Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a indiqué, lundi devant la Chambre des représentants, que les précipitations abondantes enregistrées récemment à l’échelle nationale ont permis de porter le taux moyen de remplissage des barrages à 76%. S’exprimant lors de la séance des questions orales, le responsable gouvernemental a estimé que ce niveau de mobilisation des ressources hydriques est de nature à garantir l’approvisionnement en eau potable pour les deux à trois prochaines années.
Dans le détail, le ministre a mis en avant la poursuite de la politique de renforcement de l’offre hydrique, notamment à travers la construction d’infrastructures de stockage. «Quatorze barrages sont actuellement en cours de réalisation, ce qui permettra de porter la capacité nationale de stockage à 27 milliards de m³, contre environ 21 milliards de m³ aujourd’hui», a-t-il précisé devant les députés.
Parallèlement, le département de l’Équipement et de l’Eau accélère le déploiement du programme de dessalement de l’eau de mer, considéré comme un levier structurant de sécurisation de l’approvisionnement. Deux nouvelles stations doivent ainsi être lancées en 2026, à Tanger (150 millions de m³) et dans la région de l’Oriental (300 millions de m³). D’autres unités sont programmées à l’horizon 2027, notamment à Tiznit et à Guelmim, avec une capacité estimée à 100 millions de m³ chacune.
L’ensemble de ces projets s’inscrit, a rappelé le ministre, dans une approche intégrée de gestion des ressources hydriques, articulée autour de plusieurs axes complémentaires: développement des barrages, interconnexion des bassins hydrauliques, dessalement de l’eau de mer et réutilisation des eaux usées traitées.
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S’agissant du monde rural, Nizar Baraka a souligné les avancées du programme de réduction des disparités territoriales, qui a permis la réalisation de 21.000 km de routes. Il a également mis en avant l’intégration de la maintenance du réseau routier rural dans l’action publique, à travers des conventions conclues avec les régions. À ce titre, quelque 2.400 km de routes supplémentaires ont été lancés cette année, avec des livraisons prévues en 2026 et 2027.
Sur le volet de l’accès à l’eau potable en milieu rural, le ministre a fait état d’un taux de raccordement de 51%, soit près de 1,8 million de foyers desservis, couvrant environ 11.000 douars, avec 7.000 autres localités en cours de programmation.
Concernant les infrastructures portuaires, le ministre a confirmé la mise en service du port gazier de Nador à l’horizon fin 2026. Tandis que Nador s’orientera vers une vocation énergétique, le port de Dakhla Atlantique devrait se positionner comme une plateforme dédiée notamment à l’hydrogène vert et aux échanges avec le continent africain, en lien avec le projet de gazoduc Nigéria-Maroc, appelé à traverser 13 pays. Le port Tanger Med, pour sa part, consolide son positionnement parmi les principaux hubs portuaires de la Méditerranée et d’Europe, avec un trafic avoisinant les 11 millions de conteneurs en 2026.
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Réagissant à cette présentation, le député du Parti Authenticité et Modernité (PAM), Mohamed El-Hejira, a relevé que la question de l’eau et de la souveraineté hydrique a largement dominé les échanges parlementaires, tant au sein de la majorité que de l’opposition. Il a toutefois alerté sur la persistance de difficultés d’approvisionnement en eau potable durant la période estivale dans certaines régions, malgré l’amélioration conjoncturelle liée aux précipitations.
De son côté, la députée de l’USFP, Aouicha Zilfi, a insisté sur les enjeux liés à la gestion des risques hydriques, notamment les inondations, l’évaporation et le vieillissement des infrastructures. Elle a appelé à une gestion plus anticipative et durable des ressources, afin de préserver les équilibres hydriques à moyen et long terme.




