Transport: le Maroc prend la présidence du Dialogue 5+5 et défend la vocation atlantique du Royaume

Lors de la 11ème Conférence ministérielle du GTMO 5+5, mercredi 24 juin 2026 à Rabat. (Y.Mannan/Le360)

Le 24/06/2026 à 17h45

VidéoRéunis à Rabat ce mercredi 24 juin pour la 11ème Conférence ministérielle du GTMO 5+5, les dix pays membres du dialogue de la Méditerranée occidentale ont confié au Maroc la présidence du groupe pour les deux prochaines années. Une responsabilité que le Royaume entend mettre à profit pour promouvoir la connectivité régionale, la transition des mobilités et les grands projets structurants, à l’image du port Dakhla Atlantique et de l’Initiative royale pour l’Atlantique.

Le Maroc a officiellement pris, mercredi 24 juin à Rabat, la présidence du Groupe des ministres des Transports de la Méditerranée occidentale (GTMO 5+5), à l’issue de la 11ème Conférence ministérielle réunissant les dix pays membres de ce cadre de coopération régionale. À cette occasion, le Royaume a réaffirmé son ambition de renforcer la connectivité entre les deux rives de la Méditerranée et de consolider son rôle de plateforme logistique entre l’Europe, l’Afrique et l’espace atlantique.

Réunie dans la capitale marocaine, cette conférence a marqué le transfert officiel de la présidence du GTMO 5+5 de Malte au Maroc pour la période 2026-2028. Le groupe réunit cinq pays européens — l’Espagne, la France, l’Italie, Malte et le Portugal — ainsi que cinq pays du Maghreb — le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye et la Mauritanie.

Dans son intervention, le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, s’est félicité de la confiance accordée au Royaume pour conduire les travaux du groupe durant les deux prochaines années. Il a souligné que cette désignation reflète la crédibilité acquise par le Maroc grâce aux importantes transformations engagées dans les secteurs du transport maritime, ferroviaire, routier et aérien.

Les travaux se sont achevés par l’adoption de la Déclaration de Rabat, document de référence qui fixe les grandes orientations de la coopération régionale en matière de mobilité, de connectivité, de transition énergétique et de résilience des systèmes de transport.

À cette occasion, Abdessamad Kayouh a mis en avant la vision portée par l’Initiative royale pour l’Atlantique, destinée à renforcer les échanges commerciaux et logistiques avec les pays d’Afrique de l’Ouest et les États du Sahel ne disposant pas d’accès à la mer. Le ministre a également rappelé le rôle stratégique du futur port Dakhla Atlantique, appelé à devenir un maillon essentiel des corridors commerciaux reliant l’Afrique atlantique aux marchés internationaux.

Selon lui, l’objectif poursuivi par le Royaume consiste à contribuer à l’émergence d’un espace économique intégré et équilibré, fondé sur une meilleure interconnexion des infrastructures de transport et sur la fluidification des échanges entre les pays partenaires.

La France était représentée lors de cette conférence par Nadia Hai, ambassadrice pour la Méditerranée et représentante du ministère français chargé des Transports. La responsable française a salué les avancées réalisées dans le cadre du GTMO 5+5 tout en soulignant l’ampleur des défis qui restent à relever.

«L’agenda porté par la présidence maltaise était particulièrement ambitieux, notamment en matière de décarbonation, de connectivité, de transport ferroviaire et de mobilité aéroportuaire. Il nous appartient désormais de poursuivre cette dynamique tout en répondant aux impératifs environnementaux et climatiques qui concernent l’ensemble du bassin méditerranéen», a-t-elle déclaré.

Nadia Hai a également insisté sur la nécessité de développer des systèmes de transport plus durables, plus résilients et mieux intégrés, afin d’accompagner les mutations économiques et environnementales à l’œuvre dans l’espace méditerranéen. Saluant l’engagement du Maroc en faveur de la transition des mobilités et du renforcement des infrastructures de connectivité, elle a souligné que la présidence marocaine du GTMO 5+5 s’inscrivait dans une dynamique porteuse pour l’avenir de la coopération régionale.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 24/06/2026 à 17h45