Dans un communiqué, le syndicat affirme que l’application du décret n°2.05.916 conduit à considérer le samedi comme une journée de repos hebdomadaire. Il estime également que, dans l’enseignement primaire, la durée quotidienne d’enseignement ne devrait pas dépasser 3 heures et 45 minutes.
Pour l’UNE, l’enjeu dépasse ainsi la seule organisation des emplois du temps. Il concerne également la conformité du fonctionnement des établissements scolaires avec les règles générales encadrant le temps de travail des fonctionnaires.

L’argumentaire syndical repose principalement sur le décret n°2.05.916. Son article premier prévoit que les administrations publiques fonctionnent du lundi au vendredi, selon un horaire allant de 8h30 à 16h30.
L’UNE considère que cette disposition établit la règle générale applicable aux fonctionnaires et que le samedi ne peut, dès lors, être assimilé à une journée ordinaire de travail sans base juridique spécifique.
L’organisation s’appuie également sur le principe de légalité et la hiérarchie des normes. Dans l’étude juridique qu’elle a consacrée à cette question, elle rappelle que l’article 6 de la Constitution consacre notamment les principes de constitutionnalité, de hiérarchie et de publication des normes juridiques.
Selon cette lecture, une décision administrative ou une organisation ministérielle ne pourrait déroger à un décret de portée générale qu’à condition de disposer d’un fondement juridique approprié.
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Le décret n’exclut toutefois pas toute adaptation. Son article 3 permet l’adoption de jours ou d’horaires différents lorsque la nécessité du service le justifie.
C’est précisément cette exception que l’UNE entend discuter. Pour le syndicat, elle ne saurait être utilisée de manière générale pour justifier le travail du samedi dans l’ensemble du secteur de l’Éducation nationale. Elle devrait, selon son interprétation, correspondre à une nécessité objective et être appliquée de manière encadrée.
L’UNE conteste notamment l’idée selon laquelle le recours au samedi serait indispensable pour atteindre un volume de 30 heures d’enseignement hebdomadaire. L’étude syndicale cite plusieurs situations dans lesquelles des établissements fonctionnent avec des volumes horaires inférieurs, sans que cela empêche, selon elle, le déroulement des enseignements.
Le syndicat évoque notamment des établissements appliquant un système de rotation de trois enseignants dans une même salle, ainsi que des établissements relevant de la direction provinciale de Salé où le temps scolaire serait d’environ 24 heures et demie par semaine.
L’organisation s’appuie également sur l’exemple du mois de Ramadan. Durant cette période, le volume d’enseignement est réduit à environ 22 à 24 heures hebdomadaires, sans pour autant interrompre le fonctionnement des établissements. Pour l’UNE, ces exemples montrent que l’objectif pédagogique ne dépend pas nécessairement d’un volume uniforme de 30 heures.
Une proposition de 18h15 sur cinq jours
À partir de son interprétation du cadre réglementaire, l’UNE propose une organisation du temps d’enseignement reposant sur cinq jours de travail, avec un volume hebdomadaire de 18 heures et 15 minutes.
Dans le primaire, cette répartition correspondrait à une durée quotidienne de 3 heures et 45 minutes. La matinée commencerait à 8h30, avec une première séance jusqu’à 10h15, suivie d’une pause de 15 minutes. Une deuxième séance se déroulerait de 10h30 à 12h15.
L’après-midi, les cours reprendraient à 12h45 pour une première séance jusqu’à 14h30, avant une nouvelle pause de 15 minutes. La dernière séance s’étendrait de 14h45 à 16h30.
Pour le syndicat, cette organisation permettrait de concilier la durée quotidienne et le volume hebdomadaire d’enseignement avec sa lecture des dispositions du décret n°2.05.916.
Au-delà de la question du samedi, l’UNE demande au ministère de l’Éducation nationale de reprendre la main sur la répartition des cours et d’élaborer un guide national unifié.
Le syndicat s’appuie notamment sur l’article 15 du décret n°2.24.140 portant statut particulier des fonctionnaires du ministère de l’Éducation nationale. Selon son interprétation, cette disposition ne prévoit pas que les enseignants aient à élaborer eux-mêmes la répartition hebdomadaire des cours.
L’UNE réclame donc un document national permettant de fixer des règles communes et d’éviter que les enseignants ou les établissements ne soient contraints de rechercher individuellement des configurations compatibles avec les textes réglementaires.
Le syndicat rappelle à ce titre que le ministère avait déjà publié, en 1995, un guide pratique consacré à la répartition des cours. Il plaide pour le retour à une démarche similaire afin de limiter les disparités entre établissements.
Le samedi et le droit à la formation universitaire
L’UNE élargit par ailleurs le débat aux conditions d’exercice des fonctionnaires et à leur droit à la formation.
Elle invoque notamment la circulaire du chef du gouvernement n°2015/03, qui encourage la poursuite de la formation académique des fonctionnaires dans une logique de développement du capital humain.
Selon le syndicat, le travail programmé le samedi peut toutefois compliquer l’accès des enseignants aux formations universitaires, plusieurs établissements d’enseignement supérieur concentrant leurs cours et activités durant cette journée.
Pour l’UNE, l’organisation du temps scolaire doit donc prendre en compte non seulement les besoins du service, mais aussi les possibilités offertes aux fonctionnaires de poursuivre leur formation et de développer leurs compétences.
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Cette controverse intervient alors que la question du volume horaire fait déjà partie des discussions entre le ministère et les représentants du personnel.
L’UNE rappelle que le dialogue sectoriel du 28 juillet 2026 avait prévu que la commission des programmes se penche sur une étude consacrée à la révision du nombre d’heures d’enseignement, avec des conclusions attendues à l’occasion de la rentrée scolaire.
Pour le syndicat, cette réflexion constitue l’occasion de revoir plus largement l’organisation du temps scolaire. Il estime que la question ne peut être réduite au seul nombre d’heures à assurer, mais doit également porter sur les modalités de leur répartition et sur leur conformité au cadre réglementaire.




