Le prix du kilogramme de viande bovine a atteint des niveaux records, dépassant 140 dirhams dans certaines régions du Maroc. Face à cette hausse, les regards se tournent vers l’importation de bovins et de viandes congelées en provenance de plusieurs pays d’Amérique latine, dont le Brésil et l’Uruguay. Cette piste s’est imposée après les difficultés rencontrées pour importer depuis les pays européens. Des cargaisons importantes de viandes congelées sont attendues à partir d’octobre prochain.
Hicham El Jaouabri, secrétaire régional des négociants en viandes rouges en gros de la région Casablanca-Settat, a ainsi indiqué dans une déclaration pour Le360 que «les préparatifs vont bon train pour garantir l’arrivée de ces cargaisons aux dates prévues». Il précise que les accords «se concentrent principalement avec le Brésil, source principale agréée pour l’approvisionnement en viandes congelées».
Il note que ces opérations sont soumises à des conditions réglementaires précises et à des normes de qualité strictes, imposées par les autorités compétentes, en plus des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée qui pèsent sur les coûts d’importation et de commercialisation.
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Sur le plan technique et logistique, la viande congelée obéit à des contraintes qu’on ne peut en aucun cas négliger, a rappelé Hicham El Jaouabri. Une fois décongelée, elle doit être consommée immédiatement, explique-t-il, précisant qu’il est impossible de prolonger sa conservation ou de la remettre au froid, même brièvement, en raison de sa sensibilité, qui impose une commercialisation et une consommation dans des conditions sanitaires strictes.
Le recours à l’importation de viandes congelées répond à une demande que les professionnels du secteur réclament de longue date, relève-t-il, notant qu’elle correspond à un besoin spécifique et ciblé, exprimé par certains établissements et certaines catégories professionnelles.
Hicham Jaouabri écarte ainsi l’idée que ces viandes iraient aux bouchers traditionnels ou aux souks hebdomadaires. «Contrairement à ce que pensent certains, leur parcours commercial est défini avec précision: elles sont destinées exclusivement à couvrir les besoins des hôtels, des restaurants classés et des établissements dont l’activité repose sur des parties et des standards précis de viande congelée pour répondre aux exigences de leur clientèle, à l’écart du réseau de distribution traditionnel, qui reste lié à la viande fraîche».
Pour les bovins vivants destinés à l’abattage et à la consommation locale, les importations se poursuivent depuis les marchés habituels, notamment le Brésil et l’Uruguay, a-t-il ajouté.
Pas d’effet rapide sur les prix
Par ailleurs, les professionnels suivent de près la situation sanitaire de l’élevage en Espagne, a-t-il révélé, notant que des signes positifs laissent entrevoir un rétablissement complet de son secteur animal, qui surmonterait les séquelles des précédents virus. Selon Hicham El Jaouabri, la reprise des importations de bovins vivants depuis l’Espagne, attendue dans les prochains mois, ouvrirait de nouvelles perspectives pour sécuriser l’approvisionnement, grâce à la proximité géographique et à la rapidité des chaînes d’approvisionnement.
Il souligne toutefois que ces mesures, aussi importantes soient-elles pour renforcer l’offre et garantir la disponibilité des produits sur le marché, ne doivent pas nourrir l’espoir d’une baisse brutale et radicale des prix de détail pour le consommateur ordinaire. Les quantités importées restent soumises à la loi de l’offre et de la demande, ainsi qu’aux coûts du fret et de la production à l’international.
De ce fait, un retour des prix à leurs niveaux bas d’autrefois, autour de 70 ou 80 dirhams, est selon lui peu probable dans le contexte économique actuel et compte tenu de la structure des marchés national et international. Hicham El Jaouabri plaide pour une approche équilibrée pouvant garantir la pérennité de l’approvisionnement et protéger le pouvoir d’achat des citoyens.




