Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a signé, mercredi 29 avril, au nom du Maroc les Accords d’Artemis, lors d’une cérémonie à Rabat qui a réuni autour d’une même table le sous-secrétaire d’État américain, Christopher Landau, et l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Duke Buchan III, faisant du Maroc le 64e pays à adhérer au cadre international encadrant l’exploration spatiale civile. Un moment que l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, n’a pas laissé passer sans mot dire, et dont il a pris soin de mesurer toute la portée, historique autant que stratégique.
«Aujourd’hui, j’ai l’honneur d’accueillir le Royaume du Maroc en tant que plus récent signataire des Accords d’Artemis», a-t-il écrit sur le réseau X. Le Maroc, a-t-il poursuivi, «rejoint une communauté croissante de nations qui travaillent ensemble pour inaugurer une nouvelle ère d’exploration spatiale pacifique, transparente et responsable».
Des mots qui en disent long sur le chemin parcouru depuis 2020, année où les Accords ont été adoptés à l’initiative des États-Unis et de sept pays fondateurs pour encadrer l’exploration spatiale civile selon des principes communs. La transparence entre les signataires, le partage des données scientifiques, l’assistance mutuelle et le respect du droit international existant, notamment pour ce qui concerne l’utilisation des ressources spatiales, en constituent les piliers fondamentaux.
Jared Isaacman ne s’en est pas tenu au présent. Pour saisir ce que représente l’adhésion marocaine, il a remonté le fil de l’histoire entre les deux pays, bien au-delà de la conquête spatiale. «Le Maroc occupe une place unique dans l’histoire américaine en tant que première nation à avoir reconnu les États-Unis en 1777. Ce partenariat précoce a mené au Traité de Paix et d’Amitié, le traité ininterrompu le plus ancien de l’histoire américaine», a-t-il rappelé.
Une relation que la science a prolongée bien avant cette journée. «Cette amitié s’étend dans l’espace par la collaboration de la NASA, qui remonte à 1962 par des échanges techniques», a-t-il précisé. Le Centre marocain de télédétection spatial, cité nommément par Jared Isaacman, fait montre, selon lui, de la maturité des capacités marocaines. L’institution joue «un rôle actif dans l’observation de la Terre et la coopération internationale», des capacités qui, selon le responsable de la NASA, «contribueront à nos efforts communs alors que nous nous préparons à des opérations durables au-delà de la Terre».
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Ce n’est pas un hasard si Jared Isaacman insiste sur le moment précis choisi par le Maroc pour signer. «Le Maroc a adhéré aux Accords d’Artemis à un moment décisif», écrit-il, en référence directe à la mission Artemis II, présentée comme «le premier acte du retour de l’humanité sur la Lune».
La suite du programme est posée sans ambiguïté. «Ce qui vient ensuite est une série de missions qui nous ramèneront à la surface lunaire, non pas seulement pour des drapeaux et des traces de pas, mais pour construire une base et y rester», a-t-il détaillé.
«Nos partenaires joueront un véritable rôle dans cet effort alors que nous alignons nos capacités, avançons avec urgence et livrons les résultats que le monde attend», a affirmé Jared Isaacman, traçant une ligne directe entre l’adhésion d’aujourd’hui et les opérations lunaires de demain.
La dimension politique américaine traverse également sa déclaration. Jared Isaacman a tenu à replacer le programme Artemis sous le sceau de la présidence Trump, lui attribuant la relance de l’ambition lunaire. «Les Accords ont commencé comme un cadre permettant aux nations partageant les mêmes valeurs de se réunir pour l’exploration pacifique de l’espace. Mais aujourd’hui, sous la vision du Président Trump pour une présence durable à la surface lunaire, les partenaires des Accords d’Artemis pourront apporter des contributions significatives à cet effort collectif», a-t-il écrit.
Il a ajouté que «les citoyens de chaque nation d’Artemis joueront un rôle déterminant dans la plus grande aventure de l’humanité», une formule qui dit à la fois l’ambition du programme et la volonté affichée d’y associer des partenaires bien au-delà du seul cercle américain.
Jared Isaacman a conclu sa déclaration sur une note à la fois solennelle et volontariste. «Ensemble, l’Amérique, le Maroc et nos alliés d’Artemis menons l’âge d’or de l’exploration spatiale. Et nous commençons à peine», a-t-il dit.
Le Département d’État américain a, pour sa part, salué l’événement par un communiqué, y lisant la démonstration de la «solidité de l’alliance» entre Washington et Rabat et de son extension au domaine spatial.
«Les États-Unis félicitent le Maroc pour son adhésion aux Accords d’Artemis», a indiqué la diplomatie américaine, soulignant que cette signature reflète «l’engagement du Royaume en faveur d’une exploration spatiale responsable».




