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Le grand ascenseur émotionnel d’Alger
Parce qu’inattendu, le veto russe avait provoqué une immense satisfaction au sein du régime algérien. Surtout que cette démarche russe avait été précédée par une intense activité diplomatique algérienne auprès de Moscou, dans laquelle Alger aurait fait d’immenses cadeaux aux Russes.
Les frontières avant les frontières: du seuil à la ligne
L’histoire récente montre que les humains ont de plus en plus besoin de décider ensemble. Les Nations unies, les accords sur le climat, les institutions régionales esquissent des formes de décision commune, imparfaites mais nécessaires. Par Mohamed Métalsi, urbaniste, docteur en esthétique, historien d’art, chercheur, ancien directeur des actions culturelles de l’Institut du monde arabe de Paris et ancien doyen de la Faculté Euromed des SHS de Fès.
Sahara Marocain: cinquante ans d’impasse, l’heure des responsabilités a sonné
Il est des conflits qui résistent au temps. Et il en est d’autres que le temps ne parvient pas à résoudre parce que certains acteurs ont davantage intérêt à les entretenir qu’à les voir disparaître. Le dossier du Sahara marocain, dit «occidental», appartient, à bien des égards, à cette seconde catégorie.
Archives militaires de Vincennes. Ep. 14. Le Sahara oriental, une «dépendance du Maroc» placée sous sa «suzeraineté»
Une note militaire consacrée au chemin de fer qui devait unir l’Algérie française à l’Afrique centrale expose un programme de rupture des liens entre le Maroc et le Sahara oriental. Ses deux auteurs, hauts gradés de l’armée française, parlent de «suzeraineté» marocaine, envisagent d’en priver le Sultan et proposent de soumettre les oasis par des auxiliaires. Derrière la protection d’une voie ferrée se dessine une ambition continentale: ouvrir depuis l’Algérie les routes du Niger et contribuer à l’unification d’un empire colonial jusqu’à l’Afrique centrale.
Diapos. «Note sur les moyens de protéger la construction et le parcours d’un chemin de fer Transsaharien». Le Sahara oriental, une «dépendance du Maroc» placée sous sa «suzeraineté»
Archives militaires de Vincennes. Ep. 11. Sahara oriental: la souveraineté marocaine effacée
Des chefs qui se déclarent sujets du Sultan, une délégation envoyée à Meknès, des agents marocains qui recensent les oasis et prélèvent des tributs: l’archive française intitulée «Le Touat» accumule les manifestations d’une souveraineté qu’il s’emploie pourtant à disqualifier. Derrière les mots d’«intrigues», d’«agitation» et de «rattachement nominal», son véritable objectif apparaît: nier l’autorité chérifienne et lui substituer une domination française, indispensable au projet d’un empire reliant l’Algérie au Soudan.
Diapos. Archives militaires de Vincennes. Ep 11. «Touat»
Archives militaires de Vincennes. Ep 10. 1891: le plan d’invasion du Sahara oriental
Un document de l’état-major français dévoile le projet d’une expédition contre le Gourara, le Touat et le Tidikelt. Dans cette dépêche du 21 mai 1891, Charles-Louis de Freycinet, ministre de la Guerre, envisage la stratégie à déployer, précise son itinéraire et prévoit une occupation permanente. Le moteur de cette offensive projetée est explicitement désigné: empêcher le Sultan du Maroc de revendiquer son autorité sur les oasis. Derrière les précautions diplomatiques et la recherche d’alliés locaux apparaît une entreprise de conquête dirigée contre l’enracinement saharien de l’Empire chérifien.
Archives militaires de Vincennes. Ep 10. 1891: le plan d’invasion du Sahara oriental
Le passeport comme horizon de la «libération»: l’étrange paradoxe postcolonial de certains de ses promoteurs
La proposition visant à faciliter l’octroi de la nationalité espagnole aux personnes originaires du Sahara et à leurs descendants relève pleinement de la souveraineté de l’État espagnol. L’Espagne est libre de déterminer les conditions d’accès à sa citoyenneté et d’élargir les droits de ceux qu’elle souhaite en faire bénéficier. La contradiction ne réside donc pas dans la mesure elle-même, mais dans le discours de certains de ses promoteurs, qui cherchent à la transformer en «réparation historique», en acte de décolonisation et en validation indirecte d’une revendication territoriale.