MDM: les nouveaux défis d’une manne record à 122 milliards de dirhams

Accueil de MRE par des agents de la fondation Mohammed V pour la Solidarité, au port de Tanger Med, lors du déploiement du dispositif Marhaba, au cours de l'été 2017. 

Accueil de MRE par des agents de la fondation Mohammed V pour la Solidarité, au port de Tanger Med, en 2017 (archives). . DR

Revue de presseAlors que les transferts de la diaspora marocaine ont atteint un sommet historique en 2025, pesant 7,7% du PIB, l’économie du pays peine à canaliser cette richesse vers des investissements productifs. Entre la concentration de l’épargne dans l’immobilier, la menace réglementaire de la directive européenne CRD6 et le coût élevé des transferts, le Maroc cherche à réinventer le lien économique avec ses expatriés. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Éco.

Le 13/09/2026 à 17h57

122 milliards de dirhams, c’est le nouveau record historique atteint en 2025 par les transferts de fonds des Marocains du monde, affichant une progression de 2,6% par rapport à l’exercice précédent. Derrière le tourisme, cette manne s’impose durablement comme la deuxième source de devises du Royaume et représente désormais 7,7% du PIB national, un flux continu rythmé chaque année par les retours estivaux et les élans de solidarité du mois de Ramadan, écrit le quotidien Les Inspirations Éco.

Pourtant, ce fleuve financier souffre d’une paradoxale stérilité économique. Selon les données disponibles, 71% de ces sommes sont immédiatement absorbés par la consommation courante, tandis que 21% alimentent de simples dépôts bancaires. À peine un dixième de cette enveloppe globale est réellement investi dans l’économie productive, l’immobilier capturant à lui seul 80% de cette frange d’investissement. Une situation qualifiée d’inconcevable par les plus hautes instances de l’État, qui pointent du doigt la complexité des circuits économiques, le manque d’instruments financiers adaptés et l’absence d’outils incitatifs équivalents aux obligations de diaspora qui ont fait le succès d’autres économies émergentes.

Ce défi de la canalisation de l’épargne se double désormais d’une menace réglementaire majeure venue d’Europe. La directive européenne CRD6 impose en effet un arsenal strict de gouvernance et de transparence aux banques de pays tiers opérant au sein de l’Union européenne, exigeant une traçabilité totale incompatible avec une économie marocaine où le paiement en espèces pèse encore lourdement dans les transactions du quotidien. Bien que des négociations diplomatiques menées avec Paris et d’autres capitales européennes cherchent à préserver les canaux historiques des banques marocaines, la problématique des coûts de transferts accrus et de délais rallongés plane toujours sur la diaspora, lit-on dans Les Inspirations Éco.

Conscient de ces enjeux, l’Exécutif marocain a choisi de passer à la vitesse supérieure lors du grand rendez-vous de Tanger en mai 2026, appelant à repenser le lien économique unissant le pays à ses expatriés. Des initiatives concrètes se mettent en place à l’instar de la création annoncée d’un guichet dédié au sein de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations, et du déploiement de mécanismes de cofinancement et de subvention déjà pilotés par Tamwilcom.

Il reste à surmonter les obstacles structurels pointés par les instances consultatives, à commencer par le coût exorbitant des transferts qui peuvent encore dépasser 7% de la somme envoyée, loin des objectifs internationaux de réduction des frais. En s’inspirant des modèles internationaux de mobilisation de l’épargne extérieure, le Maroc dispose d’un gisement extraordinaire de compétences et de capitaux pour financer ses grands chantiers d’avenir, à condition de transformer durablement un réflexe de solidarité familiale en un véritable levier de croissance nationale.

Par La Rédaction
Le 13/09/2026 à 17h57