Ces derniers jours, à Marrakech, la controverse autour du transfert de la gare routière de Bab Doukkala vers la nouvelle station d’Al Azzouzia reprend avec vigueur. À chaque fois que cette idée est évoquée par l’une des parties prenantes, l’émotion est vive dans les cafés et sur les réseaux sociaux, révélant des avis très tranchés entre les partisans et les opposants à cette opération.
«Les élus et les autorités publiques veulent un transfert rapide de cette activité, avec pour argument l’enjeu des investissements consentis et de la nécessité de gérer les affaires municipales», indique Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 15 juin. La décision, qui a été officiellement approuvée au cours de la session de mai du Conseil communal, a fixé à juillet prochain la période au cours de laquelle les transporteurs et l’ensemble des travailleurs dans cette infrastructure devront investir la nouvelle gare d’Al Azzouzia.
Les exploitants et les gestionnaires de la gare de Bab Doukkala, ainsi que tous ceux qui travaillent dans cette activité, manifestent quant à eux tout leur mécontentement. Abdelouahed Chafiki, président de l’arrondissement de Ménara, a tenu à rappeler dans une vidéo sur Facebook qu’il «convient de prendre en considération la situation sociale des transporteurs, des usagers et des travailleurs, notamment les propriétaires des cafés qui sont liés par des engagements et des contrats avec l’ancienne société de gestion», relaie le quotidien. Al Ahdath Al Maghribia affirme par ailleurs que les professionnels opposés à ce transfert expliquent que «les investissements réalisés par la gare de Bab Doukkala, importants tant sur les plans économique et social, font cruellement défaut dans la station d’Al Azzouzia», et souhaitent donc «préserver leurs acquis actuels», en rejetant «toute mesure qui y porterait atteinte».
Plusieurs instances représentatives du transport de voyageurs dont, principalement, la Fédération nationale du transport routier des voyageurs (FNTR) et le Syndicat national du transport routier de voyageurs (SNTV), ont adressé une lettre au président de la région de Marrakech, dans laquelle les signataires ont exprimé leur «refus catégorique de ce transfert», tout en critiquant «la gestion de ce chantier» et en dénonçant «le fait de ne pas avoir été associées à la décision de construire la nouvelle gare d’Al Azzouzia», relaie Al Ahdath Al Maghribia.
Le quotidien précise que ces organisations sont détentrices, à raison de 60%, de l’actionnariat de la société gestionnaire de l’actuelle gare, alors que le Conseil communal de Marrakech en est actionnaire à hauteur de 20%, à parts égales avec la Société nationale des transports et de la logistique (SNTL). Or, affirme Al Ahdath Al Maghribia, dans ses statuts, la société gestionnaire ne permet ni au Conseil communal, ni à aucune autre instance, de décider unilatéralement de la construction d’une nouvelle gare dans un cadre concurrentiel, sans que l’accord de l’ensemble des actionnaires n’ait été obtenu au préalable.




