Le Parti du progrès et du socialisme (PPS, opposition) a dévoilé, ce mercredi à Rabat, un programme électoral ambitieux, en plaçant la barre très haut sur le financement des différentes réformes socio-économiques qu’il propose.
Pour assurer le financement de ces projets, le PPS table sur un budget additionnel de 575 milliards de dirhams, issu de diverses recettes financières.
Jamais dans son histoire, le PPS n’avait présenté un plan aussi audacieux, élaboré, selon sa direction, par ses propres militants et experts dans les domaines des finances, de la fiscalité, de l’économie et des sciences sociales.
Dès l’ouverture de la présentation, Nabil Benabdellah a déclaré, devant une nombreuse assistance composée de militants et de journalistes, que ce programme prévoit, durant la période 2026-2031, «d’éliminer l’économie de rente, d’établir une justice fiscale, de créer une banque publique d’investissement pour soutenir l’entrepreneuriat».
Le programme prévoit également le développement du numérique, la consolidation de l’agriculture avec la révision du Plan Maroc Vert, ainsi que le renforcement de l’industrie, dont la part devrait passer de 15% à 20% selon les objectifs du parti.
Le PPS promet aussi la création d’un million d’emplois pour les jeunes, l’augmentation de 15% du SMIC en deux étapes, l’octroi d’une allocation de 1.000 dirhams pour chaque enfant scolarisé, la hausse de l’aide publique à 1.000 dirhams, la création de 100.000 emplois dans le digital et l’adhésion d’un million de personnes aux fédérations sportives.
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Le Parti du Livre propose également la création d’un institut de formation dans le domaine du sport, destiné notamment aux jeunes ayant perdu «confiance dans les services publics».
Sur le plan social, la réforme des systèmes de l’enseignement et de la santé constitue l’une des priorités de ce programme. Pour le PPS, il s’agit de rendre «la dignité» au citoyen grâce à l’éducation et à la santé publique.
Le parti table également sur le recrutement de 500.000 salariés dans le secteur industriel, sans oublier la révision de certains accords de libre-échange dont le Maroc ne profiterait pas suffisamment, selon ses dirigeants.
Les domaines de l’habitat et de l’eau figurent aussi parmi les actions prioritaires du programme, ont souligné à cette occasion plusieurs responsables de l’ancien Parti communiste.
Selon Nabil Benabdellah, le PPS «réclame un modèle de développement centré sur l’humain». Il a martelé que «le programme place le citoyen au cœur du modèle de développement afin d’éradiquer les disparités et les dysfonctionnements à travers la réforme des services publics», notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
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Il faut rappeler que le PPS a été l’un des principaux opposants à plusieurs choix de la majorité sortante, en dénonçant notamment les dysfonctionnements ayant, selon lui, marqué l’action gouvernementale.
Le parti a été l’un des premiers à critiquer les conflits d’intérêts, notamment après l’attribution à une société proche de l’Exécutif du projet de l’usine de dessalement d’eau de mer de Casablanca. Cette formation socialiste avait également soulevé l’affaire des «Frakchiyas», en demandant, sans succès et à deux reprises, la constitution d’une commission d’enquête parlementaire.
Nabil Benabdellah a rappelé que le PPS avait critiqué «sévèrement la gestion gouvernementale sortante», qu’il accuse d’avoir perpétué «des échecs sociaux et économiques». Il a également regretté «l’économie de rente et les conflits d’intérêts», qui auraient nui, selon lui, à l’investissement et au pouvoir d’achat des citoyens.
Avant de conclure, le secrétaire général du PPS a souligné que le développement de la démocratie et des libertés fondamentales figurera également parmi les priorités de sa formation politique.
Le PPS insiste ainsi sur «l’importance de la démocratie, de la préservation des libertés individuelles, du respect des droits des citoyens, de l’égalité hommes-femmes», ainsi que sur la promotion de la culture nationale, de l’amazigh, la défense des droits de la jeunesse et ceux de la diaspora marocaine.
Avec ce programme chiffré à 575 milliards de dirhams, le PPS veut apparaître comme une force d’opposition porteuse d’une alternative sociale, fiscale et économique. En misant sur la justice sociale, la réforme des services publics, la lutte contre la rente et la défense des libertés, le Parti du Livre tente de replacer l’humain au centre du débat électoral, dans une campagne où les promesses budgétaires deviennent elles aussi un terrain de compétition politique.



