RNI-PAM: la bataille des listes se déplace sur le terrain des recours

Fouzi Lekjaa (PAM) et Aziz Akhannouch (RNI).

Revue de presseLa polémique entre le RNI et le PAM prend une nouvelle tournure à l’approche des échéances électorales. Les deux formations se livrent désormais à une bataille politique où chaque camp tente de déceler les failles de l’autre, entre menaces de recours, accusations de transhumance partisane et rappels des décisions de la Cour constitutionnelle. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 14/09/2026 à 20h00

La polémique entre le RNI et le PAM est montée d’un cran ces derniers jours. Après les passes d’armes politiques, les deux formations semblent désormais engagées dans une véritable guerre de positions, chacune cherchant à exploiter les éventuels faux pas de l’autre afin de fragiliser ses adversaires et de peser sur le moral de ses candidats.

«Aziz Akhannouch a contribué à raviver les tensions en mettant directement en garde contre certaines candidatures susceptibles, selon lui, de faire l’objet de contestations. Le président du RNI a notamment évoqué le cas de plusieurs listes électorales sur lesquelles figurent des élus issus d’autres formations politiques, avec en toile de fond la question de la transhumance partisane», rapporte Al Akhbar dans son édition de ce mardi 15 septembre.

Lors d’un meeting tenu dimanche dernier dans la région de Meskala, dans la province d’Essaouira, Aziz Akhannouch s’est interrogé sur la présentation de certaines listes dont les candidats seraient, selon lui, susceptibles d’être contestés. «Je ne comprends pas comment on présente certaines listes de candidature alors que les postulants savent d’avance qu’elles seront contestées», a-t-il déclaré.

L’ex-chef du RNI a également invoqué la jurisprudence de la Cour constitutionnelle, estimant que celle-ci avait déjà tranché la question dans plusieurs décisions. Selon lui, «on ne peut pas accéder à la politique avec deux couleurs partisanes», faisant ainsi référence aux candidats ayant changé de formation politique avant de se présenter sous une nouvelle bannière.

Le message d’Aziz Akhannouch se voulait également dissuasif à l’égard des élus ayant changé de parti. Il a évoqué la possibilité de recours judiciaires, citant notamment le cas de la région de Marrakech, où il s’en est pris à un candidat qu’il accuse d’avoir proféré des injures à l’encontre de son parti.

Le PAM n’a pas tardé à réagir. Se sentant directement visé par les déclarations du président du RNI, Samir Koudar, membre du bureau politique du parti et président de son pôle d’organisation, a apporté une réponse ferme lors d’un meeting à Taroudant, en tenant à rassurer les élus du PAM issus d’autres formations politiques :

«Je rassure tous les amis qui adhéraient à d’autres partis et qui ont rejoint le PAM et sont candidats sous sa bannière: il n’y a rien qui puisse les inquiéter, car ils ont le droit de se présenter au nom de n’importe quel parti», a-t-il affirmé.

«Le responsable du PAM s’est appuyé, lui aussi, sur les dispositions légales et la jurisprudence de la Cour constitutionnelle pour défendre la légitimité de ces candidatures», écrit Al Akhbar. Selon lui, la procédure est claire: il suffit au candidat de présenter sa démission de son ancien parti pour pouvoir déposer sa candidature sous les couleurs de sa nouvelle formation. Samir Koudar a notamment cité le cas de quatre personnes ayant quitté le RNI pour rejoindre le PAM, assurant qu’elles n’avaient aucune raison de s’inquiéter et qu’elles conserveraient leur statut de parlementaires. Il a également rappelé que la Cour constitutionnelle avait déjà rendu plusieurs décisions sur cette question, considérant que le sujet avait été définitivement tranché.

Par Hassan Benadad
Le 14/09/2026 à 20h00