Retraites, aides sociales, impôts… Lekjaa dévoile les promesses du PAM à Tinghir

Fouzi Lekjaa lors de son discours à Tinghir, dimanche 13 septembre.

Le 13/09/2026 à 16h27

VidéoPorter la retraite minimale à 3.000 dirhams, augmenter les aides sociales jusqu’à 1.000 dirhams et alléger l’impôt sur le revenu... Fouzi Lekjaa a détaillé, ce dimanche à Tinghir, les principales mesures que le PAM promet de mettre en œuvre s’il remporte les prochaines élections législatives. Des engagements qui, selon le parti, doivent permettre d’agir directement sur le quotidien des Marocains.

Devant les habitants de la province de Tinghir, le membre du bureau politique du Parti authenticité et modernité (PAM) a détaillé, dimanche 13 septembre, plusieurs mesures que son parti entend mettre en œuvre autour du pouvoir d’achat, des retraites, des aides sociales, de la fiscalité, de la santé, des jeunes, mais aussi de l’eau et de l’énergie.

Pour introduire ses propositions, Fouzi Lekjaa est revenu sur l’effort financier consenti durant les cinq dernières années. «On a fait un grand effort financier de 280 milliards de dirhams», a-t-il rappelé, évoquant notamment les mesures destinées à soutenir les revenus, les aides directes et l’amélioration des conditions de vie des ménages.

Mais, selon lui, cet effort n’a pas produit tout l’effet attendu sur le quotidien des citoyens. «Malheureusement, le coût de la vie et la hausse des prix ont fait que cet effort ne réjouit pas les Marocains», a-t-il expliqué. D’où la volonté affichée par le PAM de faire du pouvoir d’achat l’une de ses premières priorités.

«Il faut faire l’effort nécessaire pour que le prix des produits de première nécessité arrive aux Marocains à un prix raisonnable», a insisté Lekjaa. Il a aussi rappelé que faire les courses était autrefois un moment de satisfaction pour les familles marocaines, avant de promettre de leur redonner ce sentiment. «On veut rendre ce sentiment», a-t-il lancé.

Une retraite minimale de 3.000 dirhams

Les retraités occupent une place importante dans les engagements présentés à Tinghir. Pour Fouzi Lekjaa, ceux qui ont consacré des années de leur vie au service du pays ne peuvent pas se retrouver, une fois à la retraite, avec une pension insuffisante.

«On a dit au Parti authenticité et modernité que ces personnes doivent gagner au moins 3.000 dirhams par mois», a-t-il annoncé, fixant ainsi le niveau minimal de retraite défendu par le parti.

Le responsable du PAM a également mis en avant la question des aides sociales directes. Le parti propose de faire passer le montant minimal destiné aux familles qui en ont besoin d’environ 500 à 1.000 dirhams par mois, voire davantage selon les situations.

Mais Fouzi Lekjaa veut surtout revoir la manière dont les bénéficiaires sont identifiés. «Ce n’est pas en fonction de savoir s’il a acheté un téléphone, un vélo ou une moto», a-t-il déclaré, estimant que le critère déterminant doit être le revenu réel du ménage.

L’objectif, selon lui, est de permettre à celui qui en a réellement besoin de bénéficier de l’aide, tout en laissant sortir du dispositif celui dont la situation s’améliore. «Celui qui a besoin de ces 1.000 dirhams doit les prendre. Et celui qui va travailler et gagner de l’argent, que Dieu l’aide», a-t-il résumé.

Moins d’impôt pour augmenter le revenu net

Autre volet mis en avant: la fiscalité. Fouzi Lekjaa s’est adressé aux salariés du secteur public comme du secteur privé, rappelant que l’impôt sur le revenu est prélevé directement sur leur rémunération.

«On va faire un effort avec eux, on va baisser cet impôt», a-t-il promis, avec l’objectif de permettre à davantage de travailleurs de conserver une part plus importante de leur revenu. Pour ceux qui resteraient concernés, il a évoqué un impôt «plus léger», afin que le salaire net puisse augmenter et permettre aux familles de mieux faire face aux dépenses du quotidien.

