Au lieu d’assumer le bilan gouvernemental et parlementaire, d’avoir le courage de présenter leurs comptes devant les électeurs, de reconnaître les dysfonctionnements et de rechercher les voies de la remédiation et du rattrapage, les dirigeants des partis ont choisi de se soustraire à leur responsabilité. Ils ont préféré brandir des slogans militants et exprimer leur mécontentement face à la hausse des prix, au chômage et à la corruption, après un long silence durant lequel ils se sont installés dans des fauteuils confortables, ont bénéficié des avantages et de l’ensemble de l’influence que confèrent ce poste.
La responsabilité électorale ne signifie pas se transformer en une opposition féroce à la seule approche de la date de la campagne électorale, en intensifiant les critiques et en adoptant les revendications des citoyens, rapporte l’éditorialiste d’Al Akhbar dans son édition du week end des 19 et 20 septembre. Comme si cette responsabilité avait été assumée par d’autres parties, et non par ces mêmes figures politiques qui n’ont pas eu l’audace de faire preuve de franchise devant les électeurs en exposant leur bilan et les contraintes qui ont entravé la réalisation de certains objectifs.
Car la reconnaissance de l’échec dans le traitement de certains dossiers sociaux, ou dans la gestion gouvernementale ou locale, relève de la transparence et de la franchise envers les électeurs, et ne saurait être considérée comme une faiblesse. Celui qui détient l’audace politique présente son bilan après un travail sérieux et continu. Il ne se dérobe pas aux résultats des élections, car ceux-ci sont l’expression du pouls de la rue et du niveau de satisfaction des citoyens à l’égard des services, des programmes et des politiques publiques.
L’électeur n’a pas tant besoin de nouveaux discours qui lui font oublier ce qui a été dit, réalisé et ce qui ne l’a pas été que d’un exposé clair de ce qui a été accompli et de ce qui n’a pas pu l’être. Il veut connaître les raisons de ce qui n’a pas été réalisé, savoir qui en porte la responsabilité et quelles solutions sont proposées pour l’avenir. Car la campagne électorale doit être un moment de présentation des comptes et de concurrence sur des programmes, et non une occasion de redistribuer les responsabilités et de renier le bilan de plusieurs années d’exercice politique, écrit l’éditorialiste d’Al Akhbar.
En définitive, la responsabilité électorale demeure liée à la sincérité envers le citoyen, avant même la recherche de sa voix. Celui qui assume une responsabilité doit en accepter les conséquences politiques. Celui qui a participé à la prise de décision au niveau local, régional ou national, qui a contribué à la législation, au vote des budgets et au contrôle du gouvernement, doit exposer son bilan. Il en va de même pour ceux qui ont choisi l’opposition: ils doivent expliquer ce qu’ils ont proposé et ce qu’ils ont accompli au sein des institutions pour servir l’intérêt général.




