Trafic de smartphones: des réseaux financés par des bureaux de change

Des informations récentes mettent en lumière le trafic clandestin de téléphones portables au Maroc.

Revue de presseAlimenté par des flux de devises étrangères, un vaste réseau de contrebande de téléphones portables sévit au Maroc, contournant les douanes pour inonder le marché d’appareils haut de gamme et de bas de gamme à des prix défiant toute concurrence. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 18/09/2026 à 20h57

Des informations récentes mettent en lumière le trafic clandestin de téléphones portables au Maroc, un commerce illégal et lucratif opéré par des réseaux spécialisés dans l’importation d’appareils en contournant les circuits légaux. Ces filières profitent des écarts de prix entre les marchés extérieurs et locaux pour introduire d’importants volumes de téléphones mobiles sur le territoire national sans s’acquitter des droits et taxes douaniers obligatoires, indique le quotidien Assabah dans son édition du week-end des 19 et 20 septembre.

L’enquête révèle également l’implication de cambistes dans ce circuit, qui fournissent les devises étrangères nécessaires pour financer l’achat de smartphones de haute valeur à l’étranger, notamment aux États-Unis et dans des pays du Golfe, avant leur acheminement vers le Maroc et leur distribution auprès de commerçants dans des marchés réputés.

Le mode opératoire consiste pour ces intermédiaires à régler la valeur des téléphones, comme les iPhones, en devises fortes à l’étranger, tandis que les contre-valeurs en dirhams sont versées au Maroc, assorties d’une commission attractive pour les investisseurs. Les appareils de grande valeur sont ensuite introduits clandestinement au Maroc et confiés à des intermédiaires et à des commerçants de gros, souligne Assabah.

En évitant le paiement des taxes douanières, ces réseaux dégagent des marges bénéficiaires considérables, ce qui leur permet de proposer ces appareils à des tarifs largement inférieurs à ceux pratiqués par les importateurs officiels et les commerçants respectueux de la légalité, tout en préservant d’importants bénéfices, en particulier lors de la sortie des marchandises des ports sans déclaration.

Parallèlement, ce trafic ne se limite pas aux équipements récents et haut de gamme, puisque d’autres circuits concernent l’importation de téléphones bon marché, notamment de marque Nokia, achetés en grandes quantités en Chine et dissimulés au milieu de conteneurs de marchandises ordinaires à destination des ports marocains. Pour y parvenir, les fraudeurs recourent à divers stratagèmes afin de masquer les appareils importés et de les faire sortir des enceintes portuaires sans déclaration, en veillant à ce que le prix unitaire déclaré en gros ne dépasse pas cent dix dirhams, alors même que les téléphones sont ensuite revendus au public pour plus de mille dirhams.

Cette activité illicite soulève de nombreux soupçons et dépasse la simple fraude douanière, dans la mesure où elle s’inscrit dans un système financier occulte combinant acquisition de devises à l’étranger, financement d’achats secrets, introduction illégale des appareils et écoulement sur le marché local à des tarifs qui pénalisent la concurrence loyale.

Par La Rédaction
Le 18/09/2026 à 20h57