Les images dévoilent de vastes étendues de blé doré arrivées à maturité, prêtes pour la moisson. Dans les champs, les moissonneuses-batteuses sont à l’œuvre, témoignant de la modernisation progressive des exploitations agricoles. Les agriculteurs mettent en avant les gains de temps et l’amélioration des conditions de travail permises par la mécanisation, aujourd’hui incontournable pour accroître la productivité et sécuriser les récoltes.
À Hed Mezoura, Abdelatif observe avec satisfaction les machines qui sillonnent ses parcelles. Pour cet agriculteur, la moisson marque l’aboutissement de plusieurs mois d’efforts et d’attente. «Cette année, nous avons enfin bénéficié de conditions favorables. Les pluies ont été généreuses et les champs ont bien produit. La mécanisation nous permet aujourd’hui de récolter dans les meilleures conditions et d’envisager une campagne particulièrement réussie», confie-t-il. Cette campagne illustre ainsi la transition progressive d’une agriculture traditionnelle vers des modes de production plus performants et mieux adaptés aux exigences actuelles du secteur.
Le blé roi, mais pas seul dans les champs
Si le blé demeure la culture phare de la région, les exploitations de Hed Mezoura se distinguent par une production diversifiée. Lentilles, orge et fèves occupent également une place importante dans les assolements. Les légumineuses, notamment les lentilles et les fèves, contribuent à préserver la fertilité des sols tout en constituant une source de revenus complémentaire pour les agriculteurs. L’orge, quant à elle, est utilisée aussi bien pour l’alimentation humaine que pour le fourrage destiné au cheptel.
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Le blé se décline pour sa part en deux principales variétés: le blé tendre, destiné à la fabrication du pain et des produits de boulangerie, et le blé dur, utilisé pour la production de semoule, de pâtes et de couscous. Cette diversification des cultures permet aux exploitants de mieux répartir les risques liés aux aléas climatiques et aux fluctuations des marchés, tout en valorisant le potentiel agricole de la Chaouia.
Mustapha, agriculteur de la région, en témoigne: «Le blé reste essentiel, mais il n’est pas notre seule ressource. Les lentilles et les fèves occupent une place importante dans nos exploitations et dans l’alimentation des familles. Cette année, les récoltes sont de bonne qualité. Il reste maintenant à espérer que les conditions de commercialisation soient à la hauteur des efforts consentis.»
Des conditions climatiques favorables
Les agriculteurs rencontrés affichent un optimisme rarement observé ces dernières années. Tous saluent des conditions climatiques favorables, marquées par des précipitations abondantes et bien réparties, qui ont permis aux cultures de se développer dans de bonnes conditions. La qualité des récoltes et les perspectives de rendement nourrissent ainsi de grands espoirs pour cette campagne agricole.
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Mustapha résume ce sentiment partagé dans toute la région: «Cela faisait trente ans que nous n’avions pas connu une récolte d’une telle qualité. C’est une véritable bénédiction pour nous et pour toute la Chaouia.» Sur le plan des rendements, il se montre tout aussi enthousiaste: «Pour l’orge, nous atteignons cette année entre 40 et 45 sacs par parcelle, un niveau que nous n’avions plus vu depuis longtemps.» Une performance qui illustre le regain de vitalité du secteur agricole après plusieurs campagnes marquées par la sécheresse.
Les défis persistants
Malgré cette campagne exceptionnelle, les agriculteurs rappellent que les charges de production demeurent particulièrement élevées. Semences, engrais, produits phytosanitaires, mécanisation, transport et commercialisation absorbent une part importante des revenus générés par les récoltes.
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Abdelatif reste prudent face à ces réalités économiques: «Le véritable défi ne se limite pas à produire. Il faut aussi pouvoir écouler sa récolte à un prix rémunérateur. Nous espérons que les circuits de commercialisation seront améliorés afin que les efforts des agriculteurs soient justement valorisés.»
À ces contraintes s’ajoute une pénurie croissante de main-d’œuvre agricole. De plus en plus difficile à mobiliser, celle-ci pousse les exploitants à recourir davantage à la mécanisation, avec pour conséquence une hausse des coûts d’exploitation.
La Chaouia, un pilier de la production céréalière nationale
Englobant notamment les provinces de Settat et les vastes plaines agricoles de Hed Mezoura, la Chaouia demeure l’un des principaux bassins céréaliers du Royaume. Chaque année, le lancement de la campagne de récolte y revêt une forte portée symbolique, tant il reflète la santé d’un secteur stratégique pour l’économie nationale.
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Au-delà de son poids économique, cette région joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement du pays en céréales et fait vivre des milliers de familles directement ou indirectement liées à l’activité agricole. La bonne campagne enregistrée cette année y est donc accueillie comme un signal particulièrement encourageant après plusieurs saisons marquées par les aléas climatiques et le stress hydrique.




