Sahara Marocain: cinquante ans d’impasse, l’heure des responsabilités a sonné

Staffan de Mistura, Envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU au Sahara.

TribuneIl est des conflits qui résistent au temps. Et il en est d’autres que le temps ne parvient pas à résoudre parce que certains acteurs ont davantage intérêt à les entretenir qu’à les voir disparaître. Le dossier du Sahara marocain, dit «occidental», appartient, à bien des égards, à cette seconde catégorie.

Le 12/10/2026 à 16h44

Depuis près d’un demi-siècle, les Nations unies multiplient les initiatives, les émissaires se succèdent, les résolutions s’accumulent et les chancelleries affichent régulièrement leur volonté de parvenir à une solution politique. Pourtant, le conflit demeure. Les populations séquestrées à Tindouf attendent, le Maghreb s’enlise et la diplomatie internationale semble condamnée à rejouer indéfiniment la même pièce.

À force de rechercher un compromis entre des positions irréconciliables, la communauté internationale a fini par oublier une question fondamentale.

Pourquoi ce conflit n’a-t-il toujours pas trouvé d’issue, alors qu’une proposition politique existe et que les rapports de force diplomatiques ont évolué?

La réponse ne saurait se réduire à un seul facteur. Mais elle conduit inévitablement à examiner le rôle de l’Algérie, soutien historique du Front Polisario et acteur incontournable de toute perspective de règlement. Car le véritable courage diplomatique consiste parfois à nommer les obstacles que l’on préfère contourner. Aujourd’hui, le Conseil de sécurité s’apprête à adopter une nouvelle résolution. Encore une.

En ce moment, qui est en train de s’activer dans les couloirs de l’ONU?

Le Maroc, bien sûr, quoi de plus normal, il défend son intégrité territoriale. Mais aussi l’Algérie… Bec et ongles, ses diplomates s’activent, supplient, font pression et se lamentent auprès de qui veut bien les entendre. Que défendent-ils, au juste, sinon un statu quo, et rien que le statu quo?

L’Algérie, de la solidarité proclamée à la responsabilité politique

L’histoire du Sahara marocain dit «occidental» aujourd’hui, espagnol hier, ne commence ni avec le Maroc contemporain ni avec les résolutions des Nations unies. Elle s’inscrit dans une longue histoire régionale, marquée par les liens entre les populations sahariennes, les territoires de l’actuel Maghreb et les dynasties marocaines, puis hélas par les colonisations française et espagnole et une décolonisation inachevée.

Après le départ de l’Espagne en 1976, à la suite de la glorieuse marche verte et d’un accord avec le Royaume du Maroc, le conflit a pris une dimension régionale. Le Front Polisario a revendiqué l’indépendance du territoire, tandis que le Maroc a défendu son intégrité territoriale. La Libye du fameux Mouammar Kadhafi s’est impliquée dans le dossier, avant que l’Algérie d’un certain Boumédiène ne devienne le principal soutien régional du mouvement séparatiste. Tous deux étaient des putschistes militaires se réclamant à la fois du socialisme, du populisme et du panarabisme, biberonnés à la propagande d’un autre putschiste, Gamal Abdel Nasser. Leur rêve à tous était bien de voir l’un des leurs prendre le pouvoir au Maroc. Voilà la vérité historique.

Depuis lors, Alger affirme défendre le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Cette position constitue le fondement officiel de sa politique. Sa diplomatie est exclusivement articulée autour de cette utopie. Mais une interrogation demeure essentielle pour comprendre la durée de ce conflit artificiellement créé.

Cette politique répond-elle exclusivement à une exigence de principe, ou participe-t-elle également d’une stratégie de puissance régionale?

L’hypothèse mérite d’être posée sans détour.

Le différend avec le Maroc s’inscrit dans une rivalité stratégique ancienne entre les deux pays. Il nourrit une confrontation diplomatique, justifie des postures sécuritaires et contribue à entretenir, dans le discours officiel algérien, la représentation d’un adversaire extérieur permanent. Le patron des armées se plaît à le rappeler: l’ennemi est classique.

