À peine sorti des urnes de ce scrutin législatif de septembre 2026, le futur Premier ministre et son équipe gouvernementale s’apprêtent à franchir le seuil de l’Exécutif avec sur leur bureau une pile de dossiers incandescents. De la consolidation de l’État social à la métamorphose économique du pays en passant par les urgences du front social, les chantiers qui s’annoncent exigeront bien plus qu’une simple gestion des affaires courantes, relate le magazine hebdomadaire Challenge.
Au sommet de cette feuille de route figure la Coupe du monde de football de l’été 2030, co-organisée avec l’Espagne et le Portugal. Une réputation se mérite, et le gouvernement qui prend les commandes doit dès à présent mettre les bouchées doubles pour respecter les échéances de ce grand rendez-vous planétaire. Alors que le train à grande vitesse reliant Kénitra à Marrakech et la construction des stades avancent déjà, l’exécutif devra exercer un suivi rigoureux de l’ensemble des projets structurants. Au-delà de l’effervescence sur les pelouses, l’enjeu dépasse le simple cadre sportif pour s’engager dans une modernisation globale. Cela implique d’injecter des investissements massifs dans les infrastructures hôtelières et les transports, d’étendre les capacités aéroportuaires, mais aussi de penser l’exploitation des sites, la sécurisation des flux, la protection civile, l’énergie et l’audiovisuel.
Cette course se conjugue directement avec les arbitrages financiers du prochain projet de loi de finances 2027. Le défi budgétaire sera de trouver le juste équilibre entre le financement de ces grands chantiers prioritaires et la poursuite ininterrompue de l’État social. Alors même que la vision royale a permis des avancées historiques, avec la généralisation de la couverture médicale et la refonte du système de santé, les attentes restent immenses. Des institutions internationales telles que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et l’Organisation internationale du travail scrutent la pérennité de ces programmes d’envergure, dont la vocation première est de réduire les inégalités et de consacrer la justice sociale dans les politiques publiques, lit-on dans Challenge.
Dans ce panorama, la santé constitue un autre front prioritaire. Pour améliorer concrètement le quotidien de millions de Marocains, la future équipe devra accélérer la programmation de nouveaux centres hospitaliers universitaires, en portant une attention particulière aux zones enclavées, qu’il s’agisse des régions montagneuses, des oasis ou du développement durable du littoral, sans oublier la modernisation des centres ruraux.
Mais c’est sans doute sur le front de l’emploi que la pression se fera la plus vive. Le taux de chômage strict s’établissant à 9,5% au deuxième trimestre 2026 selon le Haut-Commissariat au Plan, la situation des jeunes et des femmes requiert des réponses immédiates. Avec 27,2% de chômage chez les 15-24 ans et 14,8% chez les femmes, pour un total de 1,121 million de sans-emploi, les jeunes marocains se font entendre et veulent un rôle dans la dynamique de développement du pays.
Sur le plan éducatif, la rentrée scolaire intervient dans le contexte de la proclamation des résultats électoraux offre au nouveau chef du gouvernement l’opportunité de redresser un système d’enseignement qui cherche encore ses marques. Malgré des revalorisations salariales substantielles accordées aux enseignants, l’éducation nationale doit impérativement renouer avec la confiance des familles et s’affranchir d’une simple logique budgétaire pour se donner des moyens de réussite.
Toutes ces ambitions nationales devront toutefois composer avec un climat international marqué par l’instabilité géopolitique. La multiplication des foyers de tension à travers le globe continue d’alourdir la facture énergétique, menaçant par effet domino le pouvoir d’achat des consommateurs et ravivant les tensions inflationnistes sur le budget des ménages, écrit Challenge.
Les Marocains n’attendent donc pas seulement une équipe de transition chargée d’assurer une continuité des missions de leurs prédécesseurs, mais un Exécutif audacieux capable de transformer la volonté politique en une stratégie lisible. Le véritable défi de la prochaine équipe résidera dans sa capacité à stimuler la compétitivité, tout en garantissant une réelle égalité des chances, afin d’effacer les disparités.