Santé: «le Marocain doit trouver sa dignité à l’hôpital»

Sur la santé, le membre du bureau politique du PAM estime que les efforts déjà engagés doivent désormais être accélérés. «Il faut augmenter le rythme de cet effort et travailler sérieusement», a-t-il déclaré.

L’enjeu, selon lui, est que lorsqu’un Marocain se rend à l’hôpital pour se faire soigner, il puisse bénéficier du traitement dont il a besoin dans des conditions dignes. «Il faut que le Marocain, lorsqu’il va à l’hôpital et se soigne, trouve sa dignité garantie», a-t-il insisté.

Les jeunes, de la formation à la création d’entreprise

Fouzi Lekjaa a également consacré une partie de son intervention aux jeunes. Pour lui, le fait qu’un jeune dispose de compétences ou de talent ne suffit pas: il faut encore lui donner les moyens de les transformer en activité économique.

«On a mis en place un plan intégré pour l’accompagner dans la formation et dans la création de sa première entreprise, pour qu’il devienne un acteur de l’économie nationale», a-t-il expliqué.

L’idée défendue par le PAM est donc d’accompagner les jeunes tout au long du parcours, de la formation à l’insertion économique, plutôt que de laisser leurs compétences en dehors du circuit productif.

L’eau: sortir de la logique de l’urgence

À Tinghir, la question de l’eau ne pouvait pas être absente. Fouzi Lekjaa a rejeté une gestion limitée aux périodes de sécheresse, consistant à chercher des solutions uniquement lorsque certaines villes ou régions commencent à manquer d’eau.

«On ne peut pas, à chaque fois qu’il y a un peu de sécheresse, commencer à chercher de l’eau parce qu’il n’y en a plus dans telle ville ou telle région», a-t-il déclaré.

Le PAM défend ainsi une vision stratégique de la sécurité hydrique, qui doit répondre aux besoins des citoyens, mais aussi de l’agriculture et des activités économiques. Lekjaa a notamment cité l’exemple des palmiers de Tinghir, qui nécessitent une ressource en eau durable.

Des énergies renouvelables à la portée des Marocains

Même logique pour l’énergie. Fouzi Lekjaa appelle à mieux exploiter les ressources dont dispose le Maroc, notamment le solaire et l’éolien, afin de développer les énergies renouvelables et de les rendre accessibles aux ménages.

Il a surtout avancé une mesure destinée aux familles les plus modestes. «Les familles pauvres qui ont un frigo, une ampoule et qui consomment moins de 100 dirhams, l’État prendra en charge cette consommation», a-t-il annoncé.

Selon sa proposition, les ménages dont la facture se situe entre 90 et 100 dirhams par mois pourraient ainsi être entièrement pris en charge par l’État, afin d’alléger leurs dépenses courantes.

Réduire les écarts entre les territoires

Fouzi Lekjaa a conclu en insistant sur la volonté du PAM de proposer un programme lisible et compréhensible pour les citoyens, avec des engagements concrets touchant directement à leur quotidien.

Il a également inscrit ces propositions dans le chantier de développement voulu par le roi Mohammed VI, évoquant un programme mobilisant 210 milliards de dirhams. Pour le PAM, ce chantier doit notamment permettre de réduire les disparités entre les territoires.

«Nous croyons que le Maroc avance à deux vitesses», a reconnu Lekjaa depuis Tinghir, avant de défendre l’idée d’une seule vitesse, celle du développement.

Le responsable du PAM a enfin appelé à une relation fondée sur la confiance entre le parti et les électeurs. «Nous vous donnons notre parole», a-t-il lancé, promettant que les candidats et responsables du parti devront se mettre au service des citoyennes et des citoyens pour atteindre les objectifs annoncés.

L’ambition affichée dépasse ainsi les seules mesures sociales. Fouzi Lekjaa a placé le programme du PAM dans une perspective allant jusqu’à 2031, avec l’objectif de construire un Maroc qui renforce sa place parmi les pays émergents, conformément à l’ambition portée par le roi Mohammed VI.

Par La Rédaction
Le 13/09/2026 à 16h27