Dès le lendemain de l’Aïd al-Adha, les marchés ont enregistré une hausse vertigineuse du prix des viandes rouges. L’envolée, qui ne cesse de s’amplifier, entraîne le mécontentement des consommateurs et ravive encore le débat sur les causes de cette cherté chronique, de même que sur les leviers à même de réguler le marché, tout en préservant le pouvoir d’achat. «Dans plusieurs villes, dont Rabat, le prix de l’agneau atteint des sommets encore inégalés: 170 dirhams le kg dans certains points de vente, contre 150 dirhams chez les grossistes», relaie Al Akhbar de ce vendredi 19 juin.
Selon les professionnels, cette hausse est principalement à attribuer à «une contraction de l’offre, consécutive à la diminution du cheptel national, elle-même provoquée par des années de sécheresse récurrentes», indique le quotidien, ajoutant que de leur avis, «l’augmentation des coûts des aliments pour bétail et du transport, qui pèsent lourdement sur les charges de production, ainsi que la reconstitution du troupeau, après les sacrifices rituels accomplis lors de la fête, [qui] contribue à réduire temporairement la disponibilité en bêtes».
Al Akhbar affirme qu’«à l’inverse, les consommateurs dénoncent avec vigueur les pratiques spéculatives et la multiplication des intermédiaires tout au long de la chaîne de distribution», car de leur avis, relayés par le quotidien, «ces facteurs artificiels gonflent les prix finaux bien au-delà du coût réel supporté par les éleveurs, rendant les viandes rouges inaccessibles à une large frange de familles aux revenus modestes ou moyens».
Ce contexte de hausse des prix dans les boucheries remet «au premier plan des interrogations sur l’efficacité réelle des programmes gouvernementaux en faveur de l’élevage, et sur leur impact concret sur les prix de détail. Face à cette dégradation, des voix s’élèvent sur les réseaux sociaux pour appeler à un boycott temporaire des viandes rouges, envisagé comme un moyen de pression citoyen propre à contraindre les prix à la baisse», écrit Al Akhbar, qui fait aussi état de demandes d’acteurs de ces filières, désireux d’«un renforcement des contrôles sur les marchés, une lutte résolue contre les monopoles et les comportements spéculatifs, ainsi que l’activation de mécanismes rigoureux pour encadrer les circuits de distribution». Quant aux associations de défense des consommateurs que le quotidien a interrogées, leur communication consiste à avertir de «conséquences sociales de cette persistance haussière, grevant encore un peu plus le budget des ménages marocains, déjà éprouvés par l’augmentation du prix de nombreux autres produits alimentaires de première nécessité».