Dans un tel contexte, le Sahara peut devenir bien davantage qu’une question de décolonisation. C’est un instrument de politique étrangère, un marqueur idéologique, un élément de légitimation du rapport de force régional et le pilier de la politique en interne.

Il serait excessif de prétendre que cette seule logique explique toutes les décisions algériennes. Mais il serait tout aussi naïf de ne pas examiner les bénéfices politiques que certains pouvoirs peuvent tirer de la permanence d’un conflit surtout s’il a lieu en dehors de ses propres frontières et par procuration.

Lorsqu’un différend devient un élément structurant du discours national, sa résolution exige davantage qu’un accord diplomatique. Elle suppose aussi que les dirigeants acceptent de renoncer aux avantages politiques que procure l’affrontement. Car ce conflit leur donne du crédit auprès de leur population, justifie les budgets exorbitants consacrés à l’armée ainsi que les privations auxquelles celle-ci est confrontée, jusqu’à manquer des denrées les plus essentielles.

C’est précisément ce que la communauté internationale devrait chercher à mesurer.

Les frontières coloniales ne peuvent effacer l’histoire

Le débat sur le Sahara marocain est souvent enfermé dans une opposition simplificatrice entre le droit à l’autodétermination et la souveraineté marocaine. Or, l’histoire de cette région est bien plus complexe que ne le laissent entendre les formules diplomatiques qui prétendent la résumer, au prix d’une lecture faisant abstraction des réalités historiques, géographiques et démographiques.

Le Maroc fonde sa position sur des liens avérés, documentés et historiques d’allégeance et de souveraineté qui l’unissaient aux populations de l’ensemble du territoire avant la colonisation. L’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice en 1975 a reconnu l’existence de liens juridiques d’allégeance entre le sultan du Maroc et les tribus du Sahara alors encore espagnol. Ces tribus conduites par Khatri Ould Joumani n’avaient-elles pas renouvelé son allégeance au Roi Hassan II, le 5 novembre 1975. Faut-il rappeler l’allégeance de Cheickh Ma El Ainin au Roi Hassan premier? ou celle de Fal Ould Oumeir? Ces mêmes liens sont prouvés et documentés avec l’ensemble mauritanien. Le sud-ouest algérien avait lui aussi des liens avec le Royaume jusqu’aux années 1950, avant que la France coloniale ne décide de rattacher ces territoires à l’Algérie française. Les dirigeants de la révolution algérienne avaient promis de restituer les territoires spoliés au Royaume… Leurs successeurs en ont décidé autrement, consacrant les frontières que leur avait léguées la France.

Ce rappel est indispensable. Ni l’histoire marocaine, celle d’un empire déchiqueté par la colonisation, ni le droit international ne peuvent être sérieusement compris en isolant un seul de leurs éléments.

Une autre question mérite expressément d’être posée lorsqu’on regarde la carte actuelle de la région et ses frontières. Les identités sahariennes se sont-elles constituées dans le seul espace fermé dit «Sahara espagnol», aujourd’hui appelé «Sahara occidental», alors qu’il serait simplement marocain, indépendamment de toute circulation humaine, de toute histoire tribale et de toute relation avec les territoires voisins? Évidemment non.

Les familles, les tribus et les communautés de cette région ont des histoires qui traversent les frontières contemporaines. Les populations sahraouies établies au Maroc, celles qui vivent dans le sud-ouest algérien, une partie de celles qui sont séquestrées dans les camps de Tindouf et celles qui résident ailleurs dans la région ne peuvent être réduites à des catégories politiques figées.

Cela ne signifie pas que l’identité sahraouie serait artificielle. Cela signifie qu’aucune solution durable ne peut faire l’économie de la complexité humaine du territoire. Gardons à l’esprit qu’au sud de l’Anti-Atlas, toutes les populations sont sahraouies et profondément marocaines.

L’enjeu consiste à déterminer comment les aspirations des populations concernées peuvent être prises en compte dans un règlement politique viable, sans que leur destin ne soit confisqué par les rivalités entre États.

