Flambée des prix: ce qu’il faut retenir des éclaircissements de Nadia Fettah à la Chambre des représentants

Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des Finances. (Y.Mannan/Le360)

Interpellée ce lundi au Parlement lors de la séance des questions orales, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a défendu la politique du gouvernement face à la hausse des prix. Attribuant l’inflation aux chocs climatiques et à l’envolée des carburants, elle a rappelé la mobilisation de 110 milliards de dirhams pour soutenir le pouvoir d’achat. Les détails.

Le 28/04/2026 à 09h49

Lors de son intervention au Parlement, ce lundi 27 avril, Nadia Fettah a d’emblée souligné que le Maroc subit une vague exceptionnelle de hausse des prix, provoquée par un enchaînement de facteurs majeurs: des années de sécheresse persistante, des inondations dévastatrices ayant touché plus de 110.000 hectares de terres agricoles, ainsi que l’envolée du prix des carburants. C’est cet engrenage qui explique mécaniquement, d’après la ministre, la hausse des prix sur les étals.

Un budget de 110 milliards de dirhams pour amortir le choc

Pour faire face à cette crise, la ministre a rappelé que l’État a mobilisé une enveloppe massive de plus de 110 milliards de dirhams destinée au soutien des produits de base. Ce dispositif global comprend également une réforme fiscale pensée pour alléger la pression du coût de la vie, un renforcement des mécanismes de contrôle des marchés, ainsi qu’un soutien spécifique de 10 milliards de dirhams aux agriculteurs.

Cependant, Nadia Fettah a précisé qu’il fallait également regarder la situation sous l’angle du pouvoir d’achat. Tout en reconnaissant que les prix cités par les intervenants — la tomate à 15 dirhams, l’oignon à 10 dirhams, la viande à 140 dirhams et les lentilles à 18 dirhams — constituent une «vérité économique» indéniable, elle a affirmé: «On n’a jamais dit que ce qu’a fait le gouvernement est suffisant». Elle a martelé que l’exécutif assume sa responsabilité en refusant les solutions de facilité: «Nous ne prendrons pas de décisions faciles, car nous ne voulons pas rayer l’avenir des enfants des Marocains».

Des réformes structurelles

Par ailleurs, Nadia Fettah a mis en avant les leviers activés pour renforcer directement le budget des ménages, citant notamment la revalorisation du SMIC et le déploiement des allocations sociales. Selon la ministre, ces réformes d’envergure exigent un financement durable, particulièrement pour sécuriser des secteurs vitaux comme celui de l’eau, dont les besoins en investissements sont jugés colossaux.

En présentant ces hausses de revenus et ces projets structurants comme des remparts indispensables à la protection des citoyens, la responsable gouvernementale a réitéré la volonté de l’exécutif de ne pas se réfugier derrière les seuls indicateurs chiffrés, affirmant assumer pleinement la responsabilité de ses choix économiques face à la conjoncture.

Par Najwa Targhi
Le 28/04/2026 à 09h49