Le projet de train urbain à Tanger entre dans sa phase de concrétisation, marquant une étape importante dans le développement des infrastructures de transport de la ville. Selon des sources informées, cette initiative majeure, qui assurera la liaison ferroviaire entre le centre-ville de Tanger et l’aéroport Ibn Batouta, s’apprête à franchir un cap décisif avec le lancement imminent des travaux de génie civil. Cette avancée coïncide avec la procédure de présélection lancée par l’Office National des Chemins de Fer destinée à retenir les entreprises qualifiées pour la réalisation des chantiers d’infrastructure, constituant ainsi l’un des plus grands projets de mobilité urbaine de la région, indique le quotidien Al Akhbar de ce mardi 15 septembre.
Le passage de ce chantier d’envergure à sa phase opérationnelle intervient après l’achèvement des études techniques et conceptuelles liées au tracé, au milieu d’indicateurs confirmant le début prochain de travaux qui devront faire face à plusieurs complexités foncières et urbanistiques. Les mêmes sources indiquent que le tracé traverse des zones d’habitat dense et des secteurs caractérisés par la prolifération de constructions anarchiques et de bâtisses existantes situées le long du parcours envisagé. Face à cette situation, les autorités se voient contraintes de recourir aux procédures d’expropriation pour utilité publique afin de sécuriser l’assiette foncière indispensable à l’exécution du projet, en particulier dans les tronçons où les infrastructures actuelles entrent en collision avec la trajectoire ferroviaire programmée.
Dans cette optique, les opérations d’aménagement impliqueront la démolition de certaines constructions illégales ou d’installations se trouvant sur l’emprise réservée au projet, le tout dans le respect strict des réglementations en vigueur. Ces développements surviennent alors que l’Office National des Chemins de Fer a récemment publié un appel d’offres en présélection sous le numéro 26T027, relatif à la réalisation des travaux d’infrastructure et de génie civil du projet de liaison ferroviaire reliant l’aéroport Ibn Batouta à la gare de Tanger-Ville. Cet appel d’offres a été fixé au 10 septembre de l’année en cours, avec comme date limite de dépôt des dossiers fixée au premier octobre 2026, avant une division de la commande en trois tranches distinctes, lit-on dans Al Akhbar.
D’après les données techniques, la nouvelle ligne ferroviaire s’étendra sur une distance d’environ 22,5 kilomètres et sera conçue sous forme de double voie électrifiée, prévoyant l’adoption d’un tracé indépendant longeant la ligne ferroviaire actuelle et opérationnelle. Ce nouveau tracé a pour vocation de relier directement le centre-ville à l’aéroport tout en traversant plusieurs quartiers et zones à forte densité démographique et d’activité économique. Il est également prévu que le projet intègre sept gares et points d’arrêt, desservant notamment Tanger-Ville, Mghogha, El Aouama, Bahri, Ibn Batouta, les Facultés, ainsi que la gare de l’aéroport Ibn Batouta, ce qui permettra de propulser ce projet au-delà d’une simple liaison ferroviaire pour lui conférer une véritable dimension urbaine et de desserte des agglomérations.
Le volet foncier sera l’un des aspects les plus délicats de la phase à venir, eu égard à la nature de certaines zones traversées par la ligne, en particulier celles qui ont connu une expansion urbanistique rapide et non réglementée au cours des dernières années. Il est prévu que toute opération de démolition ou d’évacuation soit précédée de procédures juridiques et administratives rigoureuses visant à identifier les biens concernés et leurs ayants droit, garantissant ainsi que l’ensemble des démarches liées à l’indemnisation et à l’expulsion s’effectue dans le strict respect de la loi.




