Grand Format-Le360. Législatives 2026: «En cas de victoire du RNI, le PPS n’envisage aucune coalition gouvernementale», avertit Nabil Benabdallah

Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS (Y.Mannan/Le360).

Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS. (Y.Mannan/Le360)

Le 18/09/2026 à 18h50

VidéoLes 280 milliards de dirhams partis en fumée, le peu reluisant classement Pisa du Maroc sur le suivi des acquis des élèves, le programme électoral de son parti, les tensions autour de Sebta, les prochaines législatives... Invité du Grand Format, Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS, a abordé les sujets d’actualité sans langue de bois et s’en est pris vivement au bilan du gouvernement. Les détails.

Invité de l’émission Grand Format, Nabil Benabdallah, patron du Parti du Livre, a émis l’espoir de remporter une cinquantaine de sièges à la Chambre des représentants, ce qui lui ouvrira la voie à une possible coalition gouvernementale.

Nabil Benabdallah a néanmoins exclu toute coalition avec le parti d’Aziz Akhanouch si ce dernier gagne les élections. Le chef de l’ancien Parti communiste a encore tiré à boulets rouges sur le bilan du chef du gouvernement, dont la politique a aggravé la paupérisation de la société à travers des conflits d’intérêts et des fraqchiyas issus de milieux qui se sont «enrichis aux dépens des classes laborieuses et démunies».

Le chef du PPS est revenu sur les 280 milliards de dirhams alloués par l’État pour soutenir les prix des produits de large consommation et couper l’herbe sous les pieds des fraqchiyas, un montant «sorti pour rien», avait regretté Fouzi Lekjaa, ministre délégué au Budget.

Face à cet échec, notre interlocuteur a réitéré les demandes de son parti de créer une commission d’enquête parlementaire mais «la majorité gouvernementale l’a bloquée et évité toute reddition de comptes». Et d’ajouter que «le refus catégorique de la majorité prouve qu’elle a des choses à cacher».

PISA 2025 ou l’état affligeant du système éducatif public

Le secrétaire général du PPS s’en est vivement pris au bilan du gouvernement, lui reprochant de mauvais résultats dans le secteur de l’éducation. Et ce n’est pas le rapport PISA 2025 (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) qui lui donnerait tort.

Ce programme, mené tous les trois ans par l’OCDE pour mesurer le niveau scolaire des jeunes de 15 ans dans le monde, illustre, selon l’invité du Grand Format, l’état affligeant de notre système éducatif public.

Pour sa troisième participation à cette enquête, le Maroc enregistre en 2025 des résultats parmi les plus faibles au monde en sciences, en mathématiques et en lecture. Le secrétaire général du Parti de gauche a remué le couteau dans la plaie et alerté sur l’urgence d’une véritable réforme de l’enseignement en se basant sur des programmes éducatifs performant et un capital humain formé.

Un programme électoral à 570 milliards de dirhams

À propos du programme électoral, Nabil Benabdellah a réaffirmé qu’il serait basé sur un budget global de 570 milliards de dirhams et des recettes fiscales de 600 milliards de dirhams. Le programme prévoit la création d’un million d’emplois au niveau de divers domaines économiques.

Il a plaidé aussi pour la promotion de la démocratie et de la consolidation des droits de la femme et de la jeunesse en général. Enfin, le numéro un du PPS a évoqué la tension entre l’Espagne et le Maroc, aggravée par la profanation du drapeau marocain par le feu à Madrid lors de manifestations extrémistes «totalement inacceptables», a-t-il réaffirmé. Il a ensuite rappelé que le Maroc est «une nation souveraine et un partenaire stratégique, et non le +gendarme+ de l’Espagne».

Concernant les présides de Sebta et Melilla, Nabil Benabdallah a rappelé qu’ils sont «des territoires historiquement marocains dont le statut devra inévitablement être résolu, la colonisation ne pouvant perdurer».

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 18/09/2026 à 18h50