Législatives 2026: les figures qui quittent le Parlement et celles qui y font leur retour

Séance plénière dans l'hémicycle du Parlement du Royaume. 

Séance plénière dans l'hémicycle du Parlement du Royaume.  . DR

Qui retrouvera son siège dans l’hémicycle, qui devra le céder et qui fera son retour au Parlement? Au lendemain des législatives du 23 septembre 2026, les résultats dessinent le visage de la future Chambre des représentants pour la législature 2026-2031. Plusieurs personnalités bien connues de la scène politique quittent l’institution, tandis que d’anciens élus y font leur retour. Tour d’horizon des principaux mouvements.

Le 25/09/2026 à 18h10

Les législatives du 23 septembre ont apporté leur lot de changements à la Chambre des représentants. Arrivé en tête avec 97 sièges, le PAM devance le RNI (66), l’Istiqlal (65) et le PJD (54).

Le scrutin a aussi entraîné un renouvellement parmi les visages de l’hémicycle pour la législature 2026-2031. Plusieurs figures connues de la scène politique ne retrouveront pas leur siège, alors que certains élus ont été reconduits et que d’anciens parlementaires font leur retour.

À Boulemane, l’une des surprises de ce scrutin vient de la défaite de Mohand Laenser. Figure historique du Mouvement populaire et ancien ministre, il n’a pas réussi à conserver son siège dans la circonscription où il se présentait sous les couleurs du MP.

Avec 2.700 voix, il arrive loin derrière Mohamed Chaouki, du RNI, qui décroche la première place avec 13.177 voix. Rachid Hammouni, du PPS, conserve de son côté son siège avec 5.672 voix, tandis que Mohamed El Miri complète la liste des élus avec 2.907 voix.

À Casablanca, l’Istiqlal essuie également un revers à Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi, où le parti détenait un siège depuis 2021. Rachid Afilal, candidat de la formation et fils du défunt dirigeant istiqlalien Abderrazak Afilal, fondateur de l’UGTM, n’est pas parvenu à conserver le siège remporté par le parti lors du précédent scrutin. Avec environ 3.200 voix, il termine à la sixième place, derrière les quatre candidats élus et le Mouvement populaire.

Les quatre sièges de la circonscription reviennent à Abdellatif Harchich, de l’Union constitutionnelle, reconduit, Adil El Bitar, du PAM, réélu pour la troisième fois consécutive, Rachid Ajkini, du PJD, et Hassan Benomar, du RNI. L’Istiqlal perd ainsi toute représentation dans cette circonscription casablancaise.

Autre figure qui ne retrouvera pas l’hémicycle: Abdelhadi Khairat. L’ancien dirigeant de l’USFP, candidat cette fois sous les couleurs du PPS à Settat, n’est pas parvenu à reconquérir le siège qu’il avait occupé par le passé. Avec 2.092 voix, sa liste se classe au-delà des six premières positions ouvrant droit à un siège.

Les six élus de la circonscription sont finalement Othmane Badel, du PAM, arrivé en tête avec 15.016 voix, Larbi Chraïbi, du Parti de l’équité, avec 13.786 voix, Bouchaïb Hamidallah, de l’Istiqlal, avec 12.933 voix, Massoud Oussar, du MDS, avec 9.402 voix, Ali Fadli, du PJD, avec 9.177 voix, et Mohamed Ghiat, du RNI, avec 8.128 voix.

Des retours et de nouveaux visages

À Rabat-Océan, les résultats provisoires consacrent deux trajectoires différentes. Mehdi Bensaid, candidat du PAM, conserve son siège avec 7.386 voix, tandis que Mustapha El Khalfi, ancien ministre et figure du PJD, signe son retour à la Chambre des représentants avec 5.868 voix.

Les deux candidats figurent ainsi parmi les élus de cette circonscription qui comptait également parmi ses prétendants Abdelkrim Benatiq, ancien ministre et figure de l’USFP. Ce dernier n’a toutefois pas réussi à décrocher l’un des quatre sièges en jeu.

Le scrutin marque également le retour de Rim Chabat à la Chambre des représentants. Candidate du Mouvement populaire dans la circonscription de Fès-Nord, elle retrouve l’hémicycle à l’issue de ce scrutin. Son élection figure parmi les sièges revendiqués par le parti au lendemain du vote.

