fabrication, de mettre en place des systèmes qualité, de recruter et de former des personnes», explique-t-il.

L’usine emploie aujourd’hui 30 personnes et a obtenu la certification AS9100, référentiel qualité de l’industrie aérospatiale mondiale. «Ainsi, en emménageant ici et en installant le reste de nos équipements, nous partons déjà d’une base existante. Cela nous donne l’infrastructure nécessaire pour grandir. Nous visons une montée en charge à 150 ou 200 personnes dans un délai assez court», annonce le président de la Global Aerospace Business Unit.

L’implantation s’inscrit dans le cadre du développement de l’écosystème Boeing au Maroc. Elle fait suite au protocole d’accord signé avec le groupe en marge du Marrakech Air Show 2024, et à l’accord de partenariat opérationnel conclu le 6 mai à Nouaceur entre Hamid Benbrahim El Andaloussi, président de Midparc, et Gordon Roper.

Les travaux du site avaient été lancés le 17 décembre 2024. Trelleborg s’implante au sein de Midparc, parc industriel intégré développé avec la Caisse de dépôt et de gestion. Le groupe, fondé en 1905, compte 30 centres de recherche et développement et emploie plus de 15.600 personnes sur une centaine de sites répartis dans 40 pays.

Hamid Benbrahim El Andaloussi mesure lui aussi la portée de l’événement. «Il y a 25 ans, il fallait expliquer où se trouvait le Maroc et faire de la promotion à partir de zéro. On était deux ou trois au Salon de l’aéronautique. Aujourd’hui, le Maroc est dans le radar de l’aéronautique mondiale, connu quantitativement et pour sa compétitivité», avait-il précédemment déclaré dans une interview pour Le360.

Rappelant que Trelleborg a pris sa décision en moins de dix mois, il avait indiqué que «cela traduit simplement la visibilité remarquable du Maroc sur la carte aéronautique mondiale».

Par Hajar Kharroubi et Khadija Sabbar
Le 09/06/2026 à 15h53