Réuni dimanche à Rabat, le bureau exécutif de l’Association nationale des barreaux du Maroc (ABM) a décidé de surseoir à son mouvement de grève afin de saisir l’opportunité du débat rendu possible avec l’élection d’une nouvelle Chambre des représentants à la faveur des législatives du 23 septembre. Dans son communiqué, l’ABM dit préserver l’indépendance de la profession dans le cadre du système judiciaire du pays.
La journée du 7 octobre, choisie pour le retour «provisoire» des robes noires dans les différents tribunaux, intervient à la veille de l’ouverture de la prochaine session d’octobre de la Chambre des représentants, prévue le 8 octobre et traditionnellement présidée par le roi Mohammed VI.
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D’ici là, l’ABM a décidé de poursuivre l’arrêt de ses services à travers tout le pays tout en précisant que «la suspension de la grève ne signifie nullement un abandon des revendications des avocats ni une acceptation des dispositions de la loi faisant l’objet du différend».
Selon l’association, le choix de la suspension provisoire, à partir de cette date, revêt une grande portée constitutionnelle et interviendra après les législatives qui verront la formation d’une nouvelle majorité gouvernementale. «Le nouvel exécutif assumera la responsabilité de la mise en œuvre des grandes orientations du pays conformément à la vision de Sa Majesté le Roi».
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L’ABM estime aussi que le débat autour de la loi encadrant la profession d’avocat restera ouvert jusqu’à la satisfaction des revendications professionnelles dans le cadre d’un système judiciaire et de l’État de droit. La grève illimitée que les 18.000 avocats ont entamée en juin a pénalisé les justiciables et les prisonniers en détention provisoire en paralysant les tribunaux et les services.
Les robes noires dénoncent la nouvelle loi sur l’organisation de leur métier qui, selon elles, réduit l’indépendance de la profession au profit du parquet et du ministère de la Justice. Elles rejetaient certaines dispositions qui autorisent le contrôle de leurs fonds par la Cour des comptes, la réduction des attributions des bâtonniers, l’ouverture des cabinets d’avocats étrangers ainsi que le transfert de la formation des avocats stagiaires au ministère de la Justice.