C’est là que la responsabilité internationale devient déterminante.

L’autonomie sous souveraineté marocaine, une proposition à l’épreuve du réalisme politique

En 2007, le Maroc a présenté une initiative d’autonomie pour le Sahara. Rabat y voit une solution de compromis permettant aux populations du territoire de gérer leurs affaires dans un cadre de souveraineté marocaine.

Cette proposition n’a malheureusement pas fait disparaître les divergences. Le Polisario, en bon porte-parole de l’Algérie, continue de défendre l’indépendance, et l’Algérie officielle maintient son soutien à une solution fondée sur l’autodétermination. Mais le paysage diplomatique a évolué, et l’initiative marocaine a progressivement pris une place centrale dans les discussions. Alger ferme les yeux et les oreilles.

La résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025, a renforcé cette dynamique en faisant du plan d’autonomie marocain de 2007 une base des négociations, dans la perspective d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, conformément aux principes de la Charte des Nations unies.

Cette évolution est importante. Elle ne signifie pas que le différend est juridiquement clos ni que toutes les parties ont accepté le projet marocain. Elle signifie que la communauté internationale dispose d’une base de travail qu’elle juge pertinente pour faire avancer les discussions.

Mais que manque-t-il pour passer de la reconnaissance d’une base de négociation à la construction d’un accord?

Il manque, bien entendu, des garanties, des discussions sur les compétences de l’autonomie, des modalités d’application et des engagements politiques. Mais il manque surtout une volonté suffisamment forte de dépasser les positions de principe pour examiner les conditions concrètes d’un compromis.

Le Maroc affirme avoir proposé une voie réaliste; il appartient désormais aux acteurs concernés de dire ce qu’ils sont prêts à négocier.

Si l’Algérie estime que cette proposition ne répond pas aux exigences du droit à l’autodétermination, elle doit expliquer quelle voie concrète et pragmatique elle entend privilégier pour sortir de l’impasse. Si elle se considère étrangère au différend territorial, elle doit néanmoins reconnaître que son poids politique et son soutien au Polisario lui confèrent une responsabilité particulière dans la situation, depuis cinquante bonnes années, et dans la recherche d’un règlement.

La diplomatie ne peut se satisfaire de positions répétées à l’infini. Elle doit produire des avancées.

Le prix exorbitant d’un conflit sans fin

Pendant que l’Algérie s’entête, des générations de Sahraouis grandissent dans les camps de Tindouf. Des familles demeurent séparées, des perspectives sont suspendues et des jeunes héritent d’une situation qu’ils n’ont pas choisie. Le conflit a également un coût stratégique considérable pour l’ensemble du Maghreb, pour la région, pour le continent et pour le monde.

Depuis des décennies, le positionnement de l’Algérie entrave la construction d’un espace régional intégré. Les frontières terrestres demeurent fermées depuis 1994, sur décision unilatérale de l’Algérie seule. Les échanges économiques, les coopérations industrielles et les projets communs ne bénéficient pas du potentiel que permettraient la proximité géographique, les complémentarités économiques et les liens humains entre les peuples de la région.

Les ressources consacrées à la confrontation auraient pu contribuer davantage au développement, à l’éducation, à la santé, aux infrastructures et à l’amélioration des conditions de vie des populations.

«Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’avait-il pas invité le président algérien à en discuter, loin du parasitage international, dans le cadre d’une relation bilatérale entre frères? Bien sûr, fidèle à la position du régime militaire algérien, il ne donna pas suite. Cela aussi, les membres du Conseil de sécurité devraient le savoir et en tenir compte.»

—  Aziz Daouda

Il ne s’agit pas d’opposer artificiellement les dépenses de défense aux besoins sociaux de chaque pays. Tout État doit assurer sa sécurité. Mais il est légitime de demander ce que le Maghreb aurait pu accomplir si l’Algérie avait choisi la coopération plutôt que la rivalité.

Le Sahara est ainsi devenu le symbole d’une occasion historique manquée, qui aurait pu transformer une région divisée en un espace de prospérité partagée.

