Les quelque 19.000 avocats que compte le Maroc ont repris provisoirement ce mercredi 7 octobre leur travail dans les tribunaux du Royaume.
Cette reprise avait été décidée par L’Association des barreaux du Maroc (ABM), afin de pouvoir engager le dialogue avec le futur gouvernement issu des législatives du 23 septembre. Les avocats reprochent à la loi portée par le Garde des Sceaux Abdellatif Ouahbi de porter atteinte à leur indépendance.
La cheffe du futur gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, a débuté cette semaine le deuxième round de concertations avec les partis politiques en vue de former la prochaine équipe gouvernementale. Et l’ABM décidera des actions à mener ces prochains jours.
Rencontré au palais de Justice de Hay Riad, l’avocat Abid Eddine Lotfi Abderrahman, du barreau de Rabat, a confirmé le gel de la grève conformément à «une décision de l’Association des barreaux du Maroc. Les prochaines actions seront déterminées par l’Association, seule organe à gérer cette crise».
La reprise provisoire a concerné les plaidoiries sous toutes leurs formes, y compris dans le pénal au profit des prévenus en détention provisoire.
Selon des avocats, Aziz Rebbah, président du barreau de Rabat, aurait estimé que «la reprise du travail ne constitue nullement un recul par rapport à la voie de lutte que nous avons choisie, ni un renoncement, ni une acceptation de fait de la situation, encore moins une incapacité à poursuivre la défense de notre profession. Bien au contraire, cette reprise constitue le point de départ de nouvelles formes de mobilisation sur le terrain».
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Selon lui, le barreau de Rabat «restera fidèle aux orientations du Bureau de l’Association des barreaux du Maroc». Interrogé, un justiciable a salué cette reprise qui lui «a permis de régler ses problèmes restés en suspens depuis juin».
Cette reprise met donc un terme à la multiplication des reports d’audiences qui constitue l’une des principales conséquences du mouvement. Les dossiers pénaux, civils, commerciaux, sociaux ou familiaux sont concernés, avec des situations particulièrement sensibles lorsque des personnes sont détenues dans l’attente de leur jugement ou lorsque les procédures touchent à des questions familiales ou financières urgentes.
La situation a également suscité l’inquiétude des magistrats du parquet. Dans une correspondance datée du 29 juillet, le procureur général du Roi près la cour d’appel de Settat avait alerté sur une «quasi-paralysie» dans le traitement des affaires, conséquence du refus d’assurer la défense des justiciables.




