Maroc-Espagne: «certains milieux politiques et médiatiques espagnols persistent à instrumentaliser le Royaume», estime le chercheur Badr Zaher El Azrak

Badr Zaher El Azrak, chercheur universitaire. (Y.MannanLe360)

Le 13/09/2026 à 14h04

VidéoCertains milieux espagnols, notamment à l’extrême droite, se trompent en s’attaquant au Maroc, un pays africain qui a toujours occupé une place importante dans les relations bilatérales, estime le chercheur universitaire Badr Zaher El Azrak. Selon lui, l’histoire, la géographie, l’économie et la coopération sécuritaire imposent aux deux pays une relation stratégique qui dépasse les surenchères politiques conjoncturelles.

Certains milieux espagnols, notamment à l’extrême droite, se trompent en s’attaquant au Maroc, car ce pays africain a occupé et continue d’occuper une place importante sur l’échiquier des relations bilatérales, a estimé le chercheur universitaire Badr Zaher El Azrak.

Commentant ces relations, dans la foulée de ce qui est décrit comme la crise migratoire de Ceuta et Melilla survenue en juillet, le chercheur a d’abord rappelé, dans un aperçu historique, que les deux villes marocaines occupées «sont passées sous le giron espagnol entre 1497 et 1640».

Au-delà des liens historiques qui ont uni les deux pays, la géographie a également contribué à intensifier cette relation, explique Badr Zaher El Azrak, soulignant que «les échanges économiques et humains ont été féconds entre les deux parties».

Le professeur à l’Université de Mohammedia rappelle, à ce titre, les derniers chiffres des échanges commerciaux entre le Maroc et l’Espagne. Ceux-ci ont atteint 12,22 milliards d’euros au cours du premier semestre 2026. Les exportations espagnoles se sont élevées à environ 6,42 milliards d’euros, en progression par rapport à l’année précédente, tandis que les importations espagnoles en provenance du Maroc ont dépassé 5,8 milliards d’euros.

Le développement du nord du Maroc «n’est pas du goût» de certains milieux, ajoute le chercheur, en évoquant notamment la montée en puissance des grandes infrastructures portuaires marocaines sur la façade méditerranéenne, en particulier Tanger Med et Nador West Med.

Selon lui, le dernier communiqué du Maroc sur les relations maroco-espagnoles témoigne de la sincérité et de l’engagement du Royaume envers un partenaire stratégique.

Que dit ce communiqué? «Le Royaume du Maroc a souverainement choisi de s’inscrire, avec le Royaume d’Espagne, dans une relation de bon voisinage géographique, d’entente politique, de partenariat économique et de coopération sécuritaire, une nouvelle étape dans les relations, sur la base des principes essentiels du respect mutuel, de la confiance réciproque et du dialogue permanent».

Le texte ajoute que «c’est grâce à cette approche que les deux pays ont réussi à cultiver avec volontarisme ce qui les unit, et à circonscrire leurs divergences pour les traiter avec sérénité et respect».

La même source poursuit en soulignant que «des résultats tangibles ont ainsi été obtenus, notamment aux niveaux économique, l’Espagne étant le premier partenaire économique du Maroc, tandis que le Royaume est le deuxième partenaire commercial de l’Espagne hors Union européenne, et de la coopération sécuritaire, des vies ayant été sauvées et des réseaux terroristes et criminels démantelés, souvent au prix de dégâts humains et matériels subis par les forces marocaines».

Par ailleurs, le Maroc considère que la coopération migratoire «a toujours été coordonnée et efficiente». Le Royaume estime que «les événements regrettables de juillet dernier nécessitent certainement un examen approfondi pour définir leurs circonstances et garantir qu’ils ne se reproduisent plus».

Rabat regrette, selon le communiqué, que «certains milieux politiques et médiatiques espagnols persistent à instrumentaliser le Royaume dans un agenda interne».

Le texte souligne enfin qu’il est «particulièrement affligeant que des partis historiques, pourtant rompus à la gestion gouvernementale, aient pu tomber dans ce marécage où la surenchère l’emporte sur le bon sens».

Pour Badr Zaher El Azrak, les attaques visant le Maroc depuis certains milieux espagnols relèvent davantage de calculs politiques internes que d’une lecture lucide des rapports entre Rabat et Madrid. Entre voisinage géographique, échanges économiques, coopération sécuritaire et gestion migratoire, la relation entre les deux pays repose sur des intérêts profonds que les surenchères partisanes ne sauraient effacer.

Par Mohamed Chakir Alaoui
Le 13/09/2026 à 14h04