Polisario Front Terrorist Designation Act: deux nouvelles adhésions à la Chambre américaine des représentants

De gauche à droite, les représentants américains Scott DesJarlais et Matt Van Epps.

De gauche à droite, les représentants américains Scott DesJarlais et Matt Van Epps.

La dynamique législative s’accélère au Congrès américain contre le Front Polisario. Le projet de loi visant à classer la milice séparatiste parmi les organisations terroristes étrangères vient d’enregistrer le soutien de poids des représentants républicains Scott DesJarlais et Matt Van Epps. L’arrivée de ces deux figures du Tennessee, l’un leader conservateur chevronné et l’autre ancien pilote d’élite des opérations spéciales de l’armée américaine, porte désormais à 16 le nombre de législateurs mobilisés à la Chambre basse, consolidant un front parlementaire déterminé à briser l’axe Téhéran-Polisario en Afrique du Nord.

Le 11/07/2026 à 08h14

L’étau législatif continue de se resserrer autour du Front Polisario à Washington. Initié à la Chambre des représentants par le républicain Joe Wilson, le Polisario Front Terrorist Designation Act franchit une nouvelle étape symbolique et politique. L’adhésion, le 9 juillet 2026, de deux figures majeures du Parti républicain, Scott DesJarlais et Matt Van Epps, vient consolider un texte qui rassemble désormais 16 co-parrains à la Chambre basse. Loin d’être un simple effet d’annonce, ce soutien grandissant démontre que la perception du mouvement séparatiste comme une menace globale fait consensus chez les décideurs américains.

L’arrivée des représentants Scott DesJarlais et Matt Van Epps apporte une crédibilité politique et stratégique de premier ordre à l’initiative de Joe Wilson. Scott DesJarlais, représentant du Tennessee et médecin de formation, est reconnu à Washington comme une figure de proue du mouvement conservateur. Systématiquement salué pour son efficacité législative par des cercles d’influence majeurs tels que la Heritage Foundation et l’American Conservative Union, son alignement sur le projet de loi envoie un signal fort aux partisans d’une discipline budgétaire et sécuritaire stricte.

La liste des députés américains ayant rejoint le Polisario Front Terrorist Designation Act.

Matt Van Epps, également représentant du Tennessee, apporte quant à lui une expertise militaire et de terrain indispensable. Diplômé de la prestigieuse académie de West Point (promotion du 11-Septembre), cet ancien pilote d’élite et commandant de mission au sein du 160e régiment d’aviation d’opérations spéciales a été déployé en Irak et en Afghanistan. Devenu lieutenant-colonel dans la Garde nationale et fort d’une solide expérience de gestion des affaires publiques à la tête des services généraux de son État, Van Epps a placé la sécurité nationale au cœur de son mandat. Son adhésion valide le texte sous le prisme de la stricte analyse des risques militaires et géopolitiques.

Le cœur de la menace

L’objectif central de cette proposition de loi est de contraindre l’administration américaine à examiner de manière formelle et contraignante le statut du Polisario. Au cœur des préoccupations des parlementaires: les liens de plus en plus documentés entre la milice armée basée à Tindouf et parrainée par Alger, et la République islamique d’Iran.

Le texte cible explicitement les transferts de drones en provenance du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) au profit du Polisario, ainsi que la coopération croissante en matière de renseignement et d’opérations militaires. Cette connexion Téhéran-Alger-Tindouf est perçue à Washington comme un facteur majeur d’instabilité en Afrique du Nord et dans la bande sahélo-saharienne, une région déjà fragilisée par le terrorisme endémique.

Le mouvement ne se cantonne pas à la Chambre des représentants. Au Sénat, la version miroir du texte (Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026), introduite par les sénateurs Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott, enregistre elle aussi des avancées. Le 23 mars dernier, le sénateur David McCormick a apposé sa signature, devenant le quatrième co-sponsor de poids à la chambre haute.

Le mécanisme prévu par les sénateurs est particulièrement strict: il impose au secrétaire d’État de déclencher automatiquement la désignation formelle dès lors que la coopération avec l’Iran est confirmée. À la clé, des sanctions financières lourdes, des interdictions de déplacement et le gel immédiat des avoirs.

Urgence signalée

À Washington, la pression ne vient pas uniquement des parlementaires. Les experts des think tanks et les analystes médias montent également au créneau pour souligner l’urgence d’agir, rappelant notamment les précédents alarmants tels que la récente attaque terroriste du Polisario contre des civils à Es-Smara.

Dans une tribune percutante publiée sur le site de la chaîne Newsmax, l’influent avocat américain George Landrith a livré un plaidoyer sans concession pour l’adoption urgente de la loi Cruz. Pour ce ténor des cercles de réflexion, sanctionner la milice séparatiste n’est plus une simple option diplomatique, mais une «absolue nécessité». Le magazine conservateur American Thinker abonde dans le même sens.

Dans une analyse signée par Julio Rivera, la publication affirme que le projet de loi S. 4063 de Ted Cruz ne relève pas du «théâtre politique», mais constitue une réponse directe à un danger réel et trop longtemps ignoré à Washington: «La coopération grandissante entre le Front Polisario et des réseaux terroristes soutenus par l’Iran, opérant à travers l’Afrique du Nord et bien au-delà, constitue un danger que le Sénat ne peut plus se permettre de négliger».

Alors que les signatures continuent de s’accumuler au Capitole, le message envoyé par le Congrès américain est sans ambiguïté: le statut quo face aux activités de la milice du Polisario et de ses soutiens n’est plus tenable pour la sécurité des États-Unis et de leurs alliés.

Par Tarik Qattab
Le 11/07/2026 à 08h14