Terrorisme: l’étau américain se resserre davantage sur le Polisario

Le siège du Capitole américain.

Le siège du Capitole américain.

Une nouvelle proposition de loi transpartisane, introduite à la Chambre des représentants par les élus Ronny Jackson et Josh Gottheimer et ayant déjà recueilli six signatures clés, réclame le classement du Front Polisario sur la liste des Organisations terroristes étrangères (FTO) en raison de ses liens avec l’Iran. Soutenue par des républicains et des démocrates, cette initiative vient consolider les offensives législatives menées par Joe Wilson à la Chambre et Ted Cruz au Sénat. Cet étau politique et juridique à Washington se resserre à un moment critique, alors que la milice de Tindouf s’enferme dans le refus de toute négociation.

Le 03/08/2026 à 15h47

Un nouveau front politique et législatif vient de s’ouvrir au Capitole à l’encontre de la milice du Polisario. Alors que le groupe séparatiste tente d’obstruer le processus diplomatique sous l’égide des Nations unies, les initiatives s’accumulent à Washington pour obtenir son classement officiel sur la liste des Organisations terroristes étrangères (FTO).

Le 30 juillet dernier, le représentant républicain Ronny Jackson (Texas) et son collègue démocrate Josh Gottheimer (New Jersey) ont introduit conjointement un nouveau Polisario Front Terrorist Designation Act. Cette proposition de loi exhorte le secrétaire d’État américain à désigner formellement le Polisario comme organisation terroriste à l’issue d’une évaluation approfondie de ses connexions avec le régime iranien et ses relais régionaux. Le texte a immédiatement recueilli six signatures d’appui, reflétant un équilibre politique entre républicains et démocrates.

Liste de cinq co-sponsors de la nouvelle proposition de loi, auxquels s'ajoutent Josh Gottheimer.

«Pendant trop longtemps, l’Iran et ses proxies terroristes, comme le Hezbollah, ont utilisé le Front Polisario pour projeter l’instabilité en Afrique de l’Ouest», a déclaré le représentant Ronny Jackson, insistant sur la nécessité pour l’administration d’enquêter et de neutraliser ces réseaux. De son côté, le représentant Josh Gottheimer a rappelé la gravité de la situation. «Quand un groupe reçoit des drones et des armes du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) et se coordonne avec des terroristes soutenus par l’Iran, nous devons le nommer pour ce qu’il est: une organisation terroriste. Faire face à l’Iran et à ses proxies n’est pas une question partisane», a-t-il souligné.

Consolidation de la dynamique

Cette initiative conjointe Jackson-Gottheimer vient renforcer une offensive parlementaire déjà bien structurée sur deux fronts au Congrès. Initié par le républicain Joe Wilson, un projet de loi équivalent enregistre une montée en puissance continue. Le texte rassemble désormais 16 co-parrains, avec les adhésions récentes de poids de Scott DesJarlais (figure conservatrice influente) et de Matt Van Epps (ancien commandant des opérations spéciales et diplômé de West Point). Le texte cible explicitement les livraisons de drones iraniens (IRGC) au Polisario et le partage de renseignements et la coopération opérationnelle militaire dans la zone sahélo-saharienne.

Liste des co-sponsors de la proposition de loi de Joe Wilson.

Au Sénat, le projet S. 4063 porté par Ted Cruz, Tom Cotton et Rick Scott gagne également du terrain, ayant récemment enregistré le soutien du sénateur David McCormick (4ème co-sponsor de poids). Le texte sénatorial impose un mécanisme contraignant. Si la coopération entre la milice de Tindouf et Téhéran est confirmée, le secrétaire d’État doit appliquer automatiquement de lourdes sanctions financières, le gel des avoirs et des interdictions de voyager.

Liste des co-sponsors de la proposition de loi de Ted Cruz.

L’offensive du Capitole intervient au moment même où la milice de Tindouf adopte une posture de blocage diplomatique. Alors que la communauté internationale a acté la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, consacrant l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine comme la seule et unique solution au conflit, et que les États-Unis ont réussi à réunir autour de la table des négociations les quatre parties au conflit, y compris l’Algérie, le Polisario tente un retour en arrière.

Ce blocage s’explique par deux facteurs majeurs. D’un côté, la peur de l’auto-effacement. L’aboutissement des négociations sur la base du plan marocain scelle la fin politique du Polisario, de ses rentes financières et de sa représentativité. De l’autre, le double jeu d’Alger. Incapable d’assumer une confrontation directe avec Washington, après avoir plié et participé aux négociations, le régime algérien instrumentalise son proxy pour tenter de paralyser le processus et gagner du temps.

En optant pour la fuite en avant et le rejet du cadre onusien, le Polisario s’isole davantage. Pendant que Washington explore déjà des alternatives représentatives comme le Mouvement Sahraoui pour la Paix (MSP), dont la direction a récemment été reçue par l’ambassadeur américain aux Nations unies Mike Waltz, le Congrès s’apprête à porter le coup de grâce juridique.

Par Tarik Qattab
Le 03/08/2026 à 15h47