Selon Military Africa Magazine, qui s’appuie sur une base de données ouverte consacrée au marché africain des drones militaires, couvrant 234 dossiers d’acquisition dans 34 pays africains entre 1980 et 2026, le Maroc s’impose aujourd’hui parmi les acteurs les plus avancés du continent.
L’étude recense un total de 1.959 drones acquis en Afrique durant cette période. Derrière cette dynamique continentale se dessine une réalité plus marquée: l’Afrique du Nord concentre à elle seule 1.026 unités, soit la plus forte concentration régionale du continent.
Au sein de cet ensemble, l’Égypte conserve la première place en volume global avec 313 unités, devant le Maroc (279), le Nigeria (256), l’Éthiopie (136) et l’Algérie (128), selon les données compilées par Military Africa Magazine.
Si l’Égypte conserve un léger avantage en nombre total de drones, le classement change radicalement lorsqu’il s’agit des systèmes les plus sophistiqués.
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Military Africa Magazine indique que le Maroc dispose de 102 drones de classe III (MALE/HALE armés), devant l’Égypte (92), l’Algérie (86), le Nigeria (71), la Libye (40) et l’Éthiopie (36).
Cette catégorie constitue aujourd’hui le cœur des capacités aériennes sans pilote. Ces plateformes sont conçues pour des missions de longue endurance, de surveillance stratégique et, dans certains cas, d’intervention armée.
Ce positionnement place ainsi le Royaume au premier rang africain dans le segment considéré comme le plus avancé technologiquement.
La performance marocaine apparaît d’autant plus notable que le pays dispose d’un parc global inférieur à celui de l’Égypte mais parvient néanmoins à concentrer davantage de systèmes de haute capacité.
Un partenariat israélien qui distingue le Royaume
L’analyse des fournisseurs révèle également une spécificité marocaine. Selon Military Africa Magazine, Israël a livré 325 unités à travers le continent africain. Parmi ces acquisitions, 176 unités ont été destinées au Maroc, principalement à travers les plateformes Wander B et Thunder B.
Le rapport qualifie même cette concentration d’«exceptionnelle», car aucun autre pays africain ne présente un niveau comparable d’intégration des systèmes israéliens recensés dans la base de données. L’Éthiopie arrive loin derrière avec 31 unités, suivie de l’Ouganda (26), de la Zambie (22) et du gouvernement d’union nationale libyen (19).
Cette relation explique pourquoi Israël apparaît comme le principal fournisseur du Royaume dans le profil national établi par Military Africa Magazine.
La comparaison des cinq principaux acquéreurs africains montre des choix stratégiques distincts. L’Égypte domine par la taille de son inventaire avec 313 drones et demeure le principal client africain des fournisseurs chinois, avec 126 unités en provenance de Pékin.

Le Maroc, deuxième du classement général avec 279 unités, se distingue davantage par la qualité et la sophistication de son parc, notamment grâce à ses 102 systèmes MALE/HALE armés, un record continental selon Military Africa Magazine.
Le Nigeria, troisième avec 256 unités, présente le portefeuille le plus diversifié d’Afrique. Le rapport recense 34 types différents issus de 34 programmes d’acquisition, illustrant une stratégie de diversification destinée à éviter une dépendance excessive vis-à-vis d’un fournisseur unique.
L’Éthiopie, avec 136 unités, a fortement développé ses acquisitions dans un contexte de conflit, tandis que l’Algérie ferme le Top 5 avec 128 drones.
L’Algérie derrière le Maroc
Les données compilées par Military Africa Magazine montrent que l’Algérie a engagé des investissements significatifs dans les drones militaires. Alger dispose de 86 drones MALE/HALE armés, ce qui le place derrière le Maroc dans cette catégorie.
Cependant, malgré une proximité géographique et des préoccupations sécuritaires comparables à celles du Royaume, l’écart demeure visible. Le Maroc affiche un inventaire global plus important (279 unités contre 128) et conserve également l’avantage dans la catégorie stratégique des drones armés de longue endurance (102 unités contre 86).
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Cette différence suggère que le Royaume a mené une politique d’acquisition plus soutenue et plus diversifiée au cours des dernières années, tandis que l’Algérie reste davantage dépendante d’un nombre plus limité de programmes recensés dans la base de données.
Au-delà des chiffres, l’étude de Military Africa Magazine illustre une transformation profonde du paysage sécuritaire africain.
Plus de 53% des drones recensés ont été acquis entre 2020 et 2026, période durant laquelle le continent a enregistré 1.054 nouvelles unités.
Cette accélération a favorisé l’émergence de nouveaux rapports de force. Si l’Égypte conserve son statut de premier acquéreur africain en volume total, le Maroc reste désormais comme la référence continentale dans le segment des drones MALE/HALE armés, celui qui concentre les capacités opérationnelles les plus avancées.




