Dans un contexte marqué par un débat croissant sur les frais d’inscription appliqués aux formations en horaire aménagé, le Forum des présidents d’université est sorti de son silence pour clarifier les fondements et les objectifs de ce dispositif. Face aux inquiétudes et aux interrogations soulevées par plusieurs catégories de salariés et de professionnels désireux de poursuivre leur cursus académique, les dirigeants des établissements d’enseignement supérieur ont tenu à apporter des précisions méthodiques, réaffirmant avant tout leur attachement inébranlable au principe de la gratuité de l’enseignement pour le parcours universitaire ordinaire, rapporte le quotidien Al Akhbar de ce lundi 10 août.
Selon les explications fournies par l’instance représentative des présidents d’université, l’organisation de cycles d’études à horaire aménagé s’inscrit pleinement dans le cadre des prérogatives légales et institutionnelles accordées aux universités. Ces dernières bénéficient en effet d’une autonomie pédagogique, scientifique et financière régie par la législation en vigueur relative à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique. Ce dispositif répond à la vision moderne de la formation continue et de l’apprentissage tout au long de la vie, permettant aux fonctionnaires, employés et professionnels d’allier leurs obligations de carrière à une montée en compétences, sans que cela n’impacte ni ne remette en cause le droit à la gratuité réservé aux étudiants régulièrement inscrits dans le circuit classique.
Sur le plan financier, la grille tarifaire appliquée à ces formations spécialisées a fait l’objet d’une mise au point détaillée. Au niveau du cycle de la licence, les droits d’inscription sont restés strictement inchangés par rapport aux années précédentes. Concernant le master, les instances universitaires ont fait le choix d’alléger les tarifs afin d’élargir la base des bénéficiaires et d’encourager la reprise d’études chez les actifs. À l’inverse, le coût associé au cycle du doctorat s’explique par les exigences particulières de la recherche avancée, qui requiert une importante mobilisation de ressources humaines, la mise à disposition d’équipements scientifiques de pointe ainsi qu’un encadrement rigoureux s’étendant du suivi des travaux jusqu’à la soutenance des thèses, lit-on dans Al Akhbar.
La gestion des revenus tirés de ces droits d’inscription répond à une affectation précise et réglementée. En effet, quarante pour cent des recettes collectées sont injectées dans les budgets d’investissement et de fonctionnement des universités afin de renforcer leurs infrastructures matérielles et logistiques. Les soixante pour cent restants sont intégralement dédiés au soutien direct de la recherche scientifique et à l’indemnisation des enseignants-chercheurs impliqués dans le suivi pédagogique, l’encadrement et l’évaluation des travaux doctoraux, créant ainsi un cercle vertueux d’autofinancement de l’excellence académique.
Afin d’atténuer l’impact financier sur les apprenants, le Forum a souligné que des aménagements sociaux ont été instaurés, notamment sous la forme d’échelonnements de paiement adaptés à la situation de chacun. Cette démarche sociale s’appuie également sur la décision actée à la fin de l’année écoulée, qui exonère totalement de frais de scolarité les salariés et travailleurs dont le revenu mensuel ne dépasse pas le salaire minimum légal, évitant ainsi toute exclusion fondée sur des critères matériels, écrit Al Akhbar.
En conclusion de leur prise de parole, les présidents d’université ont fermement rejeté toute politisation du débat éducatif, rappelant que la mise en place du régime d’horaires aménagés constitue une décision purement pédagogique relevant de la souveraineté institutionnelle des universités. Réaffirmant leur respect absolu du cadre légal, des droits acquis et du principe de non-rétroactivité des lois, les responsables académiques ont maintenu que la valorisation de ces formations demeure un pilier essentiel pour préserver l’autonomie financière des établissements, financer l’innovation pédagogique et rehausser durablement la qualité de la recherche scientifique nationale.




