Sebta: le visa Schengen ne suffit plus pour franchir le poste-frontière

Le passage de Tarajal, menant à Sebta. . Dr

Revue de presseLes autorités espagnoles ont soudainement durci les contrôles au poste-frontière de Tarajal, à Sebta: le visa Schengen ne suffit plus. Les Marocains doivent désormais justifier de ressources supérieures à 1.000 euros, d’une réservation hôtelière, d’un billet de passage ou de départ et du motif de leur visite. Ce durcissement pourrait bien rouvrir, à Sebta, un débat longtemps latent: celui du coût économique d’une réduction du trafic de transit en provenance du Maroc. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 14/09/2026 à 18h08

Les autorités espagnoles ont amorcé, avec une soudaineté déconcertante, un renforcement drastique des mesures de contrôle au poste-frontière du préside de Sebta. Désormais, la détention d’un visa Schengen ne constitue plus à elle seule un document suffisant pour franchir cette frontière: les voyageurs se voient imposer des conditions d’accès toujours plus rigoureuses. Des Marocains en possession de ce document consulaire ont ainsi été confrontés à de sévères contrôles.

Les autorités espagnoles ont en effet interdit l’accès à Sebta à des dizaines de Marocains, les refoulant vers leur territoire, au motif qu’ils ne satisfont pas aux exigences imposées aux voyageurs qui se rendent dans le préside, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 15 septembre. Les agents de la Guardia Civil exigent désormais des détenteurs d’un visa Schengen de justifier de ressources financières supérieures à 1.000 euros, de produire la preuve d’une réservation hôtelière, de présenter un billet attestant de la date de leur passage ou de leur départ de Ceuta vers l’Espagne, et de décrire le motif de leur visite, y compris ceux qui traversent régulièrement la frontière pour des raisons professionnelles.

Pour les autorités espagnoles, le fait de posséder un visa Schengen ne saurait conférer automatiquement à son détenteur le droit d’accéder au préside, affirmant que ces mesures s’inscrivent en application des dispositions légales en vigueur, comme prévu dans le code des frontières de l’espace Schengen et la législation espagnole sur les frontières, et non de nouvelles règles édictées à la suite des conséquences de crises migratoires et de la dernière incursion collective et illégale de migrants.

Les données disponibles ne font état d’aucun changement des dispositions légales prévues pour l’entrée dans l’espace Schengen: il s’agit, selon le quotidien, d’un «renforcement sur le terrain». D’où ce niveau de contrôle accru de Marocains pourtant en situation régulière, y compris ceux habitués à franchir régulièrement cette frontière.

Ces exigences sont à l’origine du mécontentement de nombreux voyageurs, surpris par la fermeté des opérations de contrôle, alors qu’ils comptaient franchir le poste-frontière sur la seule présentation de leur visa Schengen, écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Refoulés faute de documents et de justificatifs financiers, ils ont eu le sentiment que cette méthode excédait le contrôle habituellement en vigueur à ce poste-frontière. Mais cette rigueur des autorités espagnoles revêt une dimension supplémentaire pour Sebta elle-même, à cause «du flux de personnes qui s’y rendent, ainsi que des intérêts commerciaux et de services liés aux visiteurs en provenance du Maroc», indique le quotidien, ajoutant que «la persistance de ces restrictions pourrait bien, à l’avenir, raviver dans la ville le débat sur le coût économique de toute baisse du trafic de transit».

Par Hassan Benadad
Le 14/09/2026 à 18h08