Fête du Travail: à Rabat, les syndicats fustigent la passivité du gouvernement face à la vie chère

Forte mobilisation des syndicats dans les rues de Rabat pour dénoncer la vie chère et défendre le pouvoir d’achat, le 1er mai 2026. (Y.Mannan/Le360)

Le 01/05/2026 à 15h00

VidéoÀ l’occasion de la Fête du Travail, les principales centrales syndicales ont investi la rue pour dénoncer la flambée des prix et interpeller le gouvernement sur l’urgence de mesures en faveur du pouvoir d’achat. À Rabat, les cortèges ont remis au premier plan les revendications salariales et sociales dans un contexte de tensions économiques persistantes.

À l’occasion de la Fête du Travail, célébrée ce vendredi 1er mai, les principales centrales syndicales ont mobilisé leurs bases dans plusieurs villes du Royaume pour exprimer leur mécontentement face à la dégradation du pouvoir d’achat et à la hausse persistante du coût de la vie. À Rabat, les sections régionales de l’Union marocaine du travail (UMT) et de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) ont organisé une marche revendicative au départ de Bab El Had, empruntant l’avenue Hassan II puis l’avenue Mohammed V, en passant par la place de la Grande Poste et le siège du Parlement.

Les organisations syndicales ont unanimement dénoncé ce qu’elles qualifient d’«incapacité du gouvernement à endiguer la flambée des prix et à préserver le pouvoir d’achat des citoyens». Les manifestants ont brandi des pancartes appelant à la revalorisation des salaires et des pensions de retraite, ainsi qu’au respect des libertés syndicales et des acquis sociaux.

Pour Fatiha Khourtal, conseillère parlementaire de l’UGTM, cette mobilisation constitue un moment clé pour porter les revendications de la classe ouvrière et défendre ses acquis. Elle souligne que cette édition se tient sous le slogan «Unis et résilients pour un Maroc émergent et équitable».

De son côté, Youssef Makouri, secrétaire régional de l’UMT, a rappelé le rôle historique de son organisation dans la défense des intérêts des travailleurs, tout en soulignant que cette célébration intervient dans un contexte national marqué par une érosion significative du pouvoir d’achat, affectant en premier lieu la classe laborieuse dans toute sa diversité.

Selon lui, cette situation résulte d’une hausse des prix «excessive et difficilement justifiable», pointant une responsabilité de l’Exécutif dans l’insuffisance des mesures de régulation.

En réponse, le ministre de l’Intégration économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a indiqué, dans son message à l’occasion de la Fête du Travail, que le gouvernement a mobilisé, durant son mandat, une enveloppe globale de 49,7 milliards de dirhams dédiée à la revalorisation salariale, toutes catégories confondues.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 01/05/2026 à 15h00