Le Maroc a dépassé l’Afrique du Sud pour devenir la quatrième destination d’investissement la plus attractive du continent, selon la dernière édition du classement «Where to Invest in Africa», publiée par Rand Merchant Bank (RMB), filiale du groupe sud-africain FirstRand et reprise notamment le prestigieux média Bloomberg.
Dans son rapport publié mardi 27 octobre 2026, RMB attribue cette progression à plusieurs années d’industrialisation, à la diversification des exportations et aux investissements dans les infrastructures, rapporte Bloomberg. Le Royaume s’est notamment imposé comme l’un des principaux pôles manufacturiers africains, grâce en particulier à la montée en puissance de son industrie automobile, tout en préservant sa stabilité macroéconomique et en attirant des investissements directs étrangers substantiels.
Le secteur automobile illustre cette transformation. En 2024, le Maroc est devenu pour la première fois le premier producteur de véhicules du continent, avec près de 614.000 unités, contre environ 591.000 pour l’Afrique du Sud, selon les données attribuées à Fitch Solutions.
Ce basculement est le résultat d’une stratégie industrielle déployée sur plus de quinze ans. Le Maroc a développé un écosystème articulé autour de deux grands constructeurs, Renault à Casablanca et Tanger, et Stellantis à Kénitra, ainsi que d’un réseau de fournisseurs spécialisés dans le câblage, les pièces mécaniques, les moteurs et les équipements intérieurs. Les objectifs d’expansion des deux constructeurs et les projets liés à l’électrification constituent de nouveaux leviers de croissance.
Le Maroc en tête des exportations de véhicules
À l’inverse, l’industrie automobile sud-africaine doit composer avec des difficultés logistiques, notamment dans les ports et le fret ferroviaire, ainsi qu’avec la progression des importations. Ces contraintes pèsent sur la compétitivité de son appareil productif.
La domination du Royaume se confirme sur le front des exportations. En 2025, le Maroc a exporté 454.443 véhicules, contre 414.271 pour l’Afrique du Sud. Les deux pays demeurent les principaux exportateurs de véhicules du continent, avec une répartition respective de 52,31% et 47,69% des volumes exportés.
Le taux d’exportation de la production marocaine atteint 90,53%, contre 67,02% pour son concurrent sud-africain. Le modèle industriel marocain repose ainsi largement sur les marchés extérieurs, en particulier européens, qui absorbent environ 80% des expéditions marocaines.
Les véhicules fabriqués au Maroc sont commercialisés dans plus de 70 pays. Parmi les modèles produits localement figurent notamment les Dacia Sandero et Logan, la Renault Kardian, la Peugeot 208 ainsi que les petits véhicules électriques Citroën Ami et Opel Rocks-e.
Cette orientation vers l’exportation permet au secteur de contribuer directement à la diversification des débouchés commerciaux du Royaume.
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L’industrie automobile constitue le premier secteur exportateur du Maroc. En 2025, ses ventes à l’étranger ont atteint 154,4 milliards de dirhams (MMDH), soit 32,94% des exportations totales du Royaume, évaluées à 469,07 MMDH.
Le secteur devance ainsi les phosphates et dérivés, dont les exportations se sont élevées à 99,8 MMDH, et l’agroalimentaire, avec 86,83 MMDH.
La structure des exportations automobiles témoigne de la diversité de l’écosystème industriel marocain. Les véhicules représentent 61,3 MMDH, tandis que le câblage génère 57,8 MMDH. Les activités liées aux groupes motopropulseurs et aux pièces de moteurs pèsent 25,8 MMDH, et les équipements intérieurs et sièges, 9,6 MMDH.
Cette diversification distingue le modèle marocain d’une industrie limitée à l’assemblage final. Elle renforce le rôle des équipementiers dans la chaîne de valeur et contribue à l’intégration industrielle du Royaume.
Plusieurs facteurs structurels soutiennent cette dynamique. La proximité géographique avec l’Union européenne, les accords de libre-échange conclus avec de nombreux partenaires et les infrastructures logistiques constituent des atouts pour les constructeurs et les équipementiers installés au Maroc.
Le port Tanger Med occupe une place centrale dans ce dispositif. En 2025, ses deux terminaux dédiés aux véhicules ont manutentionné 327.569 véhicules Renault et 126.874 véhicules Stellantis.
Reprise des exportations automobile en 2026
À ces avantages s’ajoutent les incitations à l’investissement et la stabilité du cadre industriel. Le développement des capacités de production de véhicules électriques représente également un enjeu stratégique, alors que les constructeurs accélèrent la transformation de leurs gammes.
Après le recul des exportations marocaines de véhicules en 2025, marqué notamment par une demande mondiale atone et des problèmes techniques chez Stellantis, les indicateurs du début de 2026 font état d’un redressement.
À fin aout 2026, les exportations du secteur ont progressé de 14,5%, s’élevant à 116,14 MMDH, suite principalement, à la hausse des ventes du segment de la construction (+19%), du segment du câblage (+13,9%) et du segment de l’extérieur (+43,6%).
Cette reprise intervient alors que le Maroc dispose d’une capacité industrielle installée d’environ un million de véhicules et d’un écosystème couvrant plusieurs activités, de la fabrication automobile au câblage, en passant par les composants mécaniques et les équipements intérieurs.
Le classement de RMB souligne ainsi l’importance de cette transformation industrielle dans l’attractivité du Royaume. Le maintien de cette position dépendra de la capacité du Maroc à consolider ses acquis, à accompagner la transition vers l’électrique et à préserver la compétitivité de ses exportations sur les marchés internationaux.




