Législatives à Rabat-Chellah: Jamal Karimi Benchekroun veut porter «la voix des citoyens» au Parlement

Jamal Karimi Benchekroun, candidat du PPS à Rabat dans la grande circonscription du Chellah. (Y.Mannan/Le360)

Le 12/09/2026 à 18h41

VidéoDans une circonscription de Rabat-Chellah particulièrement disputée, Jamal Karimi Benchekroun entend faire entendre la voix du PPS. Éducation, préoccupations liées à l’urbanisme, lutte contre la corruption et rôle du député: le candidat expose les priorités qu’il entend porter à la Chambre des représentants.

À quelques jours des législatives du 23 septembre, Jamal Karimi Benchekroun mesure l’ampleur du défi qui l’attend à Rabat-Chellah. L’ancien député et membre du bureau politique du Parti du progrès et du socialisme (PPS) conduit la liste du parti du Livre dans cette circonscription où trois sièges sont à pourvoir et où la compétition s’annonce particulièrement relevée.

Face à lui, plusieurs figures politiques briguent un mandat, parmi lesquelles Adib Benbrahim, secrétaire d’État chargé de l’Habitat et candidat du PAM, El Hassan Lachgar, député sortant de l’USFP, Alaa Eddine Bahraoui (RNI) et Abdelaziz Derouich (Istiqlal). Le PJD y présente Mohamed Tahiri, tandis que l’Alliance de la gauche est représentée par Mohamed Aouni.

Interrogé par Le360, Jamal Karimi Benchekroun dit être «conscient» de la difficulté de la bataille électorale. La circonscription de Rabat-Chellah présente en effet un profil particulièrement hétérogène, englobant des quartiers populaires comme Mabella, Youssoufia et Takaddoum, mais aussi une partie de Souissi.

Au-delà de la bataille électorale, le candidat du PPS place l’éducation parmi ses principales préoccupations. Il s’appuie notamment sur les résultats de l’enquête PISA 2025, publiée le 8 septembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui témoignent d’une nouvelle dégradation des acquis des élèves marocains de 15 ans.

Avec 358 points en sciences, 355 en mathématiques et 321 en compréhension de l’écrit, le Maroc demeure très en deçà des moyennes de l’OCDE. Plus préoccupant encore, 73,2% des élèves marocains évalués se situent sous le niveau minimal de compétence dans les trois disciplines simultanément.

«Il faut une véritable réforme», estime Jamal Karimi Benchekroun, qui met également en avant le décrochage scolaire et le nombre de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET). «Ces chiffres interpellent directement la responsabilité de l’ensemble des acteurs du secteur», affirme-t-il.

Le candidat fait également des préoccupations de proximité l’un des axes de sa campagne. À Rabat-Chellah, explique-t-il, certains habitants s’inquiètent notamment des conséquences que pourraient avoir les documents d’urbanisme sur leurs logements.

«Il faut écouter les habitants, car leurs préoccupations touchent directement à leur vie quotidienne. Certains vivent dans la crainte d’éventuelles démolitions de leurs habitations en raison des dispositions qui pourraient être prévues par le plan d’aménagement», explique-t-il.

Pour Jamal Karimi Benchekroun, le scrutin du 23 septembre ne saurait dès lors se résumer à une simple échéance électorale. «Ce n’est pas une étape passagère. Il s’agit de choisir ceux qui représenteront les citoyens pendant les cinq prochaines années», insiste-t-il.

Le candidat du PPS rappelle à cet égard les principales prérogatives constitutionnelles du député: représenter les citoyens, légiférer, contrôler l’action du gouvernement et évaluer les politiques publiques. Il estime également que l’élu doit prendre toute sa part dans la lutte contre la corruption et contre l’utilisation de l’argent à des fins électorales.

«Le député doit être capable de représenter dignement les citoyens, de contrôler l’action du gouvernement, de formuler des propositions et de participer à l’évaluation des politiques publiques. Il doit également contribuer à la lutte contre la corruption et s’opposer à ceux qui exploitent la vulnérabilité et la précarité pour acheter des voix», affirme-t-il.

Au terme de l’entretien, Jamal Karimi Benchekroun devait poursuivre sa mobilisation sur le terrain avec des militants et des jeunes du PPS. Le parti prépare notamment une rencontre électorale dimanche à Bab El Had, à Rabat, conçue sous la forme d’une grande halqa, afin d’aller directement à la rencontre des électeurs.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 12/09/2026 à 18h41