Sécurité privée: demandes d’enquête sur les marchés non conformes à la journée de 8 heures

Un agent de sécurité.. DR

Revue de presseAlors que la réforme fixant la durée quotidienne du travail à 8 heures est entrée en vigueur, le Syndicat national des agents de sécurité privée et du nettoyage monte au créneau. Dénonçant le maintien de contrats illégaux et le contournement du Code du travail, la centrale syndicale réclame l’intervention urgente du ministère de l’Emploi pour contrôler les marchés publics comme privés et faire respecter les nouveaux droits des salariés. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 02/09/2026 à 18h13

Dans un appel pressant au gouvernement, le syndicat national des agents de sécurité privée, du nettoyage et du jardinage, affilié à la Confédération démocratique du travail, alerte sur le non-respect récurrent de la législation dans les marchés publics et privés. Dans une correspondance adressée au ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, l’organisation réclame l’ouverture d’enquêtes approfondies et l’activation des mécanismes d’inspection et de contrôle, rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 3 septembre. L’objectif est de vérifier la conformité des contrats conclus après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi modifiant l’article 193 du Code du travail, et d’établir clairement les responsabilités en cas d’infraction. Le syndicat souligne que la législation s’impose à l’ensemble des parties et qu’aucun contrat, qu’il soit public ou privé, ne saurait servir de prétexte pour la contourner.

L’élément déclencheur de cette mobilisation réside dans la modification légale publiée au Bulletin officiel le 16 juillet 2026, officiellement entrée en vigueur le 1er septembre. Ce texte a mis fin au régime autorisant 12 heures de travail quotidien pour ces professions, instaurant un plafond strict de 8 heures par jour. D’après le ministère de tutelle, cette réforme concerne directement un contingent massif de travailleurs, dont environ 170 000 exercent dans le secteur public comme les administrations, les hôpitaux et les écoles. Dans le secteur privé structuré, les premières estimations font état de 400 000 à 500 000 agents de sécurité, tandis que les projections syndicales avancent le chiffre d’un million de personnes si l’on englobe le secteur informel, écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Auparavant, la version de 2004 du Code du travail prévoyait une journée de 8 heures assortie d’heures supplémentaires payées dans une limite annuelle fixée, tout en excluant certaines catégories sous le statut du travail intermittent. Ce régime particulier s’appliquait à ceux qui n’étaient pas occupés en continu ou qui disposaient d’un logement sur leur lieu de travail, permettant ainsi de porter la durée légale à 12 heures, une pratique largement appliquée aux agents de sécurité.

Désormais, l’application intégrale des nouvelles dispositions publiées au Bulletin officiel est impérative pour garantir les droits des salariés. Face aux tentatives de contournement ou d’exploitation sous couvert de sous-traitance, la centrale syndicale prévient qu’elle se réserve le droit d’utiliser tous les moyens de lutte légaux pour défendre la profession. Une période transitoire de neuf mois maximum à compter de la publication de la loi est accordée aux entreprises pour se conformer, ajuster leurs contrats de travail existants et régulariser leur situation administrative et financière.

Par La Rédaction
Le 02/09/2026 à 18h13