Conflits d’intérêts, carburants, subventions, retraites... Les principales priorités du prochain gouvernement, selon Ahmed Touizi, élu du PAM

Ahmed Touizi, député PAM de la circonscription d'Al Haouz.

Invité de la chaîne de télévision 2M, Ahmed Touizi, chef du groupe parlementaire sortant du PAM, a esquissé les grandes lignes de l’orientation sociale et politique du gouvernement El Mansouri pour la formation duquel les concertations se poursuivent.

Le 08/10/2026 à 15h00

«Il est peu probable que le gouvernement soit constitué» la veille de l’ouverture par le Roi des travaux de la nouvelle Chambre des représentants, a estimé Ahmed Touizi interrogé par 2M.

La cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, devra en premier lieu, poursuit le dirigeant du PAM, constituer sa majorité, établir un programme commun puis s’atteler à la répartition des portefeuilles. S’exprimant en son nom personnel, il a ajouté que «l’essentiel est que nous ayons un gouvernement avant la date butoir du 20 octobre correspondant à la présentation du projet de loi de finances 2027».

Ahmed Touizi, chef du groupe parlementaire sortant du PAM, a par ailleurs confirmé que la future majorité sera composée de partis politiques ayant fait partie de la Koutla. Cette expérience avait réuni en 1998 des partis politiques à vocation «démocratique et sociale», comme l’USFP, le PPS et d’autres formations.

L’élu de la circonscription d’Al Haouz croit savoir que Fatima Ezzahra El Mansouri souhaiterait reconduire cette expérience avec le PAM, l’USFP, le PPS et le MP. Ce bloc disposerait d’une majorité de 207 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants.

Une fois constitué, quelles seront les priorités du prochain gouvernement? A cette question, l’invité de 2M a rappelé que c’est à la cheffe du gouvernement de définir les lignes politique et sociale de la future majorité mais déclare que «des mesures fortes vont être annoncées dans la foulée de la prise de fonction de l’Exécutif».

«Nous devons au préalable faire preuve de crédibilité par l’instauration d’une loi interdisant les conflits d’intérêts, et l’obligation de la déclaration des biens et du patrimoine des responsables», a-t-il souligné tout en soulignant la nécessité d’un «réajustement des taxes sur les bénéfices générés par le commerce des carburants».

Le système de la compensation tel que pratiqué actuellement «doit être révisé de sorte que le soutien des prix de certains produits bénéficient prioritairement aux plus démunis et pas aux autres».

Le dirigeant du PAM a enfin évoqué la possibilité d’une loi plus stricte sur le contrôle des sociétés de carburants au Maroc et la constitution «impérative» d’un stock stratégique de carburants qui couvre six mois de consommations.

Le chef du groupe parlementaire sortant du PAM a également évoqué «la révision du système d’aide directe aux plus démunis ainsi que la revalorisation des pensions de retraite à au moins 3.000 dirhams».

Par Mohamed Chakir Alaoui
Le 08/10/2026 à 15h00