La communauté internationale devrait mesurer cette perte avec autant d’attention que les désaccords juridiques et diplomatiques. Car, derrière les positions figées de l’Algérie militaire, il y a la sécurité de la région, des vies et la prospérité de toute une partie du monde, qui en subissent les conséquences.

Les Nations unies peuvent-elles sortir de la répétition?

Staffan de Mistura n’est pas le premier envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies à tenter, du moins en apparence, de rapprocher les positions et Guterres n’est pas le seul secrétaire général à s’être saisi de la question. Leurs prédécesseurs se sont heurtés aux mêmes difficultés fondamentales: divergences sur le statut final du territoire, défiance entre les protagonistes et absence de compromis accepté par les parties.

Faut-il en conclure que les Nations unies sont condamnées à l’impuissance? Certainement pas. Leur rôle demeure indispensable pour faciliter les négociations et maintenir un cadre international reconnu, même si les conflits que cette instance a pu régler sont historiquement rares.

Une médiation ne peut réussir si elle se limite à organiser des rencontres sans parvenir à modifier les calculs politiques des acteurs ni à dire, dans le cas présent, toute la vérité sur ceux qui bloquent le processus depuis cinquante ans. Ce n’est certainement pas le Maroc.

La neutralité diplomatique ne doit pas devenir une manière de traiter toutes les responsabilités comme si elles étaient identiques. Elle exige, au contraire, une évaluation rigoureuse des positions, des initiatives, des refus et des possibilités réelles de compromis.

Le Conseil de sécurité doit donc aller au-delà des déclarations générales. Il doit demander au tandem Algérie-Polisario ce qu’il est prêt à accepter, quelles garanties il souhaite obtenir et quelles concessions il peut envisager.

Il doit également examiner le contexte régional dans lequel se déroulent les négociations: la rupture des relations diplomatiques entre Alger et Rabat, les discours d’hostilité manifeste et quasi quotidiens dans les médias officiels et dans la bouche même des responsables algériens. La persistance d’une confrontation politique n’est pas un élément secondaire. Ces facteurs rendent le compromis plus difficile et compromettent les perspectives de réconciliation. Il faudrait que les membres du Conseil de sécurité prêtent l’oreille, ne serait-ce qu’une fois, à ce qui se dit tous les soirs dans le journal télévisé officiel algérien. Ils en seraient choqués.

La question n’est pas de condamner un pays pour satisfaire un autre. Elle est de faire en sorte que chaque acteur assume les conséquences de sa politique.

Le Conseil de sécurité peut aller plus loin et demander directement, sans intermédiaire, aux personnes séquestrées à Tindouf si elles souhaitent rejoindre leur mère patrie ou continuer à vivre dans les conditions inhumaines qui leur sont imposées. Elles sont maintenues sous la garde de la gendarmerie algérienne, sans bénéficier des droits associés au statut de réfugié dont elles sont privées sur décision de l’Algérie. L’ONU le sait.

Beaucoup rêvent de rentrer et de profiter du développement extraordinaire entrepris par le Royaume dans ses provinces du Sud, mais sont empêchés de s’exprimer librement. Les Sahraouis vivant au Maroc, eux, décident librement de leur sort et élisent leurs dirigeants locaux ainsi que leurs représentants au Parlement marocain. Le Conseil de sécurité peut tout à fait les écouter. Le Polisario ne représente que lui-même et ne survivrait pas un jour sans l’appui vital de l’Algérie.

Si le règlement du Sahara marocain est réellement une priorité internationale, alors l’Algérie doit être invitée à démontrer comment sa stratégie contribue à le rendre possible.

Le Maghreb ne peut rester prisonnier des dirigeants algériens

Il existe un paradoxe cruel dans cette affaire. Les peuples marocain et algérien partagent des liens historiques, culturels, linguistiques et familiaux profonds. Ils ont des préoccupations quotidiennes comparables. L’emploi, le pouvoir d’achat, le logement, l’éducation, la santé et les perspectives d’avenir sont au cœur des préoccupations de leur jeunesse. Pourtant, leurs relations politiques sont dominées par une méfiance maladive entretenue par l’Algérie seule.