À Taroudant, plusieurs membres du gouvernement sortant parviennent en revanche à conserver leurs sièges. Dans la circonscription de Taroudant-Nord, Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice et candidat du PAM, est reconduit avec 17.580 voix.

Il arrive derrière Lahcen Saadi, du RNI, et Abdelaziz El Bahja, de l’Istiqlal. À Taroudant-Sud, Abdessamad Kayouh, candidat de l’Istiqlal, arrive en tête avec plus de 25.392 voix, confirmant lui aussi son maintien à la Chambre des représentants.

À Sidi Ifni, Mustapha Baïtas, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, conserve lui aussi son siège. Candidat du RNI, il arrive en tête avec 16.760 voix, devant Jamal Sidati, du PAM, qui obtient 15.591 voix.

À Larache, Nizar Baraka, secrétaire général de l’Istiqlal et ministre de l’Équipement et de l’Eau, est également reconduit. Candidat de son parti dans cette circonscription, il obtient 14.001 voix et décroche un nouveau mandat parlementaire.

À Benslimane, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce et candidat de l’Istiqlal, décroche pour sa part le troisième siège de la circonscription. Il arrive derrière Yassine Ouakacha, du RNI, et Karim Ziyadi, du PAM. Il rejoint ainsi les membres du gouvernement sortant qui obtiennent un siège à l’issue du scrutin.

Parmi les nouveaux entrants à l’hémicycle figurent également plusieurs responsables gouvernementaux sortants. À Rehamna, Azzeddine El Midaoui, ministre sortant de l’Enseignement supérieur, faisait ses premiers pas dans la course électorale sous les couleurs du PAM. Il s’est imposé en tête avec 14.832 voix, devant Hamid El Akroud, de l’USFP, crédité de 4.811 voix, et Abdellatif Sandil, du RNI, qui en a obtenu 4.010.

De nouveaux visages font leur entrée au Parlement

La nouvelle législature verra aussi l’arrivée de personnalités issues de parcours éloignés de la politique parlementaire. À Hay Hassani, à Casablanca, l’ancien journaliste et ex-porte-parole du Raja de Casablanca Samir Chaouki décroche son premier mandat sous les couleurs du PJD. Sa liste arrive en tête dans la circonscription avec 8.370 voix.

À Sefrou, c’est une autre personnalité connue du public qui fait son entrée au Parlement. Mustapha Lakhsem, ancien champion de kick-boxing et président de la commune d’Imouzzer Kandar, a été élu sous les couleurs du Mouvement démocratique et social.

Le renouvellement se retrouve également sur les listes régionales. Dans la région de Casablanca-Settat, l’artiste et actrice Fatima Ouchay obtient son premier mandat électif à l’issue de ce scrutin. Tête de liste régionale du PJD, elle recueille 139.708 voix. Elle rejoint notamment Malika Mezzour, du PAM, arrivée en tête avec 157.495 voix, et Nabila Rmili, du RNI, qui obtient 103.132 voix.

Plusieurs parlementaires sortants ont également réussi à conserver leurs sièges, parfois avec des écarts particulièrement importants. À Chichaoua, Hicham El Mhajri, du PAM, s’impose largement avec près de 25.000 voix d’avance sur son plus proche poursuivant. Il confirme ainsi sa performance du précédent scrutin, lors duquel il avait déjà obtenu le plus grand nombre de voix à l’échelle nationale.

À Meknès, Abdellah Bouanou, du PJD, est lui aussi largement reconduit, avec plus de 14.000 voix d’écart sur son principal concurrent. À Ben M’Sik, le secrétaire général de l’Union constitutionnelle, Mohamed Joudar, conserve également son siège avec plus de 8.000 voix. Déjà élu dans cette circonscription lors des deux précédents scrutins, en 2016 et en 2021, il décroche ainsi un nouveau mandat à la Chambre des représentants.

À Tétouan, Ishaq Charia, secrétaire général du Parti marocain libéral et candidat dans la circonscription, ne parvient en revanche pas à décrocher un siège. Au lendemain du scrutin, il a annoncé que son parti n’avait pas atteint le seuil nécessaire pour obtenir une représentation parlementaire.

Par Najwa Targhi
Le 25/09/2026 à 18h10