Au Maroc, la question du Sahara est perçue par tous les Marocains comme une affaire de souveraineté nationale et d’intégrité territoriale. Elle traverse les sensibilités politiques et les générations. En Algérie, la défense de l’autodétermination sahraouie constitue un élément central du discours officiel sur le conflit, pour des raisons de politique intérieure.

Ces positions sont profondément ancrées. Elles ne disparaîtront pas sous l’effet d’une injonction extérieure. Mais elles ne doivent pas non plus condamner les deux sociétés à une confrontation permanente. Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’avait-il pas invité le président algérien à en discuter, loin du parasitage international, dans le cadre d’une relation bilatérale entre frères? Bien sûr, fidèle à la position du régime militaire algérien, il ne donna pas suite. Cela aussi, les membres du Conseil de sécurité devraient le savoir et en tenir compte.

Le véritable courage politique consisterait à reconnaître qu’une solution négociée ne représente pas nécessairement une défaite. Elle peut devenir le point de départ d’une nouvelle relation régionale. C’est à cela que Sa Majesté n’a cessé d’appeler. Encore faut-il que les dirigeants de l’état profond algérien, c’est-à-dire les militaires, acceptent de faire de la paix un objectif politique en soi, plutôt qu’un discours destiné à la scène internationale.

L’heure des responsabilités

Cinquante ans après le début du conflit, la communauté internationale doit regarder la réalité en face. Le dossier du Sahara marocain ne manque ni d’histoire, ni de juristes, ni de diplomates, ni de résolutions. Il manque d’une volonté politique algérienne suffisamment, intrinsèquement réaliste, forte pour transformer les positions antagonistes en un accord durable.

Le Maroc défend sa souveraineté et propose l’autonomie. Le Polisario revendique l’indépendance. L’Algérie soutient cette revendication et affirme défendre le droit à l’autodétermination, car cela arrange ses visées. Ces positions doivent être examinées dans leur réalité, sans caricature ni complaisance.

Une évidence demeure donc. Aucun règlement durable ne pourra être construit sans traiter sérieusement le rôle de l’Algérie et sans l’amener à contribuer effectivement au compromis recherché.

Le Conseil de sécurité dispose aujourd’hui d’un cadre renouvelé pour les négociations. Il doit s’en servir pour obtenir des engagements concrets, fixer des objectifs diplomatiques lisibles et évaluer les avancées, plutôt que de laisser le processus s’enliser dans la répétition des mêmes désaccords.

Il ne s’agit pas de demander aux Nations unies de proclamer un vainqueur. Il s’agit de leur demander de rendre possible une paix qui ne soit plus constamment reportée.

Car, au-delà du Sahara, c’est l’avenir du Maghreb qui est en jeu. Une région ne peut prétendre jouer pleinement son rôle en Afrique et en Méditerranée lorsqu’elle demeure paralysée par la position de l’Algérie seule.

La vraie question n’est donc plus seulement de savoir quelle solution permettra de régler le conflit. Elle est de savoir si l’Algérie, concernée au premier chef, est enfin prête à accepter une solution.

Cinquante ans ont passé. Des générations ont attendu. Des ressources ont été englouties. Des occasions ont été perdues. Il est temps que la communauté internationale cesse de mesurer son action au nombre de réunions organisées et commence à la mesurer aux résultats obtenus.

La paix en Afrique ne peut plus être une promesse sans échéance. Elle doit devenir un objectif politique assumé, une responsabilité partagée et une exigence historique.

Feu Hassan II disait le 6 novembre 1975 que «le Sahara est dans son Maroc et le Maroc est dans son Sahara».

«Le Maroc restera dans son Sahara et le Sahara restera dans son Maroc, jusqu’à ce que Dieu hérite de la terre et de tout ce qu’elle porte» dira Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans son discours prononcé à l’occasion du 39ème anniversaire de la Marche verte. Ce fut en 2014.

Par Aziz Daouda
Le 12/10/2026 à 16h44